‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 26 sur 87 · LE PLAN DIVIN, — SES TROIS FINS · texte numérisé non relu

LE PLAN DIVIN, — SES TROIS FINS

II serait téméraire au navigateur de quitter le rivage, et de s'aventurer, sur le mouvant abîme, à la reconnaissance d'un monde lointain, sans instruments nauti([ues pour s'y diriger. Mais, à l'aide de ces instruments, il peut tenter raisonnablement l'entreprise, et la fidèle rencontre des continents avec les indications qu'il retire de ce secours vient justifier heureusement sa hardiesse.

Ainsi ne devons-nous pas aller à la reconnaissance du Plan divin, sans prendre avec nous le compas de la révélation, si je puis ainsi dire, et la carte de la parole de Dieu, substance de ce que nous devons espérer, argument de ce qui ne paraît pas encore^, et l'accord de notre découverte avec ces célestes moyens de direction, sera sa justification et notre récompense.

Ces précautions prises, nous entendons par plan divin un dessein primordial d'après lequel toutes choses ont été créées en vue d'une fin.

Qu'il y ait un tel plan, c'est ce qu'on ne peut nier sans folie; car ce serait prétendre que la création, dans son

» Ad Hebr., ch. ii, v. i.

tout, est dépourvue originairement et finalement de cet ordre merveilleux dont elle n'est qu'un composé, et que, concert sublime de rapports et de causes finales, elle serait elle-même sans rapport à aucune cause, à aucune fin.

Laissons les esprits malades, s'il en est à ce point, hésiter devant une telle vérité, et à la vue de cette conspiration universelle des êtres à nous attester l'existence, sinon encore la connaissance du plan divin, appliquons ici ce mot connu, et qui n'aura jamais été plus juste : Je Vignore, mais je V affirme.

Quel est ce plan ? C'est ici que la raison et la foi doivent marcher de conserve.

L'une et l'autre nous disent, ou plutôt nous redisent, ce que proclame la nature entière par chacune des innombrables voix de tous les êtres qui existent dans son sein, comme par leur concert unanime, que le monde est l'ouvrage d'un Être infiniment puissant, infiniment sage, infiniment bon.

La supériorité de cet ouvrier sur la forme de son ouvrage atteste qu'il n'a pas été moins maître du fond ; que celui-ci lui appartenait; que par conséquent, no pouvant le tenir d'aucun autre, il l'a créé. Mystère que la foi nous enseigne ; dont la raison ne saisit pas l'opération, mais dont elle saisit la nécessité ; et sans lequel elle se perd dans la monstrueuse confusion de Dieu et du monde.

« Au commencement, donc, Dieu a crée lo ciel et la « terre'. » Première reconnaissance, })remière vue du Plan divin.

Puissance, Sagesse, Amour, tels sont, avons-nous dit, les trois grands aspects sous lesquels la nature nous

' Oeil., ch. I, V. 1.

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