‹ La Vierge Marie et le plan divinChapitre 33 sur 43 · ETE DE L ANNUNCIATIU.N · texte numérisé non relu

ETE DE L ANNUNCIATIU.N

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paré à celui qui lui correspond dans l'Avcnt, c'est que, de même que dans la f(Me du Fils on préconise la Mère, de même dans celle de la Mère on glorifie le Fils. Tiuit il est vrai que leur gloire n'est ;5«.s tant commune qii elle n'est la même, comme Ta dit heureusement saint Fulgence.

Nous nous bornerons, comme citation liturgique louchant celle belle vérité, à la Prose suivante tirée du Parisien^ pour le jour de l'Annonciation. C'est une charmante elTusion de doctrine et de sentiment où nul travail ne se fait sentir, et où l'onction coule de jet. Elle n'est assurément pas de Santeuil, et relève d'une autre inspiration que celle d'Horace.

Huuiani gencris Ce.=?ent suspiria.

Beala miseris Afferl hic nuntia Dies mortalibus.

Que le genre humain fasse trêve à ses soupirs. Ce jourapporte l'heureuse nouTclle aux infortunés mortels.

Unlus scelere Cuncti cccidiraus.

Lapsos erigere Veiiit Âllissimus De cœli sodibus.

Nous sommes lous tombés par le crime dun seul; pour nous relever de notre chute !e Très-Haut descend des célestes demeures.

Delectae Virgini, Qute Deum pariaf, Angélus Domini Salutis nuntiat Nostri mysterium

A la Vierge choisie pour enfanter un Dieu, l'Ange du Seigneur vient annoncer le mystère de notre salut.

0 Beatissima Prae mulieribus!

0 Bienheureuse par-dessus toutes les femmes ! Vierge

VirM castissima! très-chaste! recevez Dieu le

Deum visceribus Suscipe Filium.

Virtiite Spiritus In sinii Virginis Innocens penitus A labe criminis Caro compingitur.

Fils dans votre sein.

Par la vertu du Saint-Esprit, dans le sein de la Vierge se forme une chair tout innocente du crime qui nous a souillés.

Per hanc infantibus Lactescit teneris Ille qui mentibus Panis a superis In cœlis editur.

Par cette chair il devient le lait des plus petits enfants Celui qui est le pain de vie dont se repaissent les Anges dans le ciel.

Qiiod sine tempore De Pâtre nascitur, Mortali corpore Verbum induitur Ut salvet hominem.

Engendré du Père de toute éternité , le Verbe revêt un corps mortel afin de sauver l'homme.

Corpus hoc offeret In sacrificium; Serves utliberet Tolum in pretiura Effundet sanguinem.

Il offrira ce corps en sacrifice ; il répandra tout son sang pour la rançon des captifs.

Errabam devius Exsul a patria, Semitse nescius Ad vera gaudia Per quam regrediar.

J'errais à l'aventure exilé du pays, ignorant la route par où je pourrais retourner aux joies véritables.

In mea Dominus

Le Seigneur est venu dans-

FÊTE DE l'aSSOMPTION.

Venit exilia, ViaBque terminus Ipse fit et via :

Tutas ac gradiar.

mon exil, le terme même se fait chemin : pour que je marche sans m' égarer.

0 Veritas latens Sub vélo corporis, Sed oculis patens Mundati pectoris, Tu nos illuminai

0 Vérité cachée sous le voile de la chair, mais apparente aux yeux du cœur purifié, daignez nous éclairer !

Et tu pro miseris Supplica Nnmini, Quae te dum asseris Ancillam Domini Fis mundi Domina !

Et Vous , suppliez l'Éternel pour de pauvres pécheurs, Vous qui, en vous nommant la servante du Seigneur, êtes devenue la Souveraine du monde !

FÊTE DE L'ASSOMPTION

La fête de l'Assomption est la Fête des fêtes de la Sainte Vierge. Par un privilège unique dans nos fastes civils , elle est seule restée en possession de la solennité qu'elle partageait autrefois avec d'autres fêtes de Marie. C'est une des plus grandes fêtes de la Religion. Par elle, la Mère de Dieu a gardé dans nos temps révolutionnaires, et sur notre pays si tourmenté , l'honneur d'un culte public , et le souverain Patronage de sa maternelle protection. Cette fête, la plus ancienne de toutes celles de la Vierge dans l'Église , la plus privilégiée et la plus permanente en France, est aussi celle où nous professons de la manière la plus spéciale , la plus expresse , le Règne de Marie dans l'Église et dans l'humanilé , puis-

que nous célébrons ceKeA'ierge augusie, non dans aucun des étals de sa vie mortelle , mais dans sa Souveraineté du haut du Ciel où les Anges l'ont portée auprès de son divin Fils, et où elle exerce son ministère degriîce pour les hommes.

