CULTE DU A DIEU
venu votre serviteur et le /ils de votre servante ; et qui, rehaussant ainsi le culte de Dieu de la grandeur inflnie de son pontificat et de son immolation, y ramène et y assujettit toute créature.
« Nous ne sommes donc, nous chrétiens, autre chose « que les adorateurs du Roi suprême, sous notre Maître « le Christ ; c'est le sommaire de tout notre culte, le a terme et la fin de tous nos actes de religion '. »
L'Église a été si jalouse de réserver le culte religieux pour Dieu seul, que les mots qui semblaient devoir g\primerle plus ce culte : culteyreligion,piété^ adoration même, ont été écartés par elle comme profanés en quelque sorte par l'application qui en était déjà faite au culte des parents, des majestés humaines, de la patrie, et qu elle a créé un mot unique comme son objet pour le distinguer : c'est le mot latrie, lequel veut dire servitude, sujétion; le même mot qui dans celui àïào-làtrie caractérisait le culte divin, et qui, arraché aux idoles, devait être restitué au Dieu vivant.
Servitude, sujétion, c'est donc là ce qui constitue, dans son acte interne, le culte divin : et illi soli servies; c'est-à-dire un culte de dépendance nécessaire, exclusivement rendu à lÈtre Souverain pour Lui-même, comme au Principe de cette existence que nous lui soumettons.
Le mot adoration en lui-même et dans son usage ancien n'exprime point rigoureusement un tel culte. Il signifie proprement porter la main à la bouche, ad-os, et la baiser en signe de vénération, ce qui n'implique pas absolument l'idée de dépendance. Aussi voyons-nous, dans l'Écriture Sainte, l'adoration rendue par de saints
* .\rnobe.
personnages aux anges, aux princes, aux parents ; et dans le commandement divin : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul, il est remarqualjle que l'exclusiveté ne tombe que sur le mot servir et non sur celui adorer. Toutefois, dans son acception moderne et française, le mot adoration a pris la signification exclusive d'honneur divin.
Cette observation était nécessaire pour expliquer comment le mot adorer est appliqué, sans abus, dans beaucoup d'auteurs qui ont écrit en latin, à tout autre qu'à Dieu : à la Vierge et aux Saints. Du reste, loin de nous en prévaloir, nous considérons, non-seulement ce mot, mais ceux de religion, de culte, et en général tous ceux qui peuvent être pris dans un sens de dépendance religieuse, comme synonymes de latrie, et ne devant s'appliquer qu'à Dieu. A Dieu seul est dû le culte religieux.
A Dieu seul aussi sont élevés les temples où ce culte est professé. Les chrétiens ne connaissent pas de temple qui ne soit proprement et directement dressé et dédié à Dieu seul. Tous ceux, en effet, qui se trouvent sous le vocable de la Vierge et des Saints sont consacrés à Dieu sous leur invocation ; c'est-à-dire que c'est en union plus particulière avec la Très-Sainte Vierge ou avec tel Saint que le culte y est rendu à Dieu.
Ceci est incontestable. Qui dit un Temple, en effet, dit un Autel, et qui dit un Autel, dit un Sacrifice : or. Jamais, sous le soleil du Christianisme, il n'y a eu de sacrifice offert à autre qu'à Dieu. Il n'y a que Dieu qui ait des prêtres; il n'y a que Dieu qui ait des autels; il n'y a que Dieu qui ait des temples : parce que temples, autels, prêtres ne sont que pour le sacrifice, et que le sacrifice n'est que pour Dieu.