‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 29 sur 87 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Dieu tire de la création une première gloire immédiate, celle que l'ouvrage rend à l'ouvrier, en exprimant, par son excellence et par sa beauté, les qualités qui font l'objet de sa complaisance. C'est cette gloire que les cioux rendent à leur Auteur, cœli enarrant gloriam Dei : c'est cette gloire que Dieu se rendait à lui-même, quand, au sortir du chaos, chaque partie de la création comparaissait devant lui, et qu'il la trouvait bien, vidit Deus quod esset bonum ; et quand, la création terminée, il s'applaudit aussi, par un dernier et général applaudissement, do son ouvrage : Vidit Deus cuncta quœ fecerat; et erant valde hona '.

Dieu tire une seconde gloire de la création : c'est celle que lui rendent les êtres intelligents, admirateurs de son œuvre. Combien cette gloire n'est-elle pas supérieure à la première! A vrai dire, ce n'est que par elle que celle-ci a de la valeur. Seul spectateur du monde visible dont il résume dans son organisation et dont il embrasse par sa pensée toutes les merveilles, l'homme est le seul qui applaudisse ce grand spectacle et qui en rende gloire à son Auteur. La création raconte bien cette gloire, mais son témoignage est comme un servile écho de la voix de Dieu. Elle n'a pas conscience de sa beauté, du bienfait de son existence ; elle n'entend pas

/ Gen., chap. i, v. 3i.

ce qu'elle dit, elle ne sent pas ce qu'elle doit : ce n'est que dans riiorame qu'elle trouve une pensée qui admire et un cœur qui reconnaisse ce grand bienfait. C'est un orgue immense qui ne fait qu'accompagner la voix du Pontife, seul interprète intelligent et libre qui puisse donner un sens de louange et d'adoration à l'harmonie de l'Univers.

Mais si l'homme , si toute la nature visible dans l'homme, a un cœur pour aimer et pour louer Dieu, qui donnera à ce cœur d'aimer Dieu dignement, de l'honorer pleinement? Quelle proportion peut-il y avoir entre la valeur de nos adorations et cette Majesté infinie ? Voici, dit le Prophète, que toutes les nations sont devant lui comme une goutte, quasi stilla, du grand vase de la toute - puissance divine d'où peuvent sortir des mondes à l'infini; ce qu'est ce grain de poussière légère qui s'attache à une balance sans la faire osciller. Qui voudra balancer la grandeur de Dieu, y mettant le monde pour contre-poids, n'y met autre chose que cet atome de poussière, tenuissimus pubis qui adhœret staterœ K Ces fortes images se réduisent à ime simple vérité, c'est qu'il n'y a pas de proportion entre le fini et l'infini ; c'est que l'Univers, si grand, si parfait qu'il puisse être, étant fini, ne correspond pas à l'action d'un ôtre infini, ne revient pas à sa liauteur, à son niveau, pour ainsi parler, et ne saurait par conséquent l'honorer dans toute sa plénitude. Je vois bien l'Univers tiré du néant et lancé par la parole de Dieu dans l'espace, mais je l'y vois aussi comino perdu pour son Auteur, faute, pour revenir à lui, d'un ressort d'action égal à l'action créatrice : somhl.iblo h. colle l)alle h lariuelle Isaie compare la nation infidèle, qui, lancée dans une

■ l8., zt., 15.

aire immense et spacieuse, s'y perd sans gloire, et ne revient pas honorer la main de son Seigneur '.

Pour que la création atteigne pleinement sa première fin, la gloire de Dieu, il faut donc un moyen de retour et de réascension qui lui fasse franchir la distance infinie qui l'en sépare.

Quel peut être ce moyen ?

« Qui est encore si rampant dans la poussière théologique, quis in theologico pulvere tam rudis est, dit le savant et éloquent Thomassin, qu'il ne sache que pour que chaque nature atteigne son bien, il faut qu'elle reflue à la source d'où elle a afflué, et qu'elle y reflue par la môme voie par laquelle elle en a afflué ? Comme donc toutes les natures intellectuelles ont pris leur cours de Dieu le Père par le Verbe, de même c'est par le même Verbe qu'elles doivent remonter au môme Dieu. Il faut que la voie par laquelle elles sont nées de leur principe devienne la voie par laquelle elles y retournent ; que le médiateur par lequel le Père a fait courir la vie jusqu'à elles soit aussi le médiateur par lequel elles recourent dans son sein ; et que le plénipotentiaire de ses grâces le soit de leurs adorations. Donc, que vous l'appeHez Pontife, ou, si vous l'aimez mieux, Médiateur, il n'en est |)as d'autre pour les natures raisonnables, soit debout, soit tombées ; soit intègres, soit à réintégrer ; soit à guérir, soit à maintenir dans la félicité ; il n'en est pas d'autre, dis-je, qui puisse remphr cet office auprès du Père, que le Verbe *. »