Fêter ainsi la Yicrge dans le mystère de son Assomption, c'est reconnaître, c'est fêter toutes les grandeurs et toutes les gloires que nous lui décernons dans les autres mystères de noire foi ; car nous croyons moins au fait de l'Assomption sur son fondement historique que sur sa raison d'êlre dans la dignité de Mère de Dieu en Marie, et dans la part qu'elle a eue à toute la destinée de Jésus-Glirist. Nous acquittons donc envers Marie en ce seul jour , et nous acquitlons avec usure , tout ce que noire indill'érence ou notre opposition nous a faitomeître ou contester dans les autres fêtes dentelle est Tobjet ; et, par une juste et admirable disposition, il se trouve que la seule fêle que nous solennisons à sa gloire est celle qui suppose envers elle le plus de dévotion ; qui glorilie et qui invoque ses plus grands privilèges; qui implique toute la doctrine catholique à son égard.

Celte fête participe au plus haut degré à cette loi d'association que nous retrouvons partout entre Marie et Jésus-Christ, et qui nous fait voir tous les mystères de la Religion en doul)le épreuve, si j'ose ainsi parler. Ainsi le mystère de la Purification de Marie s'accorde avec celui de la Présentation de Noire-Seigneur; le mystère de l'Annonciation avec celui de l'Incainalion; pareillement celui de l'Assomption avec celui de l'Ascension.

L'Assomption de la Yicrge est comme l'appendice de l'Ascension de Jésus-Christ. Nous avons développé cette

FETE DE L'ASSOMPTION. 341

vérité, ainsi que tout ce Parallélisme dont elle est la plus Jjaute expression, dansZ,a Vierge Mai-ie d'après V Évangile, particulièrement dans le commentaire de celte prophétique parole : Surge, Domine, i7irequiemtîiam,ivKT XK.cxsa7îcli/icatio7îis /î/œ; comme si le Seigneur, disionsnous, ne se fût pas levé tout entier , s'il n'eût élevéaprès lui sa sainte Mère.

Par cette raison , cette fête se trouve venir, dans la Liturgie , après celle de l'Ascension , dont elle est comme la parhélie. Elle arrive aussi dans l'ardeur et dans l'éclat de l'été , qui est comme la gloire de l'année; enfin elle clôt le cycle annuel de la Liturgie par le couronnement de Marie , et elle ouvre l'ère du repos de l'Église et des iidèles, comme si , avec celte Mère bienheureuse, toute la famille chrétienne déposait le poids de la terre, et entrait dans la liberté des Enfants de Dieu.

L'Eglise, pour fêter ce grand jour, n'a eu qu'à ouvrir les trésors de sa Liturgie. D'elles-mêmes, comme des parfums sur un foyer, les louanges de Marie se sont élevées de la ferveur catholique et l'ont accompagnée dans le Ciel.

Le caractère de la Liturgie de ce jour est en effet admirablement conforme à son objet , par le gracieux élan et la suave légèreté de ses ovations envers Marie.

Les Matines s'ouvrent par ces brillâmes Antiennes :

Exalta es, sancta Dei geni- Vous avez été portée sur les Irix, super cboros Ângelorum chœurs des Anges aux célestes ad cœlesla régna. royaumes, sainte Mèrede Dieu !

Virgo prudenlissima , quo Vierge très-prudente, où tous

progrederis, quasi auroravalde rutilans? Filia Sion, tota formosa et suavis es, pulchra ut luna, electa ut sol.

dirigez-vous, comme une aurore à l'éblouissant éclat? Fille de Sion, vous êtes toute gracieuse et suave, belle comme la lune, distinguée comme le soleil.

Paradisi porise per te nobis apertse sunt,qu8ehodie gloriosa cum Angelis triumpbas.

Les Portes du Paradis par vous nous ont été ouvertes, par vous qui aujourd'hui, glorieuse avec les Auges, triomphez.

Yiennent ensuite, pour le premier Nocturne, des Leçons tirées du Cantique des Cantiques, où les plus tendres effusions de l'amour , appliquées à Marie et à Jésus- Christ , déposent tout caractère sensuel , et s'élèvent aux plus spirituelles voluptés de l'àme.

Puis ces Répons tirés du môme Cantique et qui en précisent les allusions :

Vidi speciosam sicut columbam , ascendentem desuper rivos aquarum; cujus inaîstimabilis odor erat nimis in vestimentis ejus.

Je l'ai vue gracieuse comme une colombe qui prend son vol des bords des ruisseaux; un ineffable parfum s'exhalait au loin de ses vêtements.

Et sicut dies verni, circumdabant eam flores rosarum et lilia convallium.

Et comme un jour de printemps, des touffe^ de roses et les lis des vallées l'entouraient.

Quœ est ista quse ascenditper desertum sicut virgula fumi.

Quelle est celle-ci qui monte par le désert comme une légère

FÊTE DE L'aSSOMPTIOK. 343

ex aromatibus myrrliae et rapeur d'aromates, de myrrhe thuris? el d'encens?

Le second Nocturne célèbre directement l'Assomption de Marie , par ces riches Leçons du grand Docteur de ce beau mystère , saint Jean Damascène :

En ce jour l'Arche sacrée el animée du Dieu TÎTant, qui a conçu dans ses entrailles son Créateur, repose dans le temple du Seigneur, que nulle main n'a construit; David chante sa Fille, et avec lui les Anges mènent les chœurs ; les Archanges la célèbrent, les Vertus la glorifient, les Principautés tressaillent, les Puissances s'émeuvent, les Dominations s'éjouissent, les Trônes sont en fête, les Chérubins louent et les Séraphins préconisent sa gloire. En ce jour l'Éden du nouvel Adam reçoit ce Paradis animé, en qni la condamnation a été abrogée, en qui a été planté l'arbre de Tie, en qui a été voilée notre nudité.

