LES PISCINES
médications impuissantes, le docteur songea aux eaux de Cauterets En 1857, dans le courant du mois d'octcbre, époque de l'année où, lee riches baigneurs étant partis, les indigents se rendent à ces thermes célèbres, le jeune Busquet y prit une quinzaine de bains. Ils furent plus nuisibles qu'utiles, et avivèrent ses plaies. La maladie s'aggravait, malgré des soulagements momentanés. Le malheureux enfant avait aux régions que nous venons d'indiquer un ulcère étendu, béant, fournissant une suppuration abondante, couvrant le haut de la poitrine, tout un côté du cou, et menaçant le visage. En outre, deux nouveaux engorgements glandulaires très prononcés s'étaient déclarés à côté de cet affreux ulcère.
Tel était l'état de ce pauvre enfant, lorsque, entendant parler des effets merveilleux de l'eau de la grotte, il pensa à y avoir recours. Il voulait partir et faire à pied son pèlerinage aux Roches Massatelle ; mais il présumait trop de ses forces, et ses parents refusèrent de l'y conduire.
Henri, qui était très pieux, était poursuivi par l’idée que la Vierge apparue à Bernadette le guérirait. Il demanda à une voisine qui allait à Lourdes de puiser pour lui un peu d'eau à la Source. Elle lui en apporta une bouteille duns la soirée du mercredi 28 avril, fête du patronage de saint Joseph.
Vers les huit heures du soir, au moment de se cou-
cher, l'enfant s'agenouille et adresse sa prière à la très sainte Vierge.
Sa famille priait avec lui: son père, sa mère, plusieurs frères et sœurs. C'étaient de très braves gens, simples et croyants: l’une des tilles est aujourd'hui religieuse chez les Sœurs de Saint André.
Henri se met au lit Le docteur Subervielle lui avait souvent recommandé de ne jamais se servir d’eau froide, sous peine d'une complication fâcheuse de son mal; me‘1 en ce moment, Henri pensait à toute autre chose j1'aux prescriptions de la médecine. Il enlève les bandages et l: charpie qui couvrent son ulcère, ses tumeurs, et, à l'aide d’un linge qu'il imbibe dans l'eau de la Grotte, il baigne et lave ses plaies avec l'onde miraculeuse. La foi ne lui manquait point. «Il est impossible, pensait-il, que la Sainte Vierge ne me guérisse pas.» Il s'endort sur cette espérance. Un sommeil profond s'empare de lui.
Au réveil son espérance était une réalité ; toutes ses douleurs avaient cessé, toutes ses plaies étaient fermées ; les glandes avaient disparu ; l'ulcère n'était plu qu'une cicatrice solide, aussi solide que si la main du temps l'avait fermée lentement. La guérison avait été complète, soudaine et sans convalescence.
Henri Busquet est aujourd'hui un homme de vingt-
tinq ans (1), plein de vie et de force. Il exerce com-
(1) Cvci a été écrit, comme on le voit, dix ans plus tud,