‹ La Vierge Marie et le plan divinChapitre 27 sur 43 · PAQUES · texte numérisé non relu

PAQUES

Mais nous nous oublions, et d'autres sentiments nous réclament. Ponctuel à sa promesse, le Christ est ressuscité, Pâques a sonné, et lEglise, dans l'élan de sa joie, cherche un cœur où la faire éclater et en qui elle atteigne son accent le plus céleste. Ce cœur quel peut-il être, si ce n'est celui qui vient d'émouvoir si profondément notre compassion et qui , par son union incomparable avec celui de Jésus-Christ, doit être en tout le modèle et le supplément du nôtre ?

• Il s'éleignit avant de Tavoir terminée , et peu de temps apris avùir mis en musique le Salve Regina. « Le Stabat de Pergolèse, di! « Grétry, me paraît réunir tout ce qui doit earactériss'r la musique « d'église dans le genre pathétique. La scène est trop longue cepen- « dani, et ron sent que Pergolèse, malgré ses efforts, n'a pu trouver « encore assez de couleurs jjour varier son tableau sans sortir de la fl vérit '". » Grétry, Ksîii sur la musique.

310 LIVRE 11^ CHAPITRE ly.

Regina cœli, Isetare. Alléluia!

Quia quem meruisti portare. AUeluia !

Resurrexit sicut dixit. Alléluia !

Ce chant de félicitation à la Reine du Ciel s'élance de toutes les bouches, comme le Christ s'est élancé du tombeau; el Marie, dans cette grande solennité, a encore, après la glorieuse humanité de son Fils , la première part dans le culte de l'Eglise. Culte d'honneur et d'imitation, el toujours aussi culte d'invocation : Ora pro nobisDeum, Allelida ! cnWe de médiation :

Deus qui per resurrectionem 0 Dieu qui par la résurrec-

Filii tui Domini Nostri Jesu tion de votre Fils Notre-Sei-

Christi muadum Isetificarc dig- gneur Jésus-Christ avez daigné

natus es : prsesta quœsuraus ut réjouir le monde, accordez-

per ejus Genitricem Firginem nous, s'il vous plaît, que, par

Mariam perpétua capiamus la Vierge Marie qui l'a enfanté,

gaudia vitœ. Per eumdem nous participions aux joies de

Ghristum Dominura Nostrum. l'éternelle vie. Par le même

Amen. Christ Notre-Seigneur. Ainsi

soit-il.

Cette mémoire de la Sainte Yierge , dans la solennité de la Résurrection, n'a pas été suggérée à l'Eglise par l'Evangile ; car , ainsi que nous l'avons fait ressortir dans notre étude sur ce mystère, l'Évangile ne fait pas la moindre mention de la Sainte Vierge dans les diverses scènes de la Résurrection. Ce silence de l'Évangile est glorieux pour Marie, comme nous l'avons expliqué, en montrant sa foi au-dessus des preuves sensibles qui pouvaient à peine forcer celle des Apôtres et des Disciples.

FÈIES. — PAQUES. 31 1

Mais , pour être plus croyante à la résuirection de son Fils, Marie n'en était pas moins heureuse; an contraire, elle l'était de cette béatitude que le Christ a préconisée, à l'occasion de l'incrédulité de saint Thomas, lorsqu'il a dit : Beati qui non mderunt et crediderunt. L'Église a lonc dû chanter la béatitude de Marie à raison même le son absence évangélique des scènes de la Résurrection.

Du reste, si nous en croyons une tradition que nous vous déjà rapportée et qui a pour elle le témoignage l'un des plus illustres historiens de l'Italie, Sigonio *, "est l'Eglise du ciel qui aurait porté l'antienne Regina Cœli à l'Église de la terre par la bouche de l'Ange qui, du haut des airs, fit entendre ce chant le jour de Pâques, dans une procession où saint Grégoire le Grand, avec tout son peuple, venait d'obtenir la cessation d'une peste par l'intercession de Marie. Sans forcer la signiGcation tle ce prodige, ne serait-il pas permis de reconnaître dans cet Ange , à la similitude des paroles Resiarexit sicut dixit, l'Ange de la Résurrection, ce même Ange qui descendit du ciel , vint renverser la pierre et s'assit dessus pour y être le premier témoin sur la terre de cette Résurrection dont Marie est éternellement heureuse dans le ciel? Et ainsi la célébration de la joie de Marie dans la fête de la Résurrection prendrait son origine liturgique dans la céleste intervention du même Ange qui, dans l'Évangile , est l'oracle de ce grand mystère près des autres femmes affligées qui n'y croyaient pas.

Mais un rapport plus doctrinal, et plus glorieux en

1 De regmo Italix, lib. I.

même temps pour Marie, est celui que nous avons indiqué ailleurs, d'après saint Paul et Bossuet, entre le Sein virghial où le Fils de Dieu a pris la vie humaine , et le Sépulcre neuf où. il l'a reprise, par cette même Vertu du Très-Haut qui l'engendre de toute éternité , qui la fait naître dans le temps, qui l'a ressuscité dans la gloire, et à la triple opération de qui saint Paul applique également cette parole prophétique : Ego hodie geniii te. Rapport qui est tout à l'honneur de Marie ; car si cette gloire dans laquelle le Fils de Dieu est ressuscité illumine à jamais la pierre insensible de son sépulcre, en accomplissement de la prophétie : son Sépulcre sera glorieux , combien ne revêt- elle pas Marie qui y a si héroïquement coopéré !

Cette doctrine a été chantée dans cette belle hymne que nous fournit le Propre des Offices de l'Ordre du Saint-Sépulcre , et où la Vierge est d'autant plus glorifiée que c'est par analogie avec elle que le Saint-Sépulcre est célébré.

Die Sepulchri gloriosi. Chante, ô mon âme, avec

Lœta mens, rairacula; transport, les prodiges du Sé-

Quo velut Malris pudicce pulcre glorieux, d'où le Christ

Christus alvo prodiit : s'est élancé, comme autrefois

Ut Prophetarum fidèles du sein de sa chaste Mère;

Paginse spoponderant. ainsi l'avait annoncé l'oracle

fidèle des Phrophètes.

In novo conceptu salvo II fut conçu dans les en-

Virginis puerperœ, traillesd'uneViergesans tache;

In novo compostus antro il fut enseveli sous un antre

Conquievit pumicis : où nul corps n'avait encore

Gloriosus hoc et illa, été placé; qu'il naisse en-

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