En ce jour, la Vierge immaculée, que nulle terrestre affection n'a effleurée, et qui s'éleva toujours aux célestes pensers, n'est pas retournée en terre; mais comme elle était un ciel animé, les célestes parvis l'ont reçue. Comment, en effet, celle de qui la vie Téritable est venue à tous aurait-elle goûté la mort? Elle a dû fléchir sans doute sous la loi portée par Celui qu'elle a engendré, et comme fille du vieil Adam elle a subi l'antique sentence (car son Fils qui est la vie même, ue l'a pas déclinée), mais comme Mère du Dieu vivant elle est justement élevée à Lui.

Eve qui donna son assentiment aux suggestions du serpent est condamnée aux douleurs de l'enfantement et à la mort, et descend aux sombres demeures. Mais pour cette Vierge bienheureuse qui prêta l'oreille à la parole de Dieu, qui fut remplie de TopératioD du Saint-Esprit, et qui, à la spirituelle salutation de l'Archange, sans charnelle volupté ni commerce de l'homme, conçut le Fils de Dieu, l'enfanta sans nulle douleur, et se voua tout entière à Dieu, en quelle sorte la mort en aurait-elle fait sa proie? Comment le tombeau l'aurait-il dévorée ? Comment la corrnp-

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lion aurait-elle envahi ce corps en qui la vie a été prise? Uue voie droite, unie et facile a dû lui être frayée vers le ciel. Si, en effet, celui qui est la vie et la vérité, le Christ a dit : Là où je suis, là sera mon ministre, combien plus encore sa Mère ne serait-elle pas avec Lui !

A ces Leçons du jour de l'Assomption, qui nous font voir la vérité de ce beau mystère dans quelques-unes des raisons qui en sont le fondement , joignons celle de saint Bernard, pour l'octave de cette fête, où, à la Vierge parvenue dans le ciel , il demande de faire pleuvoir des grâces sur la terre, en témoignage de sa faveur et en retour de nos louanges.

Voici que, du mieux que nous avons pu, nous vous avons accompagnée de nos vœux dans votre Assomption à votre Fils, et nous vous avons suivie, du moins de loin, Vierge bénie. Qu'il soit de voire piété maintenant de faire connaître au monde cette môme grâce que vous avez trouvée auprès de Dieu, en obtenant par vos prières le pardon aux coupables, la guérison aux malades, la force aux débiles, la consolation aux affligés, le secours aux chancelants et la délivrance! Qu'en ce jour de solennité et de réjouissance vos pauvres serviteurs invoquant avec louange le nom si doux de Marie, ressentent par vous. Reine clémente, les largesses de la grâce de Jésus-Christ votre Fils qui est Dieu béni au-dessus de tout an siècle des siècles!

Toute celte doctrine, tous ces sentiments, déjà si recommandables dans les Saints illustres qui les ont professés, deviennent, parla Liturgie, ceux de l'Église, qui en fait la règle du culte et de la foi du monde chrétien.

FÊTE DE l' ASSOMPTION . 945

1/EgIise les élève dans la Messe de ce jour à une consécration plus éminente, dans ces beaux introïts, offertoires, secrètes et oraisons, où, de l'Autel même où elle consomme le redoutable Sacrifice , elle cbante la gloire de Marie et fait valoir son intercession.

Le premier mot qui sort de sa bouche en ce moment solennel , et que redisent en chœur les multitudes fidèles, est un cri de réjouissance et un chant de fêle :

Gacdeaml's ouines in Domino, Réjonissons-nous fous dans

diem festum célébrantes sub le Seigneur, célébrant ce jour

honore Beatse Mariae Virginis : de fête en l'honneur de la Bien-

de cujiis Assuraplione gaudent heureuse Vierge Marie dans son

Angeli et coUaudant Filium Assomption, dont les Anges se

Dei. réjouissent et louent on chœur

le Fils de Dieu.

Ouel beau chant dans sa grave simplicité ! Comme en un seul trait il dit tout : la joie des hommes, parce qu'en Marie une personne humaine est élevée au-dessus des An^"«5 et reçoit leurs soumissions; la joie des Anges, saluant leur Reine et la Mère de la grâce et de la gloire où ils ont été créés; la joie du Fils de Dieu, glorifié dans sa Mère , et couronnant en elle le chefd'œuvre de sa sagesse et Tinslrument de son amour! Toilà ce que disent ces trois mots : Gaudeamus^gandent^ coUaudant^ c'est un seul transport de triomphe, en Marie , qui des hommes s'élève aux Anges , et se termine à Dieu.