' Qua$i pilam mittet te in terrain latam et spatiosam ; ibi morieris, et ibi erit currut gloria tuœ, ignominia dmnus Domini tui. (Isaïe, chap. XXII, 18.)

' Thomassin, de Incarn, Verbi, lib. II, cap. ii, n. 7. — C.

Ces paroles du savant théologien ne sont que la paraphrase de celles du Médiateur en personne, disant : Je suis la Voie ; personne ne vient au Père que par moi.

Et cette voie unique et universelle de retour des créatures à Dieu, qui s'annonçait ainsi elle-même, est le Verbe incarné, Jésus-Christ, Pontife de la création : Jésus-Christ, qui porte un double nom, dit saint Cyrille de Jérusalem, comme il remplit un double office : Jésus eomrae Sauveur, Christ comme Pontife ^

Cette qualité de Pontife ou Médiateur de religion est distincte, quoique inséparable, en Jésus-Christ, de celle de Sauveur, ou Médiateur de rédemption^ en ce sens qu'elle a une portée plus universelle, et que, par elle, la Rédemption rejaillit, au delà des natures déchues, gur la création tout entière, môme angélique, môme dans l'intégrité de son premier état, et la rachète, sinon du péché , du moins de l'imperfection naturelle de toute créature par rapport à Dieu : Instaurare omnia in Christo quœ in cœlis et quœ in terra sunt in ipso '.

Ce caractère univei'sel de Médiateur-Pontife ne repose pas moins que celui de Sauveur sur l'humanité du Verbe. C'est la réflexion do saint Augustin : « Soit, « dit-il, que saint Mathieu entende le considérer comme u Roi, soit saint Luc, comme Pontife, l'un et l'autre n font surtout i)orler leur inlonlion sur riiuiuamté du « Christ. C'est selon qu'il est hounne, on otîet, que le tt Christ a été fait roi q\ Pontife*. »

• Jésus ChrUtus autcm vocatur diiplici nornino; Josus propter «alvationem, Chrislus propter sacerdotium quo fmi^ilur. Qateeh. 10.

• Ad Ep}iC8., rhii|). i, 10.

• Ciiin ergo M.itlhaïus cirra Ropis, liUcas circa Sarfrdotis pcrsonam pcrorol inlotitioiu'in, tilritim^ liuniaiiitatcm Chrisli inaxiino cotnnifiildnnint. .Sfcnmluiii liomiiii'iii (|iii|i|io (^liristiis et llt'x »'t Sacerdos oiïcctus est. De Con»em. Evamj., lib. I, cap. xiii.

Il ne peut en être autrement. L'office de Pontife implique l'infériorité de celui qui le remplit, c'est-à-dire qui adore, par rapport à la Divinité, qui reçoit l'adoration. Il n'implique pas moins sa similitude avec le peuple adorateur dont il est le représentant. Par ce double motif, le pontificat universel du Christ demandait son Incarnation.

« C'est pourquoi le fils de Dieu entrant dans le monde « dit : — « Vous n'avez point voulu d'hostie ni d'obla- « tion, mais vous m'avez adapté un corps ; alors j'ai dit : « Me voici, je viens m'offrir, ô Dieu, pour faire votre « volonté *. »

Voilà le trait d'union qui relie la première fin de la création avec son principe, en tirant de la créature une gloire rigoureusement digne du Créateur, puisqu'elle lui est rendue par son Egal.

A l'appui de cette doctrine, trop peu mise en lumière, Bourdaloue vient nous prêter l'austère solidité de sa parole.

