‹ La vierge immaculée [microforme]Chapitre 16 sur 79 · IMMACULÉE CON CEPTION · texte numérisé non relu

IMMACULÉE CON CEPTION

« Si tous les descendänts d'Adam sont, dès leur origine, enfants de colère, s'ils naissent avec la tache du Péché originel, ce n'est pas précisément et uniquement

cendant de Jui hériterait de sa grâce, s'il demcurait fidèle, ou de sa disgrâce, s’il était infidèle.

« Lorsque Dieu Porta ce décret irrévocable, ou qu'il fit avec Adam ce Pacte, la prédestination de Marie était un fait accompli. Elle devait exister, être la Mère du Verbe incarné, être digne par conséquent de cette divine Maternité, Dieu pouvait-il la comprendre dans le décret qu'il portait ? La fidélité ou l'infidélité d'Adam Pouvait-elle réagir sur cette créature à part, devant laquelle les autres disparaissaient comme les

“toiles au lever du soleil ? Non assurément ; et s'il était à propos qu'elle naquit de la race d'Adam, pour contribuer au salut de cette descendance déchue, il était nécessaire qu'elle ne fût pas comprise dans la loi générale. « Vous ne mourrez pas, car cette loi n'a pas été faite pour vous mais pour tous les autres, » disait le puissant Roi Assuérus à Esther, figure gracieuse et touchante de l'auguste Marie. La Père éternel en dit autant à la Mère de son Fils, lorsqu'il Promulgue la loi de mort contre tous les enfants d'Adam. Vous ne mourrez pas comme les autres de la mort de l'âme, vous n’encourrez pas ma disgrâce, vous ne serez pas éloignée de mon cœur paternel. Cette loi est faite pour les autres; elle ne vous atteint pas.

« D'où vient done à Marie ce privilège extraordinaire ? Sans doute, il était nér-ssaire à sa dignité de Mère de Dieu. Mais elle sera fille d'Adam et, comme telle, la justice divine semblerait exiger qu'elle fût enveloppée dans la chute commune. Comment Dieu fera-t-il accorder les droits de sa justice avec sa bonté infinie et les égards dus à la “ainteté de son Fils adorable ?

« La justice de Dieu ne perdra aucun de ses droits et la Mère de Jésus sera toujours digne du Fils qu’elle doit mettre au monde, toujours pure et immacu- Jée. La chute d'Adam, la perte de l'humanité, loin de

l'entraîner dans l'abime, ne servira qu'à relever davantége sa grandeur, à augmentcr son amour et sa reconnaissance pour Dieu, à faire ressortir l'amour infini de Dieu pour elle,

« Elie doit tout au Père éternel qui l’a prédestinée pour être sa Mère sur la terre, Elle devra tout au Fils qui l’a choisie pour Mère et qui, la voyant menacée d'être comprise dans le naufrage de la race d'Adam, avec tous les hommes, s'empresse d'offrir à la Justice de Dieu, toutes ses souffrances futures et tout son sang pour elle. I] la rachète dès le premier moment, non pas d'une, chute accomplie, mais pour que cette chute ne s'accomplisse pas. Il ne la purifie pas du péché, mais la protège pour que le péché n’approche d'elle en aucune manière et qu'il puisse toujours dire : « Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, ct il n'y a pas de tache en vous, »

« C'est en effet une vérité admise par tous les Théologiens que la bienheureuse Vierge Marie doit ses grandeurs et sa sainteté incomparable aux mérites de son divin Fils. Personne autant qu'elle n'a recueilli de fruits de la vie et de la Passion du Sauveur, Ne le proclame-t-ell pas elle-même dans son admirable cantique, lorsqu'elle s’écrie : « Et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur. »