L'Évangile de ce jour est admirable d'allusion à la Sainte Vierge, dont il ne parle pas. C'est l'Évangile

de Marthe et Marie , recevant Jésus-Christ dans leur demeure, et personnifiant, comme on sait, la vie active et la vie contemplative que Jésus-Christ loue diversement , en mettant celle-ci au premier rang. L'Église , par le choix de cet Évangile , a voulu montrer , tous les genres de perfection ordinairement partagés entre les Saints , réunis en Marie : la vie active dont elle fit preuve lorsque , avec tant de zèle et d'empressement , elle fut visiter Élisaheth ; lorsque , avec tant de sollicitude et tant de soins, elle nourrit son divin Fils et le porta en Egypte, le chercha et le réclama plus tard dans le Temple, et enfin provoqua son premier miracle à Cana; et la vie contemplative quelle pratiqua dans la vie active même, et que l'Évangile fait ressortir plusieurs fois en elle par ce trait : « Or, Marie conservait toutes ces choses, toutes ces « paroles, et les méditait, les repassait dans son « cœur. »

C'est pourquoi Marie , la première entre toutes , a mérité de recevoir Jésus-Christ dans l'humble demeure de son chaste sein, inquoddam castellum, et que Jésus- Christ la reçut à son tour dans la glorieuse demeure de son Paradis.

Quelle louange directe vaudrait une telle allusion? Dans la Secrète de la vigile de l'Assomption, l'Église professe et met en action cette belle vérité que nous avonsexprimée dansL« Vierge Marie d'après l'Evangile^ que Marie a dû suivre Jésus-Christ dans le ciel , pour yi achever de coopérer avec lui , par son intercession , à H consommation du même ouvrage auquel elle avai^ contribué sur la terre par son concours à rincarnation et à la Rédemption. <

PBTB DB L ASSOMPTION.

C'est cette doctrine, disons-nous, que TÉglise met en pratique dans le Saint Sacrifice de ce jour , quand elle dit à Dieu.

Manera nostra, Domine, apud clementiam tuam Dei Geoitricis commendet oratio : quam idcirco de praesenti saeculo transtalisti ut pro peccatis nostrié apud te ûducialiter intercédât.

Que la prière de la Mère de Dieu recommande auprès de Totre clémence les dons que nous TOUS offrons , Seigneur, elle que tous arez transférée de ce monde à cette fin qu'elle intercède en toute confiance auprès de Vous pour nos péchés.

Ainsi, chose touchante et bien faite pour exciter notre confiance ! l'Assomption de Marie a eu pour objet de la mettre en situation d'intercéder pour nous. C'est à cette fin qu'elle a été s'asseoir auprès de son Fils. Son triomphe tient à sa charge. Tous les honneurs, toutes les gloires de sa souveraineté sont les apanages de cette charge, les gages de son crédit, les fondements de sa confiance à l'employer, et de celle, par conséquent , que nous devons avoir à l'invoquer. Ut pro peccatis nostris apud te FiDULFACiTER intercédât. C'est pour cela qu'elle a été élevée au plus haut des cieux , et que cette gra nde position, si j'ose ainsi parler, lui a été faite : Idcirco de prœsenii sœculo transtulisti.

L'Office Parisien le dispute au Romain pour confirmer cette vérité, en glorifiant l'Assomption de Marie. La réforme janséniste a reculé devant la dévotion de l'Église de France pour les fêtes propres de la Sainte Vierge, et

3i8 LlYRE II, COAriTRE V.

on particulier pour celle qui, par le vœu de nos Rois, est une fête nationale.

Par une très-délicate intention, la Liturgie Parisienne fête, la veille de TAssomption, le mystère du legs que .lésus fit de sa sainte Mère au Disciple bien-aimè, du haut de la croix, et de la vie commune de Marie et de saint Jean, entre F Ascension et l'Assomption : Ex illa hora Accepit eam Discipulm in sua. Puis, le lendemain de cette commémoration de Tobscurilé de Marie à l'ombre de saint Jean sur la terre, Marie, Arche vivante de JésusfJirist, nous est ainsi montrée par le même Apôtre dans le Ciel :

In diebus illis, apertum est tcmplum Dei in cœlo; et visa est arca Testamenti ejiis in Templo ejiis : et facta sunt fulgura, et voces, etterrtc motus, et grando magna. Et signura magnum apparuitin cœlo:Mulier amicta sole, et lima sub pedibus ejus, et in capite ejus corona stellarum duodecim.

En ces jours-là, le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel, et l'on vit dans son temple l'Arche de son alliance; et il se fit des éclairs, et des voix, et des tonnerres, et un tremblement de terre, et une grande grêle. Et un grand signe parut dans le ciel : une Femme vêtue du soleil, et la lune était sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

Après quoi vient la belle séquence

Induant Justitiam, Pracdicent lœtitiara, Q;ii ministrant Numini.

Que les Pontifes du Très- Haut se revêlent de justice, et qu'ils publient la joie.

It in suam requiem,

L'Arche vivante du Seigneur

FETE DE L ASSOMPTION

Infert cœlo faciera Arca viva Domini.

monte dans son repos, la face plongée dans le Ciel.

Cbristum cutn liuc venerat, Quo mater susceperat.

Non est venter purior.

