FETES. — PAQUES
Vir, puerque prodiit.
Hsec parit corpus caducam, Omnium spe serius; yEviternum reddit illud; Omnium spe citius ; lUa pannis involutum, Liateis hoc conditum.
faut, qu'homme il s'élance, c'est toujours avec la même gloire.
Après l'espoir d'une longue attente, sa Mère l'enfante dan?
un corps mortel; avant l'espoir de son retour, le tombeau le restitue immortel; celle-là l'enveloppa de langes; celui-ci le vit couvert d'un linceul.
Ex sinu matris futurum Ad salutera nascitur; At salute jam parata, Rupis alvus rcddidit; Ad crucem Parens produxit.
At silex ad gloriara.
Ergo le cœlestis Agni Purpurata sanguine, Aula ter felix, adorent Terra, pontus, œthera; Nec sepulchrum quis vocavit Vita de quo nascitur.
Du sein de sa Mère il naît pour accomplir le salut; des flancs de la roche il sort, le salut étant consommé; sa Mère l'enfanta pour la croix ; la pierre le rendit pour la gloire.
Sanctuaire trois fois heureux, empourpré du sang de l'Agneau céleste, reçois les adorationde la terre, de la mer et des cieux; mais tu n'es plus uu sépulcre depuis qu'on a vu la vie sortir de toi.
Gloria et honor Ueo Usqucquaque Allissimo, Una Patri, Filioque, Inclyto Paracleto, Gui laus est, et potestas Per immensa saecula.
Araen.
Gloire et honneur à Dieu Très-haut; gloire unique au Père, au Fils, à l'auguste Paraclet; puissance et louange dans les siècles qui ne finissent pas.
Amen.
Cette liturgie triomphale se continue de Pâques à
Pentecôte, et comprend, par conséquent, I'Ascension, où Marie ne parut pas plus qu'à la Résurrection , mais où son union à son glorieux Fils était d'autant plus grande, d'autant plus parfaite , qu'elle était mystique.
PENTECOTE.
Cette grande fête du Fils de Dieu , dans la première émission de son divin Esprit à son Église, dans ses premiers triomphes , du haut du ciel , sur ce monde ennemi qu'il va conquérir, ne pouvait ne pas faire mémoire de la Très-Sainte Vierge; car là, Marie, bien qu'encore sur la terre, intervint et agit, de ce ministère, de cette action qu'elle aura toujours dans l'Église et qui ira en se manifestant de plus en plus. « Dans l'œuvre de notre salut, dit dom Guéranger , nous reconnaissons trois interventions de Marie, trois circonstances où elle est appelée à joindre son action à celle de Dieu même. La première, dans l'Incarnation du Yerbe , qui ne vient prendre chair dans son chaste sein qu'après qu'elle a donné son consentement par ce solennel Fiat qui sauve le monde; la seconde, dans le sacrifice que Jésus-Christ accomplit sur le Calvaire , où elle assiste pour participer à l'oiïrande expiatoire; la troisième, au jour de la Pentecôte, où elle reçoit l'Esprit-Saint avec les Apôtres , pour pouvoir s'employer efficacement à l'établissement de l'Église qui se développe sous son action. »
Marie et l'Église ont un rapport de maternité aussi étroit que l'objet de leur enfantement. Marie est mère du chef et l'Église est mère des membres. Et comme les
FÊTES. — PENTECOTE, 315
membres sont unis au chef jusqu'à ne faire avec lui qu'un seul corps qui vit de lui , l'Église est unie à Marie jusqu'à ne faire avec elle qu'une même mère, en quelque sorte , qui continue son premier enfantement. Aussi tout ce qu'on peut dire de Marie, on peut le dire de l'Église; on leur applique les mêmes figures , les mêmes significations: avec cette différence que Dieu a réalisé d'abord dans Marie la divine fécondité qu'il a communiquée ensuite à l'Église, et dont il a disposé en Marie comme le premier levain.
C'est ce que l'Église a voulu nous rappeler par cette leçon tirée du Catéchisme de saint Augustin ' , dans l'office de la veille de la Pentecôte.
Vous avez reçu comme Article de Foi la protection de Celle qui enfante contre les poisons du Serpent : Àccepistii ut Symbolum frotecdonem Parlurienlis contra venena Serpentis (grande parole qui nous révèle l'antique foi de l'Église en la puissance de Marie contre-poison du Serpent^. Dans TApocalypse de l'Apôtre saint Jean, il est écrit que le Dragon se dressait en face de la Femme qui derait enfanter, pour que, dès qu'elle auraitenfauté, il dérorât son Fruit. Personne d'entre tous n'ignore que ce Dragon c'est le Diable; et que celte femme est la Vierge Marie qui, immaculée, a enfanté votre Chef immaculé, et qui a fait voir aussi en elle la Cgure de la sainte Église; en ce que, de môme qu'eu dounant le jour à son Fils» elle est restée Vierge, de même l'Église enfante en tout temps les membres de ce Fils sans rien perdre de sa virginité.
Ainsi nous célébrons Marie en union de pureté et de puissance avec Jésus-Christ , dans le grand jour de la
' De Stjmbolo ad catechitmenos^ lib. IV, cap. i.
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Pontecôlc, comme type de l'Église dans sa malernité virginale et secourable contre le péché.
C'est pourquoi l'ancienne Église de Paris, par la Prose de ce jour, célébrait Marie dans les premiers triomphes de son divin Fils.
Fulgcns prtcclara Rutilât per orbcni Hodie Dies, in qua Ciiristi lucida Narrantur ovanter praelia.
De hoste superbo Quem Ciirisfus triumphavit
pulcbre Castra lllius perimens teterrima.
Resplendissant de gloire", qu'il éclate dans l'univers ce jour qui nous rappelle dans sa solennité les brillants combats du Christ.
Ce jour où , triomphant de notre superbe ennemi, le Christ a dispersé ses camps odieux.
Infelix culpa Evœ Qua caruimus omnes vita.
Félix proies Mariée Qua epulamur modo una.
Malheureuse faute d'Eve qui nous a privés tous de la vie !
Heureuse génération de Marie par qui tous ensemble nous sommes restaurés !
Benedicta Sit celsa Regina illa.
Generans Regem Spoliantem Tartara.
Pollentem Jam in ^Eihera.
Que soit bénie celte céleste Reine, Mère du Roi qui arrache à l'Enfer sa proie ;
Qui triomphe déjà du haut des airs.