A L'AUTEUR
« Monsieur,
« Il faut que je vous exprime ma joie pom* le succès déjà réalisé de vos Nouvelles Études, et mes espérances de plus en plus grandes pour leur succès ultériem* et complet. Si, comme je m'en suis assuré, votre premier volume a déjà si l)ien réussi, malgré les matières élevées qu'il traite, votre second doit nécessairement, en raison des questions pratitiques et intéressantes qu'il agite, et des heiu'euses circonstances où il paraît, obtenir le plus grand succès, et faire le plus grand bien. Ce dernier volume conununiquera son intérêt .a premier; il le fera étudier, comprendre et goûter; et réciproquement, le premier, bien compris, fera encore mieux apprécier le dernier. Je regrette que vous ne donniez pas plus d'étendue à vos matières, dans les deux dernières parties de votre ouvi*age, et que vous ne fassiez pas deux bons volumes de votre second'. Les questions si bien clioisies, si l)ien posées et si vivantes d'intérêt que vous y traitez, demandent du développement, et sont de nature à produire les meilleiu's effets dans le cœm* iiumain et dans toutes les classes de la société. Vous intéressez l'homme dans toutes ses conditions, dans tous ses états possi])les. Les circonstances présentes où le doux nom de Marie est devenu si populaire, et où tout retentit de ses prodiges et de sa gloire, sont extrêmement hemviuses pour bien faire accueillir votre ouvi'age. Il vient à son heure. II fallait nécessairement, tant pour favoriser le développement de cette dévotion que pour donner la raison théolo-
' C'est 00 qui a eu lieu et au delà.
I LETTRE D UN MISSIONNAIRE A li AUTEUR.
gique et philosophique de ces nouveaux prodiges, raconter au monde étonné ce que la foi et la traditon des siècles chi'étiens disent de la Vierge Marie. Il fallait surtout donner cette raison avec l'autorité du talent ù un siècle aussi rempli de lui-même et cons6quemmei:t si aveugle, si incapable de comprendre par lui-même les merveilles dont il est témoin, hh bien, Monsieur, votre excellent ouvrage paraît h son heure providentielle pour toutes ces fins : il vient donner cette grande raison du mj^stèrc caché à des j^eux superbes, mais malades : il fait connaître l'incomparable Vierge telle que nous ne l'avions jamais vue dans notre belle langue dans un jour si grand, si beau, si radieux et si complet, à la lumière des saintes Écritures et de la tradition, et h cette vive lumière nouvelle que la définition dogmatique de son Immaculée Conception vient de projeter du ciel sur le monde. « Dieu a préparé votre renommée de penseur, de philosophe chrétien, pour vous faire produire en son temps ce chef-d'fPuVi'e à la gloire de sa divine Mère. Il vous a donné pour mission de relever de leur abaissement les huml)les pratif[ues de dévotion en l'honneur de cette Vierge auguste, de les venger contre le sarcasme ou le dédain d'une impiété aveugle et orgueilleuse, et de populariser, parmi ceux qui se piquent de science et de génie, le nom (>t les grandeurs de Marie, ses vertus et ses mérites, sa puissance e"t ses ])ontés, la gloire qui lui est due, et l'honneur qu'il y a A, lui être dévot A l'exemple des plus sublimes esprits du ciel et de la torrô. Nous autres ecclésiastiques et religieux, nous n'avions pfts ce qu'il fallait pour faire votre (vuvre; nous n\m avons pàsreeitla mission; vous l'avez compris : il fallait un la'ique. Des laïques ont décrié la Religion au dix-luiiliènie siècle; ils l'ont presque détruite: il faut que les laUques détvili- .sent àleurtour r<euvrod'iniqtiifé; qu'ils remettent la Religion et ses pontifes en crédit et en honneur. Une large part do cette noble mission, Monsieur, vous a été dévolue. Vous la remplissez rligtienient. l'ovu-suivez crturageusenient votre tl\(•ll(^ La couronne sera belle au bout de la carrière et durant l'Htcrnité.
LETTRK D UN MISRIONNAIRR A L AUTETJK. XI
« Mais c'f^st surtout par Marie que vous réussirez' à faire triompher la Religion ; c'est par votre dernier omTaj»e et par ceux que vous pourriez entreprendre dans la suite sur le même sujet. Vos pre^ni^res études philosophirpies sur le Christianisme n'auront qu'un temps de transition ; la société redevenant chrétienne, elle n'aura plus besoin de tous ces solides raisonnements; elle croira, appuyéiB sur la suprême raison de l'Ef^lise. Votre ouvTage sur le Protestantisme est également une œuvre de transition. Mais, poin* vos Nouvelles Études, elles demeureront comme un monument durable, plus dural)le que ceux qu'élève sur notre sol la main de l'homme, et comme un impérissable souvenir d'une éré nouvelle où semble commencer le rèf^ne de la Vierge sur la terre, tant de fois prédit dans les siècles passés. Vos Nmirelles Études, à mon sens, viennent contribuer puissamment h. réaliser ces prédictions. C'est pourquoi elles feront époque. La Sainte Vierge a bien été toujours connue et honorée des Clirôticns de tous les temps et de fous les lieux , mais elle ne l'a été d'une manière parfaite que par les Saints, par ceux qui puisaient aux sources des traditions chrétiennes, et h qui r Esprit-Saint voulait bien la révéler. Mais le temps seml»Ie venu où Dieu a résolu de manifester au monde les gloires de sa di^^ne Mère. Le dogme de l'Immaculée Conception, qui illumine désormais toujours le front auguste de la Vierge aux regards de toute la Catholicité, en est une magnifique preuve. Une nouvelle lumière s'est faite, et de nouvelles grâces aussi. La dévotion à la Sainte Vierge progressera en conséquence, par toutes ces manifestations nouvelles, pour la gloir(! de' Marie, pour la plus grande gloire de son Fils, et pour le salut et la i)erfection des hommes. En considérant ce qui se passe autour de nous depuis vingt ans, cri ne peut s'empêcher de voir partout la présence et l'action de Marie. Voici donc heureusement venir la réalisation des prédictions du vénérable Montfort, cette époque de grande transformation, ce régne de Marie, comme il l'appelle, ce siècle de Marie. « C'est par la très-sainte Vierge Marie, » écrivait il y a bientôt cent