Quand vint à nous le Christ, il ne se trouva pas de mère au sein plus pur pour le recevoir.

In quo, dum hinc revocat, Matrem Christus collocat, Tlironus non est celsior.

Et maintenant qu'il la rappelle à Lui, il n'y a pas de trône plus élevé que celui où il la fait asseoir.

Qaae te, Christe, genuit, Quae lactentem aluit, Nunc bcatam dicimus.

Celle qui vous a engendré, ô Christ ! celle qui vous a allaité, nous la publions maintenant Bienheureuse.

immo, quod crediderit Qaod sibi viluerit, Hinc beatam novimus.

Mais nous la savons bienheureuse surtout parce qu'elle a cru, surtout parce qu'elle s'est méprisée.

0 prœ mulieribus, Quin et prœ cœlitibus lîenedicta Filia !

Oh ! entre toutes les femmes, que dis-je? entre toutes les célestes phalanges, Fille bénie!

Hauris unde plenior, Hoc e fonte crebrior Stillct in DOS gratia.

Qiie cette source où vous buvez à longs traits la grâce distille sur nous plus abondante !

Ad Deum ut adeant, Per te vota transeant :

Non fas Matrem rejici.

Pour aller plus sûrement à Dieu, que par vous passent nos vœux : H ne peut refuser à sa Mère!

Amet tuam Galliam, Qu'il aime votre France, qu'il

Régi det justitiam, donne an souverain la justice,

Plebi pacem supplici. au peuple suppliant la paix I

Le motif de cette dernière stance devient, dans le Parisien^ l'objet de tout un Office, l'Office du dimanche dans l'Octave de l'Assomption, consacré à la commémoration du vœu de Louis XIII, plaçant sa couronne et la France sous le patronage de la Mère de Dieu.

Dans les Nocturnes de cet Office, après le bel édit de Louis XIII, dont la citation fait l'objet de la première Leçon, et que nous retrouverons dans notre Exposition historique^ vient, en deux Leçons, la magnifique prière que saint Éphrem adressait à la Mère de Dieu, il y a quinze siècles, et que la France ne saurait trop redire aujourd'hui :

Vierge souveraine, Mère de Dieu, porte de l'éternelle vie, intarissable fleuve de miséricorde, ornement de la cour céleste, Océan inépuisable de miracles, nous vous prions et vous invoquons, Mère miséricordieuse du Seigneur très-bon. Inclinez les regards de votre bienveillance sur notre servitude et notre abaissement; dissipez nos ennemis visibles et invisibles. Soyez à notre indignité une lourde citadelle, une armure de bataille, une forte armée, et un cbef et un combattant invincible au front de nos ennemis. Faites voir en nous, en ce jour, vos antiques miséricordes et merveilles. Faites voir à nos impies ennemis, que le seul Roi est le Seigneur, votre Fils Dieu, et que vous êtes proprement Mère de Dieu S et que vous pouvez toutes choses, et que vous êtes maîtresse de tout ce que vous voulez au ciel et sur la terre.

* Près de cent ans avant le concile d'Éphèse.

FÊTE DE l'ASSOMPTION. 351

Accordez à tous ce qu'ils vous demandent, à chacun ce qui lui est avantageux; accordez, ô Notre Dame! aux malades, la santé; aux navigateurs, le calme et la gouverne; aux voyageurs, soyez une compagne et une garde; aux cœurs brisés, une consolation; à la pauvreté et à toute misère, un soulagement. Que nos rois, aussi, fldèles, respectés au redoutable nom de votre Kils unique, confiants dans votre patronage et votre grâce, et vous confessant Médiatrice et Protectrice en toute chose, reçoivent de vous un renfort invisible contre l'assaut de l'ennemi. Dissipez le nuage de tristesse qui viendrait à fondre sur leur esprit; arrachez leur âme à l'accablement et insinuez en elle une splendide et joyeuse tranquillité, en leur procurant un pouvoir et un règne pacifique et que la sédition ue trouble pas. Délivrez, ô Notre Dame ! par vos prières, ce troupeau qui a en vous une particulière confiance, ainsi que tout ce royaume, de la famine, des tremblements de terre, de l'inondation, du feu, du glaive, de l'incursion des barbares, de la guerre civile ; et détournez la colère céleste si justement allumée sur nous, par le bon plaisir et la grâce de Celui qui est votre Fils unique et votre Dieu.

S'il nous était permis d'émettre un désir, ce serait celui que cet antique et glorieux monument du culte de la Mère de Dieu, si heureusement approprié à notre nationalité, et tout l'Office de la commémoration du vœu de Louis XIII, dont il fait partie, survécût à la suppression du rite Parisien, et ne cessât pas en France, du moins à Paris, de consacrer le royaume de Marie.

Bien avant le vœu de Louis XIII, et dès les temps anciens de notre monarchie, la liturgie de l'Église de France brillait par la richesse de sa dévotion envers la Mère de Dieu. Les Séquences et les Proses ne cessaient de résonner à sa louange dans toute l'octave de l'Assomption, et nous trouvons encore dans l'Office Parisien de cette octave, pour la métropole seulement, la commémoration

d'un (les événements les plus importants de notre histoire : le vœu à la Sainte Yierge, auquel Philippe le Bel dut sa victoire de Casse).

