HONNEUR DU A LA CRÉATURE. S
satisfaction complète à ce besoin ; c'est le grand principe chrétien àe l'union.
L'union implique nécessairement la distinction des termes dont elle est le rapport. Le Christianisme, par l'union de Dieu avec son ouvrage, proclamait donc leur distinction. Et, par cette même union, Dieu élevait son ouvrage à un honneur prodigieux, à la participation de sa divinité : honneur sans péril de confusion avec lui, puisqu'il reposait sur un principe d'union, c'est-à-dire, comme nous l'avons dit, de distinction.
Et cette distinction de Dieu et de la créature est dans la même proportion que l'union de celle-ci à sa divinité ; et cela par la très-simple raison que celte distinction et cette union s'opèrent par le même moyen.
Ce moyen est Jésus-Christ : Jésus-Christ, en qui subsiste la distinction et par qui s'opère l'union de l'humanité et de la Divinité.
Par Jésus-Christ, eu effet, l'humanité, le monde, tous les mondes, la création tout entière sont convaincus de n'être que pur néant devant Dieu, sans proportion avec sa Majesté infinie; puisqu'il proclame, par son abaissement et par son sacrifice, que ce Dieu est si grand, que pour être pleinement honoré il fallait qu'il le fût par un autre Lui-même.
Et par le même Jésus-Christ, cet honneur étant rendu, et rendu pour nous puisqu'il est notre pontife, par nous puisqu'il est homme autant qu'il est Dieu, nous entrons avec Lui en participation de la gloire qu'il rend à son Père et de celle qu'il reçoit : de néant que nous étions devant Dieu par nature, de réprouvés même par le péché, nous devenons non pas serviteurs, mais amis, l'amiliei's, cohéritiers, enfants, dieux.
Dieux sans idolâtrie possible, puisque le titre même de notre participation à la Divinité porte le sceau de notre néant et de notre dépendance, la Croix de Jésus- Christ, à laquelle ce titre est attaché, et contre laquelle nous ne saurions jamais prescrire.
Sans presser encore ici les résultats de celte belle doctrine, reconnaissons donc, comme une vérité hors de controverse, qu'un principe religieux d'honneur a été apporté et déposé par le Christianisme dans l'humanité unie à Dieu par Jésus-Christ. Cet honneur religieux est commun à tous les hommes, mais plus particulièrement à tous les chrétiens dont la réunion forme l'Église. Il constitue une communion entre eux tous avec Jésus- Christ, Chef d'un corps dont ils sont les membres. Roi de gloire dont ils sont les cohéritiers et les compagnons. Cet honneur est solidaire, c'est l'honneur du corps. Tous sont donc intéressés à ce qu'il ne soit pas dénié, à ce qu'il soit fidèlement rendu. Et comme, bien que commun, il n'est pas égal entre les membres qui y participent, mais proportionnel au rapport de chacun d'eux avec le Chef, le coi-ps, le système tout entier est intéressé, nonseulement à ce qu'il soit rendu, mais à ce qu'il soit rendu dans cette juste et complète proportion. Ne pas rendre aux Saints, selon le degré de gloire où ils sont élevés par leur rapport avec Jésus-Christ, tout l'honneur qui leur est dû; ne pas rendre par conséquent à la Très-Sainte Vierge, Reine de tous les Saints, le comble de cet honneur, c'esrt y porter atteinte jusque dans le dernier des Mêles ; c'est troubler, c'est affecter le corps tout entier. n faut, ou nier le principe, c'est-à-dire le Christianisme, ou le suivre jusqu'à cette conséquence.