« Toutes les créatures, prises mémo ensemble, dit-il, « n'ayant nulle proportion avec l'Être de Dieu, et, « comme parle Isaïo, toutes les nations n'étant devant « Dieu qu'un atome et qu'un néant , quelque effort « qu'elles fissent pour témoigner à Dieu leur dépen- « dance, Dieu no pouvait être pleinement honoré par « elles ; et dans le culte qu'il en recevait, il restait tou- « jours un vide infini, que tous les sacrifices du monde « n'étaient pas capables de remplir. Il fallait un sujet « aussi grand que Dieu, et qui, par le plus étonnant de (( tous les miracles, possédant d'im côté la souveraineté

fc♦ Ideo, ingrediens mundum dicit : Hostiam et oblationem noluisti, rpus autem aptasti mihi ; tune dixi : Ecce venio, ut faciam, Deus, voluntaleni tuani. Ad Hebrœos, cap. x, v. 5, 7.

68 LIATIE I, CHAPITRE II.

« de l'être, et de l'autre, se mettant en état d'être im- « mole, pût dire, mais dans la rigueur, qu'il offrait à « Dieu un sacrifice aussi excellent que Dieu môme, et « qu'il soumettait dans sa personne, non point de viles « créatures, non point des esclaves, mais le Créateur et (( le Seigneur même. Or, c'est ce que fait aujourd'hui le « Fils de Dieu, Tune dixi : Ecce venio, et par son unique « oblation, il donne à jamais, à ceux qui doivent être « sanctifiés, une idée parfaite du vrai culte qui est dû « au Dieu vivant * . »

Tout ceci est divinement logique. L'honneur tire son prix et son excellence, non de celui qui est honoré, mais de celui qui honore. Tout l'honneur qu'un pâtre s'efiforce de rendre à un roi est peu de chose, et le moindre honneur qu'un roi rendrait à un pâtre serait considérable. Plus celui qui doit être honoré est grand, plus doit être grand celui qui honore, et il n'y a que son pair qui puisse l'honorer parfaitement. Il faut être Dieu pour [.honorer rigoureusement Dieu. Mais en môme temps il faut que le Dieu qui honore se fasse inférieur pour rendre cet hommage; et, sll veut en communiquer la valeur à une nature réellement inférieure, à l'homme, h la création, il faut qu'il revête cette nature, qu'il s'incarne en elle, pour on diviniser en soi les adorations.

Ainsi le Verbe do Dieu, en revotant la nature humaine, et dans la nature humaine la création tout entière, en a divinisé l'hommage, et. en s'iiiclinant devant son Pore, a incliné le monde d'une inchnaisun infiniment glorieuse pour son Auteur.

11 aurait pu ne prendre que la nature angélique; mais

' Deuxième sernioo nur la Puriflcalion de la Vierge.

alors Dieu n'aurait tiré pleinement sa gloire que de cette nature céleste. Il aurait pu ne prendre que l'âme humaine; mais alors Dieu n'aurait tiré sa gloire que de la nature spirituelle. Il aurait pu, enfin, ne prendre le corps humain qu'accessoirement; mais alors Dieu n'aurait pas tiré sa gloire de la nature corporelle au môme titre que de toutes les autres. Mais se faisant chair^ comme l'a dit saint Jean avec une crudité d'expression admirable, il a ramassé en lui la création tout entière, la prenant ainsi par son fond, pour la consacrer dans son tout, et la rendre absolument digne de la gloire de son Auteur.

La nature humaine participant du monde sensible dont elle réunit tous les éléments dans son corps, et du monde spirituel dont elle représente toutes les facultés dans son âme, en adorant Dieu sous cette nature, le Verbe rendait à son Père un hommage universel; et comme il reste éternellement dans cet état, éternellement le monde adore en lui son Créateur. « Par sa pro- « pre vertu, il a revêtu le monde, dit éloquemment « saint Ambroise, et, comme sous ce vêtement univer- « sel, il resplendit dans tous les êtres : » Virtute sua induit mundum, et, tanquam eo amictus, fulgetin omnibus* .

Un caractère unique de cette adoration en fera sentir plus hautement encore la valeur : c'est son indépendance.

Le Verbe fils de Dieu, Dieu lui-même, est égal à son Père en cette nature de Dieu. Bien qu'engendré de lui de toute éternité, et si profonde que soit la communauté d'essence qui les unit, cependant il n'en est pas moins distinct en tant que personne; il s'appartient à luimôme en cette qualité, et par conséquent lui appartien-

' De fugà sœcul.

nent aussi toutes ses actions personnelles. L'action de son incarnation, bien que de concert avec les trois personnes divines, comme toutes les opérations de Dieu, est de sa part une action propre, volontaire, libre. C'est ce qui est exprimé souvent dans les livres saints : Tune dixi : Ecce venio... Oblatus est quia ipse volait.. . Exinanivit semetipsum, etc., etc. Et ce que nous disons de l'incarnation du Verbe, il faut le dire do chacun des actes qu'il fait en cet état, soit parce que l'auteur de la cause est l'auteur des effets, soit parce que chacun de ces effets étant opéré parla personne divine du Verbe, en reçoit une valeur d'indépendance égale à celle de l'incarnation.