Enfin, la Liturgie franque et gothe d'avant Gharlemagne, que ce grand homme supprima pour recevoir la Liturgie Romaine dans son vaste empire, contient, pour la Messe de l'Assomption, des prières de la plus grande magnificence, où la helle latinité du langage le dispute à la grandeur des pensées et à l'élévation du sentiment, autant qu'à la pureté et à l'ampleur de la doctrine , et auprès desquelles pâlissent toutes les louanges que nous mesurons à la Mère de Dieu. Nous voudrions citer, mais le choix de telles richesses nous embarrasse :

Deus, qui dura opus illud fabricœ raundiali?, quod sola imperii jussione creaveras, perire non pateris; domum tibi in alvum Virginis fabricasti :

et ne pcriret gens à te plasniata.revelaslisseculis inaudifa mystcria : ut, quem cœlorum excelsa non capiunt , parvus puellulœ alvus includerct : precamur supplices; ut de quibus et pro quibus suscepisti membra mortalia, iatercedente Beata Maria Génitrice tua, capere

0 Dieu ! qui après avoir créé par un seul décret de votre commandement tout cet universel ouvrage qui compose le monde, n'avez pas soufTert qu'il pérît ; qui vous êtes édilié à vous Uiêrae une demeure dans le sein d'une Vierge : et pour que la race liumaine, que vos mains ont formée, ne pérît pas, qui avez révélé aux siècles des mystères inouïs : à savoir, que Celui que les hauteurs des cicux ne peuvent contenir s'enfermerait dans l'iiumble sein d'une pauvre fille : nous vous prions, à genoux, que ceux de qui et pour qui vous avez pris des membres mortels ob'iennent,

FÊTE DE l'aSSOMPTION. 353

facias, devicta sseculi ambi- par l'intercession de la Bien-

tione , victoriam , mundi !

Salvator

Deus universalis iriacliiiro propagator, qui iu sanctis spiritaliter, inmatre Ycro Virgine etiam corporalilcr babitasti :

quae dilata tuœ pleiiitudinis ubertate , maDsuetudii.e florens, caritate vigens, pace gaudens, pietateprsecellens.abAngelo gratia plena, ab Elisabeth benedicta, a gentibus merito prœdicat'ir beata : cujus nolis Odes mysterium, partus gaudium, vita provcctum, discessus attulitboc festivum : precamur supplices : ut pacem quaî in Assumptione Matris tuuc praebuisti discipulis, solemni nuper largiaris in cunctis, Salvator mundi !

heureuse Marie votre mère, que, foulant aux pieds l'ambition du siècle, vous les en rendiez victorieux, Sauveur du Monde!

0 Dieu, qui avez déployé ce vaste univers, qui avez habité dans vos Saints spirituellement, mais qui, en outre, avez habité corporellement dans la Vierge votre Mi're : elle qui, comblée de l'abondance de votre plénitude, florissante de douceur, forte de charité, rayonnante de paix, incomparable en piété, a si justement été préconisée par l'Ange pleine de grâce ; par Elisabeth, bénie ; et par les nations, bienheureuse : dont la foi nous a valu le mystère de salut ; Tenfanteraent, la joie; la vie, l'édification ; et le départ, ce jour de fêle : nous vous supplions, à genoux, que la paix que dans l'Assomption de YotreMore vous avez fait ressentir à vos Disciples soit départie largement à tous les fidèles en cette solennité, Sauveur du monde !

Enfin, comment ne pas citer celte Préface incomparable, que les deu\ Gaules, franque et golhe, redisaient unanimement dans ce grand jour ', Préface qui est tout

• Voir Miiralori , Missale golhicum , p. 547 , et SacrameiUarium qaUicamim, p. 811, au tome second de la Liiitr/jia romana.

un corps de doctrine sur la Très-Sainte Vierge, et qui en même temps, par le mouvement lyrique qui y respire, est comme un char triomphal de louange sur lequel la Vierge auguste est portée dans le Ciel ?

Dignum et justum est, omnipotens Deus, nos tibi magnas merito gratias agere tempore celeberrimo, die prse caeteris honorando, quo Virgo Dei Genitrix de mundo migravit ad Christnm. Quse nec de corruptione suscepit contagium; nec resolutionem pertulit in sepulchro, pollutionelibera, germine gloriosa, Assumptione secura, Paradisi dote prselata.nesciens damna de coitu, sumens vota de fructu, non subdita dolori perpartura,nonlabori pertransitum. Speciosus thalamus, do quo digau? prodit Sponsus, lux gentium, spes fidelium, praedo dsemonum , coiifusio Judseorum ; vasculum vitse; (abernaculura gloriœ, templum cœleste : cujus juvenculœ melius preedicantur mérita, cumvete-

II est digne et juste, ô Dieu Tout-Puissant ! que nous vous rendions assurément de grandes grâces en ce temps solennel, en ce jour mémorable entre tous où la Vierge Mère de Dieu s'en est allée de ce monde au Christ. Elle que n'a pas gagnée la contagion de la corruption, et que n'a pas atteinte la décomposition du sépulcre; affranchie de la souillure, glorieuse par sa semence, en assurance dans son Assomption, gratifiée de la dot du Paradis, pure du contact de l'homme, recevant des hommages pour son fruit, soustraite à la douleur de l'enfantement, et à l'angoisse du dernier passage :

magnifique couche d'où s'avance le glorieux Époux, lumière des nations, espoir des fidèles, spoliatrice des démons, confusion des Juifs, vase de la vie, tabernacle de la gloire, temple céleste : dont les mérites réhabilitent les jeunes vierges, quand on les met en regard des exemples de l'an-

FÊTE DE L'aSSOMPTION.

ris Ev» conferuntur exempla.