« Marie a donc été rachetée par le Fils de Dieu fait homme, comme l'ont été tous les hommes, mais avant

eux et plus parfaitement qu'eux. Toutes les grâces qu'elle a reçues lui ont été données à cause de lui et méritées par lui. Prédestinée pour être la mère du Sauveur des hommes et leur médiatrice auprès de Dieu, ce fut en vue de cette double fin qu'elle reçut l'existence, qu'elle fat préservée de la tache originelle et enrichie des dons les plus précieux. Toutes les grâces que reçut Marie furent des grâces ayant directement pour objet la Rédemption, la réconciliation, l'expiation, le pardon des péchés, non pas des siens puisqu'elle fut toujours absolument pure, mais de ceux du genre humain tout entier, Aussi lorsque Dieu x résolu, dans sa pensée, de sacrifier son divin Fils pour le salut du monde, c'est. Marie qui s'offre tout d’abord à ses Yeux, non pas seulement pour protiter du sang qui sera versé sur la Croix, mais Pour préparer le sacrifice, pour donner au Verbe de Dieu la possibilité d'accomplir l'œuvre du salut, pour mériter avec lui, et augmenter ainsi la somme des secours efficaces que Dieu accordcra aux Pauvres pécheurs qui voudront vortir de l'abîime. Ses mérites, il est vrai, ne seront point absolus comme ceux de Jésus-Christ ; mais si Dieu n’est pas tenu, en justice, d'avoir compassion des coupables, À cause d'eux il sera convenable néanmoins qu'il y ait égard et, par conséquent, il le fera.

« Reinerciez done votre divin Fils, 6 Marie ! C'est à lui que vous devez toutes vos grandeurs. Le Père

n vous son Epouse : à ce titre il vous communique tous ses trésors : ils sont à vous en même temps qu'à lui. Mais les liens qui vous unissent au Verbe divin sont plus étroits encore : il est votre Créateur et votre Fils. Vous lui devez la vie, et il vous doit le sang qui coule dans ses veines. Venant de ses mains, tous les dons que le Père et le Saint-Esprit vous préparent seront plus chers à votre cœur maternel. C'est par lui que tout vous sera donné. Et pour ajouter un prix nouveau à tant de biens, il les méritera Pour vous au prix de ses souffrances, au prix du seng qu'il vous à emprunté (1). »

L'imacuzée Concerto. — « La postérité d'Adam se propagea rapidement sur la terre; et, par suite, les justes et les. pécheurs se multiplièrent ; et les premiers redoublèrent leurs supplications pour demander le Rédempteur, pendant que les seconds 8e rendaient indignes d’un si grand bienfait par leurs crimes. Le peuple du Très-Haut et le triomphe du Verbe, qui devait se faire homme, étaient déjà arrivés au terme que la

() L'abbé Jourdain — Ibidem.

volonté divine avait marqné pour la venue du Messie. En effet, le règne du péché avait tellement étendu ses ravages parmi les enfants de perdition, qu'il n'avait quasi plus de limites: le temps convenable au remède était donc arrivé. Les justes, en augmentant leurs mérites, avaient embelli leurs couronnes ; les Prophètes et les saints Pères Pressentaient, par une joie extraordinaire qui leur venait d'en haut, que le salut et la présence de leur Réparateur étaient proches. Redoublant la ferveur de leurs priè :8, ils demandaient, à Dieu l'accomplissement des prophéties et des promesses qu'il avait faites à son peuple ; et prosternés devant le trône de la divine miséricorde, ils lui représentaient dans quelle longue et ténébreuse nuit du péché ce peuple avait vécu depuis la création du monde, et dans quelle aveugle idolâtrie tout le reste du genre humain était plongé.

«Dans un pareil état de choses, le Très-Haut, pour employer notre langage, tourna sa vue vers l’attribut de sa miséricorde, et fit pencher le poids de son incompréhensible équité du côté de la loi de elémence, voulant se laisser apaiser par sa bonté même, par les gémissements et par les œuvres des justes et des prophètes de son peuple, et non irriter par la malice et par les iniquités de tous les autres pécheurs. Il détermina donc de. donner au monde, dans cette nuit si obseure de la Loi Ancienne, des gages assurés du

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