L'incarnation du Verbe, et chacune des actions qu'il fait en cet état sont donc non-seulement d'un prix infini comme divines, mais, en les offrant pouf nous à son Père, il l'honore en rigueur de justice par des actions qui lui sont tellement propres, qu'en cette qualité on peut dire qu'elles ne sont point dues au Père, et par conséquent, chose prodigieuse ! Dieu tire de l'incarnation du Verbe, non-seulement toute la gloire qui lui était due par la création, mais une gloire qui en dépasse toutes les puissances, une gloire inconnue au Ciel môme, qui avait bien des esprits adorants et un Dieu adoré, mais qui n'avait pas encore un Dieu adorant.

Et ce Dieu communiquant , par le céleste levain de sa grâce, sa nature divine h. ceux dont il a pris la nature créée, se reproduit dans ses disciples, se multijtlio dans les chrétiens, et en fait comme autant de ciirists, autant do dieux adorant Dieu d'une adoration qui tient do la sienne, puisque c'est en elle et i)ar elle qu'elle parvient, et (luo « si grand est le « Pontife que nous avons, qu'il est assis h la th'oite

a du trône de la souveraine Majesté au liaul dos cieux*. » Et voilà la créature, si perdue daiis le fini, si incapable par elle-même de remonter à son principe et d'atteindre sa fin, qui, dans le Christ et par le Christ, se relève, remonte du fond de son néant jusqu'au Très-Haut, et non-seulement l'exalte, mais le superexalte, non-seulement glorifie sa Majesté, mais l'agrandit en quelque sorte dans son ouvrage.

Aussi, quand ce divin Pontife de la création, Homme- Dieu existant avant tous les siècles dans les desseins du Créateur, parut dans la plénitude des temps; quand il naquit à Bethléem; à ce moment unique, la solution du problème de la création fut proclamée par les Anges : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et Paix su7' la ter^re aux hommes de bonne volonté! Gloire à Dieu! cette gloire que Dieu s'était proposée en créant le monde. Paix au monde ! cette paix que le monde ne peut trouver pleinement que dans sa lin. Je dis au monde, parce que si la paix ne parut et ne fut annoncée alors qu'aïuv hommes, si elle ne fut consonnuée que par l'oblation du Calvaire, elle remontait dans ses eiiets jusqu'à l'origine du monde : Agnus occisiis est ab origine mundi'^, comme elle s'étendait dans sa portée à toutes les natures créées,célestes et terrestres; Pacificans per sanguinem ejus sive quœ in terris sive quœ in cœlis sunt et reconcilians omnia in ipsum^. Toutes choses, Omnia, ont été pacifiées, libérées par le Christ, les unes du i>éché, les autres de l'incapacité naturelle à la créature, si parfaite qu'elle soit, davoir avec Dieu quelque proportion, et de pouvoir l'honorer divinement.

' Talein liabeuuis Ponlificeiu qui cousedit in dextera sedis luagui- I tudiuis in extelsis. — Ad llebr., via, 1. - Apocal., xiij, 8.

^ Ad Coloss., cliap i, io.

72 LR'RE I, CHAPITRE H.

C'est ce que l'Église catholique résume et professe dans ce chant vraiment subhme du saint sacrifice de la messe, qu'on appelle la Préface, et qu'on pourrait appe* 1er le chant de la Création, où le prêtre, sur le point d'offrir à Dieu le saint sacrifice, hausse la voix pour élever nos esprits vers le ciel, sursum corda ! et, après que nous lui avons répondu que nos cœurs sont à l'unisson, habemus ad Dominum! et que, comme lui, nous sommes prêts à louer Dieu, dignum et justum est! reprend et entonne ce chant de louange au Dieu toutpuissant et éternel, par le Christ notre Seigneur, par lequel, dit-il, per quem, les Anges louent sa majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances tremblent, les Cieux des cieux, avec leurs Vertus et leurs Séraphins, tressaillent d'une même acclamation;, et nous avec eux, ne faisant sous le même Chef qu'un môme chœur de louanges, cum quibus et nostras voces ut admitti jubeas deprecamur, nous disons à Dieu : Sanctus , Sanctus, Sarœtuê, pleni sunt cœli et tei^ra gloria tua. Les cieux et la terre sont pleins, débordent de la gloire que Dieu avait en vue quand il les a créés, et qu'ils ne peuvent lui rendre que par le seul Pontife du Très-Haut, le Christ <.