Si quidem is(a mundo vitam protulit, illa legera mortis inveiit. Illa praevaricaudo nos perdidit; ista generando salvarit. Illa nos porno arboris in ipsa radice percussit; ex hujus virga flos exiit qui nos odore reficeretj fruge curaret. Illa maledictionem in dolore général; ista benedictionem in sainte confirmât. Illius perfidia -erpenti consensit, conjugem decepit, prolem damna vit; hujus obedientia Pairem conciliavit, Filium meruit, posteritatem absolTit.IUa amaritudinem pomi succo propinat; istaperennemdulcedinem Nati fonte desudat. Illa acerbo gustu natorum dentés deterruit; haec suavissimi panis blandimenti cibo forraavit : oui uuUus dépérit, nisi qui dé hoc pane saturare fauce faslidit. Sed jam veteres gemitus in "gaudia nova vertaraus. Ad te ergo rcTertimur, Virgo fêta, Mater intacta, nesciens virum, puerpera, hono-

cienneÈTC Si, en effet, celleci a fait entrer dans le monde la loi de mort, celle-là lui a apporté la vie. L'une, par sa prévarication , nous a perdus; l'autre, par son enfantement, nous a sauvés. Celle-là, par le fruit de l'arbre nous a frappés à la racine; delà tige de celleci est sortie la fleur qui devait nous ranimer de son parfum, nous restaurer de son fruit.

Celle-là engendre la malédiction dans la douleur; celle-ci assure la bénédictiou dans le salut. Celle-là adhère à la perfidie du serpent, séduit son époux, damne sa race; l'obéissance de celle-ci nous concilie le Père céleste, mérite le Fils, absout sa postérité. Celle-là nous fait passer la coupe d'amertume avec le suc du fruit défendu; celle-ci nous distille l'éternelle suavité de la fontaine de son Fils. Celle-là, par l'àpreté du goût qu'elle leur communique, carie les dents de ses fils; celle-ci les leur forme par la délectable nourriture de ce pain suave qui fait que nul ne périt, si ce n'est celui que le dégoût prive de s'en nourrir. Mais il est temps que les lamentations antiques fassent place aux joies nouvelles. Revenons donc à vous. Vierge

rata per Filium non polluta. féconde, Mère intacte, qui n'a

Félix, per quara nobis inspirata gaudia successeruiit. Cujus sicut gratulati sumus orlu, tripndiavimus parla; ita glorificanuir in transitum. Pariim fortasse fneral si te Christns solo sanctificasset introitn ; nisi etiam talem Matrem adornasset cgressu. Recte ab ipso suscepta es in Âssumptione féliciter, quem pie suscepisticonceptura per fidera : ni qnae terrée non eras conscia, nonteneret rupes incUisa. Vere diversis infulis anima redimita : oui Apostoli sacrum reddunt obsequium, Angeli cantum, Christus amplexum, nubes vehiculum, Assumplio Paradisum, inter choros Virginum gloria principatum. Per Cliristura Dominum Nostrum, cui Angeli atque Archangeli non cessant clamare dicenles: Sanctus, etc..

vez pas connu d'iiomme, jeune mère honorée et non souillée par votre Fruit. 0 vous Bienheureuse par qui les joies d'en haut sont venues jusqu'à nous, dont, après avoir fêté la naissance, célébré l'enfantement, nous glorifions le dernier passage. C'eut été peu sans doute que le Christ eût sanctifié seulement votre entrée, si, pour une telle Mère, il n'eût embelli aussi le départ. C'est justement que vous a reçue, à votre Assomption, dans la béatitude.

Celui que vous avez pieusement reçu, à votre Conception , par la foi : pour que vous, qui n'aviez pas eu conscience de la terre, ne fussiez pas tenue prisonnière dans son sein. 0 âme vraiment rédimée, à qui les Apôtres décernent un soin pieux , les Anges leurs chants, le Christ ses embrassements , les nues un char de triomphe, l'Assomption les gloires du Paradis , parmi les chœurs des Vierges où vous prenez le premier rang! Par le Christ Notre-Seigneur, à qui les Anges et les Archanges ne cessent de crier : Saint, t-^aiiit.

Saint, etc.

Comme la dévotion de nos jours, qu'on taxe si légèrement d'innovation et d'indiscrétion dans le culte de la Sainte Vierge, parait dégénérée auprès de cet antique enthousiasme des nations nouvellement conquises à la foi ! Quel culte que celui qui s'exprime en un tel chant, par la bouche d'un successeur des Apôtres, aux frémissements de la foi de tout un peuple suspendu à sa voix !

