‹ La Vierge Marie et le plan divin (volume 4)Chapitre 1 sur 41 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ANTIQUITÉ DUf.ULlE DE LA SAINTE ViERGE. — IMPORTANCE DE tA QUESTION. — POSITION HESPECTIVE DE CEUX QUI L'aGITENT.

La première question qui se piésenle dans celle nouvelle exposition est celle de VA?itiqwté au culte de la Sainte Vierge.

L'Antiquité du culte de la Très- Sainte Vierge est un des sujets qui éveillent le plus la curiosité de notre temps. Il en est des découvertes archéologiques ou historiques, sur ce point capital de la Genèse chrétienne, comme des découvei'tes de la géologie par rapport à la Genèse hiblique : tout le monde s'en émeut, catholiques, protestants, incrédules même. Une des attaques les plus ardentes de l'hérésie contre le Catholicisme ayant été d'accuser l'Église d'innovation et de superfétation dans le culte de la Mère de Dieu, il en est. resté ce pré- ■f il. 1

2 UYRE III, CUAPITRE I.

jugé avoué ou secret chez beaucoup de chrétiens, que l'Église était en effet vulnérable sur ce point. Et l'Église ne pouvant être d'institution divine, assistée de l'Esprit de Dieu, que si elle est absolument invulnérable, absolument infaillible, l'Institution de l'Église et tout le Catholicisme se trouve engagé dans la question.

Sans doute, ce serait le raisonnement inverse qui devrait résoudre cette question, ou même la prévenir, comme il en était dans les siècles de foi. On devrait dire : L'Église a les promesses et l'assistance divines, elle est infaillible : donc le culte de la Très-Sainte Vierge, tel que le Catholicisme le pratique et l'autorise, est exempt d'erreur; on ne saurait le mettre en question. Mais tel a été l'ébranlement produit par le rationalisme jusque dans les âmes fidèles, que la foi de nos jours tressaille à la découverte des témoignages de la haute antiquité du culte de la Très-Sainte Vierge, comme si elle échappait à un naufrage. Et telle est aussi, eu égard à cette disposition, l'importance de ces témoignages, ils donnent au Catholicisme un tel lustre d'antiquité et d'intégrité, que nous avons vu des incrédules ébranlés à la simple vue d'une peintui'e des catacombes comme à une éTOcation de la primitive Église venant déposer contre les préjugés de l'hérésie et de l'ignorance en faveur do I Église des derniers temps.

On pourrait comparer la situation des âmes à cel égard h celle d'une famille dont la descendance serai( contestée, et qui, faisant remonter sa généalogie plus ou moins haut, aurait perdu la trace de sa filiation immédiate ])ar rapport à la source de sa légitime illustration, qu'un adversaire ardent lui conlesle. Cel adversaire, cadet dégénéré de cette famille dont il veut supplanter

les aînés, ne se contente pas de ne tenir aucun compte delà possession d'état, des présomptions et des traditions les plus enracinées et les plus notoires; il ne se contente pas d'exiger des preuves et des titres que la contiance môme dans le droit qu'il attaque a fait négliger et qui pourraient être légitimement suppléés par la prescription, il s'érige, avec l'audace des mauvais plaideurs, en accusateur public; ildifTame, il calomnie; il déconcerte le bon droit jusqu'à le faire abandonner par nombre de ceux qui le soutenaient et à le rendre chancelant chez les autres. Que dans cette situation, des titres perdus viennent à être retrouvés, d'autres mieux déchiIVrés, tous bien rassemblés, et que la démonstration de l'état contesté jaillisse d'une exposition savante : quel renversement desituation ! quelle péripétie ! Ceux qui étaient restés fidèles dans le bon droit y sont affermis; ceux qui l'avaient abandonné y sont ramenés; plusieurs de ceux môme qui le contestaient abjurent la guerre aveugle qu'ils lui avaient faite ; et les obstinés sont confondus.

Tel sera le premier résultat de l'Exposition historique que nous allons entreprendre, si nous n'y faisons pas trop défaut.

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