FÊTE DE L'ANNONCIATION
« élévation! quelle images! quelle latinité'!» Il est vrai; mais cette admiration même nous paraît une critique. La forme de ces compositions se détache trop du fond. C'est une œuvre littéraire plutôt que l'effusion d'une âme qui prie : ce ne sont pas des hymnes, ce sont des odes ^.
Quoi qu'il en soit, c'est le sens catholique du mystère que nous devons recueillir et goûter sous les diverses formes dont la Liturgie le revêt ; et la solennité de la Purification est à cet égard un témoignage solennel du culte de Marie dans la Catholicité. Culte aussi solide que glorieux, puisqu'il repose sur l'Évangile, et qu'il nous offre Marie en communion avec Jésus dans les Mystères de son obscurité et de son silence, de sa Présentation, de sa Préconisation, de son Immolation.
FÊTE DE L'A^'NONCIÂTION.
La Fête de l'Annonciation, à la date du 2o mars, est la seconde ancienne fête de la Sainte Vierge. Sa liturgie fait double emploi avec celle des derniers jours de l'Avent. Comme nous l'avons vu en ei-'ef, l'Avent, étant la commémoration abrégée des temps qui ont précédé la venue de Notre-Seigneur, nous rappelle surtout le
' La Crlyèke, Des Jugements.
* La Druvèrc fait, du reste, un ])orlrait au naiunl de San!euil qui n'est pas cilifianf. » On esl surprix, dil-il, de voir naître et dcîorc « le bon sens du sein de la bouffonnerie, parmi les grimaces et les « eontorsions. « lùrdem.
mystère de sa conception dans le sein de Marie, le message de l'Ange et le Fiat de la Yierge qui a consommé ce qu'il annonçait. La liturgie a épuisé alors toutes ses richesses pour honorer Marie en communauté avec Jésus. Néanmoins l'Église, mue par la dévotion des peuples, a voulu fêter l'Annonciation comme fête spéciale de la Sainte Vierge. Elle a voulu aussi fêter ce mystère à sa date propre, le 25 mars, pour sanctifier cette date par une commémoration plus exacte, pour sanctifier aussi les neuf mois de virginale gestation de Marie, qui se trouvent entre le 25 mars et le 25 décembre, et sur lesquels la fête de l'Annonciation projette la grâce de sa célébration. Cette fête convient bien d'ailleurs au printemps ; car comme tout est renouvelé au printemps dans la nature, tout a été renouvelé dans l'humanité, par la venue du Fils de Dieu. Ces raisons ont eu cependant à surmonter une difficulté liturgique : celle de déroger à la tristesse du temps quadragésimal par la commémoration d'un mystère joyeux. Aussi les liturgies Ambrosienne et Mozarabe ont-elles préféré placer cette fête dans l'Avent, après l'avoir célébrée longtemps dans le Carême. Cela fut décidé ainsi, pour la liturgie Mozarabe, par le concile de Tolède. Mais, en reportant cette fête dans l'Avent, le concile ne voulut pas qu'elle y fût absorbée. Il voulut qu'elle conservai son caractère de fête de Marie, Festivitatis gloriosœ Matris^ — Festum sanctœ Virginis Genitricis Dei. Il voulut même qu'elle ne fût pas fêtée moins solennellement que celle de la Nativité même du Christ, Cujus utique ita débet esse festum solemne^ sicut est ejusdem Nativitatis Verbi^ ainsi que cela se pratiquait dans les diverses Égfises, jusqu'aux plus reculées de la Chrétienté : In multis
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namqtte Ecclesiis a nobis et spatio remotis et terris hic mos agnoscitvr retineri^.
Quant à l'Eglise romaine, l'usage de célébrer cette tète au 23 mars n'a pas varié ; elle se retrouve dans le Sacramen taire de Saint Grégoire, dans le Sacramen taire même de saint Gélase à la date du VIII des calendes d'avril , qui correspond chez les Romains au 11 mai-s.
La solennité dont elle a toujours été revêtue dans les âges de foi tient à une raison qui accuse hautement l'effacement dans lequel elle est tombée de nos jours : c'est que celte fête n'est rien de moins que la fête de Y Incarnation de Notre-Seigneur, le premier de tous les mystères chrétiens, celui d'où sortent tous les autres et duquel date la rénovation du genre humain. C'est la raison que donnait le Concile de Tolède pour mettre la solennité de cette fêle de Marie au même rang que celle de Noël, Nam, disait-il, quod Festum est Ma tris nist Incarnatio Verbi? C'est dans VA?inonciatiofi de l'Incarnation en effet que se consomma Y Incarnation même. Ces deux mystères n'en font qu'un ; et c'est la gloire éternelle de Marie que nous ne puissions les séparer; que nous ne puissions même aujourd'hui^ comme dit Calvin lui-même, magnifier la bénédiction qui nous a été apportée par le Christ^ que quant et quant Une nous souvienne de r excellent privilège que Dieu a fait à Marie la prenant pour être Mère de son Fils unique"^. Et si
J Notée ad Missale Mozarabum, p. 483, ai» Alexaudro Lesleo. — Benoît XIV, De Feuis, lib. H, cap. xii.
* Commentaire sur r harmonie des Évongilisles. Gentve, MDLXIII, p. 20,
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l'Église célèbre ce grand Mystère sous le nom à'A7i?io?iciation de la Bienheureuse Vierge, si elle l'a toujours fait ainsi ', c'est pour célébrer le glorieux acquiescement de la Vierge à la parole de l'Ange, sa virginale coopération à l'Esprit-Saint et à la Yertu du Très-Haut, d'autant, comme dit encore Calvin, qu'en recevant par fot/ la béjiédiction qui ha était offerte, elle a. ouvert le chemin à Dieu pour accomplir son œuvre^.
Voilà ce que l'Église célèbre dans la solennité du 25 mars. Fêle de souvenir, et toujours aussi fêle de renouvellement, fête d'extension de ce mystère aux âges successifs de Thumanité : car les mystères du Fils de Dieu sont toujours ce qu'ils ont été une fois, et toujours Mai;ie ouvre le ciilmiis a Dieu pour accomplir