Mais il faut nous arracher à ces beautés pour passer à d'autres.

La fête de la Nativité de la Sainte Vierge, au 8 septembre, vient préparer les âmes chrétiennes au renouvellement de l'Année liturgique close par la fête de l'Assomption. Comme l'Assomption est dans l'orbite de l'Ascension, la Nativité de Marie est dans celle du temps de Noël. A une égale dislance de l'une et de l'autre de ces deux fêles de Notre-Seigneur, elle fait transition entre la fin et le retour de nos solennités. Elle est le crépuscule du matin, comme lAssomption est le crépuscule du soir. Seulement l'Assomption se ressent de l'éclat et de l'ardeur du jour, et la Nativité de la fraîcheur et des ombres de la nuit. Mais dans l'une et l'autre de ces fêtes de la Sainte Vierge, ouvrant et fermant les portes de l'Année liturgique, c'est toujours Jésus-Christ, Soleil de gloire, que nous honorons, dans ses derniers ou dans ses premiers rayons.

L'Église ne fêle que trois Nativités proprement dites (le jour natal des Saints étant le jour de leur mort) : ce sont la Nativité de Marie, la Nativité de Saint Jean-Bap-

liste et la grande Nativité de Jésus-Christ. Celle-ci est l'objet de la solennité des deux autres, de celle de Marie, aurore de Jésus-Christ, et de celle de Jean-Baptiste, son Précurseur. Mais la Nativité de Marie comprend en un sens les deux autres ; car c'est conçu et porté par elle que Jésus-Christ a été éveiller son Précurseur dans sa couche maternelle, comme c'est par elle et d'elle que Luimême s'est levé sur le monde. L'argument que la Liturgie prête à la Doctrine dans cette fête est considérable. Il en résulte, en effet, et les termes de la Liturgie viennent le confirmer, que Marie doit être honorée à cause de Jésus-Christ d'un honneur personnel et distinct. Dans les fêtes de la Purification et de l'Annonciation, cela paraissait déjà ; car bien que la Purification de Marie se lie étroitement à la Présentation de Notre-Seigneur, et l'Annonciation à l'Incarnation, cependant elles ne s'y absorbent pas ; Marie est honorée distinctement de Jésus- Christ dans ces deux mystères, quoique en commun avec lui : et il le faut bien, pour l'honneur même de Jésus- Christ'; sans quoi il ne serait pas honoré dans sa Mère si celle-ci ne l'était pas distinctement. Toutefois, dans ces deux fêtes, on peut dire qu'on suit l'Évangile, qui le premier honore Marie, par l'Ange dans l'Annonciation, par Siméon dans la Purification, et qui nous invite à l'honorer. Il n'en a pas été tout à fait de même dans la fête de ^Assomption : c'est en dehors de l'Évangile, historiquement parlant, qu'est pris le culte distinct que nous rendons à Marie en ce jour. Toutefois, là encore, ce culte a un fondement dans la gloire que Dieu lui-même a décernée à Marie en l'élevant au ciel. Mais dans la simple naissance de Marie il n'y a rien en soi qu'un fait naturel et obscur, dont l'Évangile ni la tradition ne di-

-ent rien. De sorte que lorsque l'Église entoure cet évéuement du plus grand éclat, lorsqu'elle l'élève à la hauteur d'un Mystère, elle professe au plus haut degré que, pour avoir donné le jour au Sauveur du monde, il n'est rien dans Marie qui ne doive être célébré. C'est ce que l'hérésie a méconnu en supprimant cette fête ', d'où elle a été entraînée à supprimer celle de l'Assomption ■^, puis toutes les fêtes de la Sainte Vierge et des Saints^. Comme si ce n'était pas supprimer l'honneur du chef que de supprimer l'honneur des membres !

Par un esprit contraire, c'est-à-dire éminemment chrétien, l'Eglise, dans la fête de la Nativité de Marie, salue l'aurore de Jésus-Christ , et , selon la belle expression de Bossuet, un Jésus-Christ comyriencé. Elle inaugure aussi, par conséquent, l'origine de toute sa Liturgie, conmie le faisait remarquer, il y a neuf siècles, saint Damien, en interprétant ainsi l'esprit de l'Église : a C'est it à juste titre que lUnivers entier tressaille en ce jour a de joies sans bornes, et que dans toute son étendue la « sainte Église célèbre la Mère naissante de son Épou\. « Livrons-nous à la joie, et que tout notre être s'extasie « d'aise dans le Seigneur, en ce jour principalement où, a solenuisant la Mère de notre Rédempteur, nous celé- « binons forigiiie de toutes nos autres solennités I a Comme nous avons coutume de nous réjouir en la a Nativité du Christ, réjouissons-nous en la Nativité de tt la Mère du Christ. Aujourd'hui, en effet, est née la

• Pervelim hoc festum omilti , quum tiuilo Scripturx tesiimonio nitatar, — Lcther.

• Assomptionis et NativitatU Mariœ jesta plané rejicimut. — Lc-

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