' Un huinl)le religieux ciomiiiirain, Henri Snzo, chantant un jour la Préface, tîprouva le sentiment que nous venons d'indiquer, jusqu'à paraître ravi en extase aux yeux des fidèles. Ceux-ci lui ayant ensuite demandé la cause de son état, il leur en donna cette PXjdication naïve et sublime : « Je contemplais en esprit tout mon « être, mon Ame, mon corps, mes forces et mes puissances, et au- « tour de moi toutes les créatures dont le Tout-Puissant a peuplé « le ciel, la terre et les éléments, les anges du ciel, les bétes des « forêts, les habitants des eaux, les plantes de la terre, le sable de « la rner, les atomes qui volent dans l'air aux rayons du soleil, les « flocons de neige, les gouttes de la pluie et les i)erles de la rosée. m Je pensais que jusqu'aux extrémités les plus reculées du monde,

par leu,. divin S>^X i^^^Zs^fr^" lieuvem avoi.' auprès do Ini nn • '™' '''' "«

" nicaltés à marquer Ja mesure j'i X ' ^' ^'''^''"^' '^"^^^ "^«' " vements les p)us vils de rno cœu ! '.' ' "'■'"' ^'' ''' '"''"- « à chante,, joyeusement averC ^t "'"''^^^ '^ '"^" ^'"^'

« ""n'aies avons vers le Sei-nenr-vlV ' ^'^''^' ''«« cœurs!

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n beau élever son coeur et nr^v^f f '■"■''"'""• ''"■"' l'homme Lient la nature, ilTuï la",' Zr^f ' '™'' "^^ «"«^ O"' ^e- P«- « faire écouter de Die prrnj:;";^:: "' " '''«'"'■ ...f,;.»mducœurdeJésus-Chrk, , ! l<"f''V«on et coi.„>,c le

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univers que jiovis admirons, Pevit-:être que les philosophes portent ce jugeraent-là. Mais ils ne le prononcent point. Us démentent, au contraire, ce jugement spéculatif par leurs actions. Ils osent s'approcher de Dieu, comme s'ils ne savaient plus que la distance de lui à nous est inlinio. Ils s'imaginent que Dieu se complaît dans le culte profane qu'ils lui rendent. lia ont l'insolence ou, si vous voulez, la présomption de l'adorer. Qu'ils se taisent; leur silence respectueux prononcera mieux que leurs paroles le jugement spéculatif qu'ils forment de ce qu'ils sont par rapport à Dieu. Il n'y a que les chrétiens à qui il soit permis d'ouvrir la bouciie et de louer divinement le Seigneur. Il n'y a qu'eux qui aient accès auprès de sa souveraine majesté. C'est qu'ils so comptent véritablement pour rien, eux et tovtt le reste de l'univers, par rapport à Dieu, lorsqu'ils protestent que ce n'est que par Jésus-Christ qu'ils prétendent avoir avec lui quelque rapport. Cet anéantissement où leur foi les réduitleur donne devant Dieu une véritable réahté. Ce jugement qu'ils prononcent, d'accord avec Dieu même, donne à tout leur culte un prix inlhii. Tout est profane par rapporta Dieu, et doit être consacré par la divinité du K I^'ils, pour ô^re digue ie la sainteté du Père, pour mériter sa couqilaisance et sa bienveillance. Voilà le fondement inebi'anlal)le de notre sainte Religion'.

' Quatorzième entretien sur la mélaphysiiiuc.

