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On jette le raisin dans un égrappoir ; les hommes pétrissent le raisin, qui laisse sa grappe sur le dessus de la claie; le grain et le vin coulent dans les

Égrappoir à l'Hermitage (cuvier de M, le comte de Larnage).

larges cuves dont l’orifice est béant à la hauteur du plancher, et le corps se trouve à l'étage inférieur.

Quand la cuve est pleine, la fermentation s'établit. Deux fois par jour les

Foulage à l'Hermitage (euvier de M, le comte de Larnage).

vignerons descendent dans la cuve, les pieds et les jambes nus, et foulent le raisin pendant un mois et même jusqu’à quarante jours.

Puis, après ce temps, que le vigneron apprécie suivant la température et la qualité de la vendange, on retire le vin de la cuve et on le place dans des

tonneaux de deux hectolitres. Puis on pressure le marc après le tirage de la

cuve, et l’on répartit également le vin des premières presses dans les tonneaux. Pour le vin blanc produit par le cépage la roussane, on presse immédiatement après l’égrappage, et, comme pour tous les vins blancs, on met tout de suile le jus filtré en tonneau, où il accomplit sa fermentation. Les vins de l’Hermitage sont, disent les gens spéciaux, d'une solidité et

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Pressoir à l'Hermilage (cuvier de M. le comte de Larnage).

d’une longévité remarquables. Ils n’ont besoin, pour se conserver un nombre infini d'années, que d’être remplis et soutirés deux fois par an; encore se passeraient-ils à la rigueur de ces soins.

C’est à l'excellent cépage la petite syra que les vins doivent cet avantage inappréciable de supporter toutes Îles négligences, le froid, le chaud, le vide, sans pour ainsi dire en être altérés.

Outre la partie de l’'Hermitage, une des meilleures qui appartiennent à la famille de Larnage, il en est d’autres à peu près équivalentes, qui sont, entre autres, la propriété de M. Monnier de la Sizeranne et de la famille Bergier, dont le nom est bien connu des voyageurs, qui lisent, au passage du train, le nom de Cuvée Bergier, qui famboie sur le mur en lettres de trois mètres de hauteur.

Ces vins si recherchés seront-ils détruits, comme on le craint, par le phylloxera ? Espérons que l'on trouvera quelque jour un remède plus efficace que ceux préconisés jusqu'alors, et qui ont produit de si pauvres résultats.

Un habile médecin et propriétaire du pays, le docteur Tournaire, assure qu'il a trouvé un excellent moyen pour détruire le phylloxera, ou, du moins, pour aider à le faire disparaitre, c’est-à-dire l'éphylloxerage, une mesure qui correspond à celle de l'échenillage, et qui consiste à badigeonner la partie des ceps sur laquelle le phylloxera dépose ses œufs en se servant d’un large pinceau enduit d'une substance insecticide qui n’est autre que le lait de chaux pur ou additionné de suie de cheminée, de goudron de houille ou de toute autre substance empyreumatique.

Voici, du reste, la pétition qu’il adresse au plus bénévole ou au plus intelligent des ministres, parmi ceux qui se succéderont sur le fauteuil du ministère de l’agriculture : |

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