LES TROIS LIS
Le bienheureux Egide d'Assise était le troisième Compagnon de saint François: c'était un homme simple. «Il n'avait point étudié les lettres, mais son union avec Dieu, ses longues craisons, ses extases en avaient fait un maître d'autant plus hubile que l'Esprit-Saint était son guide et sa lumière; au besoin, les miracles suppléaient au raisonnement.
« Uu jour, un savant docteur de l'Ordre des Frères Prêcheurs, tourmenté par un doute sur la virginité de la Mère de Dieu, vint visiter le saint frère Egide, espérant trouver auprès de Jui la lumière et un remède à la tentation qui l’affigeait,
«L'homme de Dieu, divinement averti du motif de sa visite, alla à sa rencontre, l'accueillit avec ten-
dresse, et sans Jui laisser le temps de s'expliquer,
il lui dit, en frappant la terre de son bâton: rO mon Frère, Elle cst Vierge (pure, immaculée) avant la naissance de Jésus.» Et un beau Lis sortit de terre au même moment.
« Frappant de nouveau la terre, il reprit: « Elle est Vierge, dans la naissance de Jésus.» Un second Lis s'eleva de terre.
« Enfin, frappant la terre une troisième fois, il s'écria: «Elle est Vierge après la naissance de Jésus. » Et un troisième lis d’une blancheur éblouissante, comme les deux premiers, se dressa devant eux.
« La tentation disparut pour jamais, et le théologien s'en retourna, bénissant Dieu d'avoir bien voulu venir, d’une façon si miraculeuse, en aide à son infirmité (1).
«On montre encore aujourd'hui au pieux pèlerin qui visite la Province Séraphique, le lieu où s'est accom-
pli ce gracieux prodige. »