Nous n'ignorons pas (jne MaleltrHuctie a étt5 trop loin sur ce sujet, en y appoitunt cette rigueur géoniétriinie qu'il tenait de son maître Descartes, et à latiucllo l'un et l'autre sacriHaicnl trop les vérités géntirales qu'il l'aul toujours n-server. Il i'ul combattu par Fénolon, jruno alors, et écrivant sous l'inspiration do Bossuet, dont le bon •en» prenait aisément ombrage de tout ce qui sortait du grand chemin de» vérités reçue». Mais Kénclon lui-uu^mc apportant dan»

LE PLAN DIVIN. PREMIÈRE FIN 7g

sermons- ' '^""'"'''' ""''' <""""" de ses

" nous faire 00,3,/ ' ^„ ^Z" T,"" ^'

*ovU pas claires. Bossuet enfin .I.n ^'^*''^'"'' '''^ '^OH*??««Hce.« n« fensc de Malebrancl^r n' ntrpr^n "fl' m "'''' ^'-""^ '^ ''' Ja dégageant des prise trop éSo^ et pt^ p '"' '^ ^'"^^^ «* note, il nous donne la vraie me^nr, ' "' ^^' '""^ ^^«-"ière

à Malebranche. To uîe Te re^r de p ?. ^"' ."""' P""^«"^ P''«"d'-e culier ,ui nous occu"^: cr^ 0^^-^".;;^ 'T ''''" cessué première, q„i aurait lié Dieu M-mént le n ••■ ' ""' "^a pas de rapport entre le fini et 1 n h i p , 'l ^ "''' ''"''' ""^ ^ans l'incarnation du Verbe aurai i . 1 ' ''"' ''"' '" "'^"''^.

teur. et qu'ainsi llncar mui^n éta t ^^'"^T'''' '"'"^^"^ "" ^«5^- Dieu lui-même. H y I aU là .ne ?Z'"'''''' '" ^'"^'^"« «««"'^ ^ faire un acte de néce.s té Uur nt i" ""''"' ^ '" P''^'"^^'"^. de

76 LnRE I, CHAPITRE II.

« tion, l'homme doit être son médiateur : c'est à lui à « prêter une voix, une intelligence, un cœur tout bm- « lant d'amour à toute la nature visible, afin qu'elle u aime en lui et par lui la beauté invisible de son Créa- « leur... Mais ce médiateur de la nature visible avait « lui-même besoin d'un médiateur. La nature visible ne « pouvait aimer, et pour cela elle avait besoin d'un mé- « diateur pour retourner à son Dieu. La nature Immaine « peut bien aimer, mais elle ne peut aimei' dignement. (( Il fallait donc lui donner un médiateur aimant Dieu (' comme il est aimable, adorant Dieu autant qu'il est ado- « rahle, afin qu'en lui et par lui nous i)uissions rendre « cà Dieu notre Père un hommage, un culte, une ado- « ration, un amour digne da sa majesté. C'est, messieurs, « r.Q médiateur qui nous est formé aujourd'hui par le « Saint-Esprit dans les entrailles de Marie. Réjouis-toi, « ô nature humaine! tu prêtes ton cœur au monde

l'prrour (|ue, pressant peut-èlrt* un peu trop Malebranche coninio le faisait Fénelon, on fait sortir de sa philosophie. Mais Bossuet, dans son équitable bon sens, nous donne, sous la forme du ne interprétation favorable, la mesui-e exacte de la rectitication de cette erreur. « L'auteur (Malebranche), dil-il, ne scnihie pas fibii{,'é à dire (pour <' justifier son système) que le monde, sans l'Incarnation, est sans « aucun bien : il suHit (|u'il dise qu'il n'a pas le de<?ré de perfec- « tion qui le reiul absolument dipne de Dieu, non qu'il soit mau- « vais en soi. mais parce qu'il n'est pas assez bon. » {lièfut. du sijst. du P. Malebranche, par Fénelon, annoté par Bossuet.) Aollà la vérité, qui dégage i\ la fois la liberté de Dieu, et la bonté naturelle de son ouvrage, et qui néanmoins donne à l'Incarnation une raison de convenance à priori, qui, cette raison étant voulue, comme elle l'a été par I)ieu, en fait une nécessité ex posl facto. Voilà la pensée de Bossuet telle que Bourdalouc on a fait usage dans le passage do ses Sermons que nous avons cité, telle qu'on peut la retrouver dans le beau passage de Malebranche ipii a été l'occasion de cette note, et telle enlin que Bossuet lui-même l'a consacrée dans lo morceau qui suit duns notre texte.

« visible pour aimer son Créateur tout-puissant; et « Jésus-Christ te prute le sien pour aimer dignement celui « qui ne peut être dignement aimé que par un autre luiu même*. »

{ ' Deuxième Sermon poiu* la fête de l'Annonciation, proche à la

\ cour, 3« point.

78 TJVRE I, CHAPITRE Ht.

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