‹ La Vierge Marie et le plan divinChapitre 34 sur 43 · THER · texte numérisé non relu

THER

• Fesia sanctontm in unicersum aboUanlur, — Lotbek»

360 LIVRE II, CUAPIÏRE V.

« Reine du monde , la Fenêtre du ciel, la Porte du Pa- « radis, le Tabernacle de Dieu^, l'Étoile de la mer, « rÉchelle céleste par laquelle le Roi d'en liant s'humi- « liant est descendu aux régions inférieures, et l'homme « gisant renversé, étant relevé, est remonté aux supé- « rieures'. »

Tel est le grand caractère qu'avait, aux temps anciens, cette fête de Marie aujourd'hui si déchue. Son institu"tion remontait plus haut encore, puisque nous en trouvons l'Office dans le Sacrementaire Grégorien, et même dans celui de saint Gélase au vi des Ries de septembre, même date qu'aujourd'hui. Dans une oraison pour ce jour, la Liturgie Mozarabe célébrant « Celle qui seule a « mérité de porter Dieu, après le ciel, » quœ sola meruit ferre Deiim post cœlum^ fait celte observation aussi solide que glorieuse pour Marie :

La Bienheureuse Mère de Nôtre-Seigneur et toujours Vierge Marie était fêtée bien avant sa naissance même, par les oracles qui l'annonçaient et les prodiges qui la désignaient. Cette naissance divinement préordonnée en vue du Sauveur qu'elle devait enfanter, comme elle était célébrée dans le ciel, n'a jamais cessé d'être préconisée sur terre. Et pour procéder par ordre et en même temps se borner à un seul de ces oracles célèbres, l'tltcrnel dit à l'antique ennemi de Dieu, au serpent : Je meltî-ai des inimUiés entre toi et la femme, entre ta semence et sa semence, cl cest elle qui te brisera la tête.

Cet oracle et tous ceux qui n'ont cessé de fêter par anticipation la naissance de Marie s'élaient fait jour

i Petr. D^mian!; sermo 2 et 3 /); Nativitatem Marix.

dans le monde païen, où le retour de la félicité perdue était rattaché à la naissance d'une Yierge, comme le témoignent ce vers do Virgile et toute l'églogue d'où il est pris :

Jam redit et Virgo, redeuiit Saturnia régna.

C'est ce retour de la Yierge, ramenant le Règne de Dieu sur la terre, que nous fêtons aujourd'hui comme l'ont fêté les âges anciens.

Le Romain et le Parisien rivalisent de louanges, de poésie et de grâce auprès du sacré berceau. Plus empressé, le Romain Taborde directement, et s'adressant ouvertement à Marie, il la salue Mère dans sa naissance, il la glorifie enfant dans son Fils :

Salve, sancta Parons, Enixa puerpera Regem :

Qui coelurn terraraquc régit In scecula saeculorum ' .

Salut, Mère Sainte, jeuue Mûre qui enfantez le Roi auquel le ciel et la terre sont soumis au siècle des siècles.

Nativitatem Virgiuis Marise celebrenius :

Cbristum ejus Filium Adoremus Domiuura*.

Célébrons la Nativité de Marie : adorons le Christ son Fils, Notre-Seigneur.

Hodie Nata est Beata Virgo Maria ex progenie David : per quain salus mundi credenlibus apparuit, cujiis vita gloriosa lucem dédit saeculo.

Aujourd'hui est née la Bienheureuse Yierge Marie, de la race de David, par qui le salut du monde a apparu aux croyants, et dont la vie glorieuse a donné la lumière au monde.

• lûtroït de la Messe.

' Inviiatoires et Matines.

îl

Le Parisien^ retirant la parole à l'Église pour la donner à Santeuil, n' en loue cependant pas moins la naissance de Marie, en gro upant autour d'elle les oracles qui y font le plus allusion.

Orietur Stella ex Jacob et Une Étoile se lèvera de Jaconsurget de Israël. cob , une Tige se dressera

d'Israël.

Egredietur Virga de radiée La Tige sortira de la racine Jesse, et Flos de radiée ejus de Jessé, et une Fleur montera ascendet. par elle de cette racine.

Erit radix Jesse et qui ex- Ce sera le Rejeton de Jessé surget regere gentes : in eum qui s'élèvera pour régir les nagentes sperabunt. tions, et les nations espéreront

en Lui.

Le Romain applique hautement à Celle que toute l'Église appelle le Siège de la Sagesse ce que le livre des Proverbes dit si magnifiquement de la Sagesse ellemême, qui était avant toutes choses, et dont l'incarnation prédestinée en Marie contient nécessairement la prédestination de celle-ci.

Dieu m'a possédée à l'entrée de ses voies, avant qu'il ftt aucune chose et au commencement. J'ai été préordonnée de toute éternité et dès avant que la terre fût. Les abîmes n'étaient pas encore et déjà j'étais conçue, eto, etc.

Et toute la suite, d'un luxe d'images si magnifique, où toutes les merveilles de la création et de la nature sont

devancées et dominées dans le Plan divin par la grande Merveille de la Rédemption et de la Grâce : Jésus-Christ Fils de Marie; de Marie, dès lors préconçue et prédestinée en même temps que Jésus-Christ.

Le Parisien supprimant comme indiscrète^ partout où l'Église l'emploie, cette manière de concevoir et d'exalter Marie, ne s'aperçoit pas qu'il la justifie au plus haut degré par ce passage des Psaumes dont il fait le Verset et le Répons des premières Vêpres de la Nativité de Marie, ainsi que l'Introït de la Messe.

t. Usque in aeternum prœ- f. Jusque dans l'éternité je

parabo semen tuum. préparerai ta semence.

b}. Et aedifîcabo in gênera- i^. Et j'édifierai de généra-

tionem sedem tuam. tion en génération ton siège.

Le Parisien ne s'est pas contenté de ce prophétique témoignage de la prédestination de Marie, il l'a commenté dans cette pieuse et belle Séquence que nous voudrions voir conservée, ainsi que plusieurs autres, si ce n'est comme Liturgique, du moins comme hymne à Dévotion, telle que VInviolata et VAve Verum.

Gaudii primordiom, Chantons en ce jour l'aurore

Et salutis nuntium de notre joie, le présage de

Diem nostrae canimus. notre salut.

Quae dathora Virginem, Cette heure qui nons donne

Spondet Deum Hominem : la Vierge nous promet le Dieu-

Page 1