CONCLUSION
divine que Marie puise à sa source el qu'elle nous épanche du sein puissant de sa charité.
Celte vie de Marie dans l'Église, nous l'avons vu dans toute cette Exposition , n'est au surplus que sa vie évangélique gloritiée dans le ciel et universalisée sur la terre. C'est l'application à l'humanité de ce ministère de Marie préordonné dans le Plan divin et réalisé dans rÉvangile que nous avons étudié dans les deux: premiers traités de cet ouvrage. C'est l'épanouissement dans les membres de ce que Marie a été dans tous les mystères de notre salut par rapport au Chef. L'Incarnation, la Nativité, la Visitation, l'Epiphanie, la Vie, la Passion, la Mort , la Résurrection , l'Ascension du Fils de Dieu , la descente du Saint-Esprit et la formation de l'Église, tous ces grands Mystères comprennent Marie dans leur commémoration et leur application à l'humanité , telle qu'elle a été pour eux. dans leur événement évangélique. Le Christ ne recommence pas ces Mystères de notre salut pour chacun de nous, et cependant il ne nous sauve tous que par ces Mystères. D'où il faut conclure que ce qu'il fait pour tous les fidèles qui se succèdent dans l'Église, que cette vie divine qu'il leur communique , coule toujours des mêmes sources , des mêmes Mystères qui se sont accomplis une fois pour toujours, et par conséquent que ce que Marie a été -à ces Mystères, elle l'est à leur universelle et pei-pétuelle dispensation.
C'est ce que nous avons vu el admiré dans toute la sainte Liturgie. C'en est là l'esprit , et comme le magnifique système : la permanence de tous les mystères de Jésus-Christ , leur extension au monde jusqu'à la fin des temps , par leur commémoration sacramentelle. Celte doctrine toujours en mouvement dans l'Église , à travers les
âges, grandit Mai'ie et étend son Ministère en propî de celui de Jésus-Christ. Et cela doit être , puisque Marie n'a été la Mère de Dieu que pour la môme fin qui a porté Dieu à devenir son Fils, pour la fin universelle et perpétuelle du salut des hommes; fin qu'elle a connue, voulue; qu'elle a embrassée et accomplie si généreusement par le concours de sa foi, de sa charité, de son martyre, et qui la rend la Mère des hommes autant qu'elle est la Mère de Dieu , et plus encore , si j'ose ainsi dire, puisqu'elle n'a été la Mère de Dieu que pour être la Mère des hommes.
Ainsi est-il vrai que la vie de Marie dans l'Eglise n'est que le prolongement et l'épanouissement de sa vie évangéliquc dans sa fin.
Telle est la grande conclusion de cette Expositioîi liturgique.
Maintenant, comment s'est opéré ce passage, cette transformation de la vieévangélique de Marie; comment s'est faite, en ce qui la concerne, cette exlensionàl'Eglise et à l'humanité des divins Mystères où elle a pris part : comment en un mot s'est formé et déployé le culte de Marie dans le monde?
C'est ce que nous allons voir dans V Exposition historique.