‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 3)Chapitre 28 sur 87 · LE PLAN DIVIN. SES TROIS FINS · texte numérisé non relu

LE PLAN DIVIN. SES TROIS FINS

nature inférieure des êtres dont il est le roi, relevant du Christ, comme le Christ relève de Dieu, de qui tout relève.

L'économie du Plan divin se déroule ainsi, comme un magnifique système de féodalité divine, où la souveraineté descend et remonte, se déploie et se résume par interposition de personnes associées à sa plénitude; où Dieu, souverain Seigneur de toutes choses, en reçoit le tribut d'adoration par Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'il en a constitué l'héritier souverain, et dont nous sommes les feudataires. Il se subdivise et se relie à la fois en trois ordres distincts et unis : L'ordre inférieur, qui aboutit à rhomme, omnia vestra sunt; l'ordre médiateur, qui se noue en Jésus-Christ, vos autem Christi; et l'ordre final qui se termine à Dieu, Christus autem Dei. Le premier ordre est l'ordre de la nature; le second, l'ordre de la grâce; et le troisième, l'ordre de la gloire. Trois ordres qui sont faits les uns pour les autres, qui se pénètrent sans se confondre, et par l'enchaînement desquels le dernier des êtres de la nature participe ou peut participer à la gloire, à la vie et à la félicité môme de Dieu; dans tous les cas relève de sa souveraineté et de sa justice.

Ce qu'il importe surtout de remarquer dans ce divin système, c'est que les trois fins qui le constituent réclament le Christ comme la condition nécessaire de leur accomplissement. Ainsi la première fin, la gloire de Dieu, est tirée du Pontificat du Christ; la seconde fin, la gloire du Christ, est tirée de la Royauté du Christ; et la troisième fin, la grandeur de l'homme et de la création, relève et participe du Christ.

Mais le Christ, c'est le Verbe incarné. L'Incarnation du Verbe est donc comme le pivot de tout le système, omnia in ipso constant ' .

* Ad Coloss., I, 17.

Tel est le Plan diviii, ainsi qu'il résulte de la définition que saint Paul nous en a rapportée en quelque sorte du Ciel. Les paroles que nous avons citées de lui n'en sont que le fondement resserré, et je conçois que sur ces trois mots, si formels qu'ils soient, on hésite à élever une doctrine aussi vaste et aussi capitale.

Il est donc nécessaire, et d'ailleurs il importe à la grandeur de la très-sainte Vierge, qui doit trouver une place si glorieuse dans ce Plan, d'en développer la vérité doctrinale.

C'est ce que nous allons faire dans les chapitres suivants.

Dans tout ceci, qui fera la matière du premier livre, nous ne prenons le Christ que comme Médiateur de Religion, et non (autant qu'il est possi])le de distinguer ces deux caractères qui se pénètrent) comme Médiateur de Rédemption. Cette dernière vue sera l'objet du livre second.

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