CONSEILS AUX BUVEURS
Mais le plus souvent il n’est plus temps alors de fermer les canaux, le mal est fait.
Un de nos amis, ami très-cher aussi de la dive bouteille, avait conquis peu à peu, grâce à de fréquentes dévotions au dieu Bacchus, un nez si éclatant et si enflammé, qu’il brillait dans l'obscurité comme une véritable escarboucle, si bien qu’un soir qu’il était en omnibus tout au bout de la voiture, le conducteur, trompé par cette lueur incandescente, après lui avoir fait quelques signaux sans résultat, lui cria avec un ton d’impatient reproche :
— Hé, là-bas, monsieur ! éteignez donc votre cigare!
Ce fut pour lui comme une sorte d’avertissement, que la goutte, du reste, vint compliquer. Ce nez incandescent fut soigné enfin comme il devait être ; mais il fallut quatre années d’eaux de toute sorte pour arriver à léteindre.
Parfois la flamme ne se borne pas au nez, elle gagne tout le reste, et la combustion instantanée du corps tout entier s'ensuit. Heureusement la chose est rare. Tout cela prouve que le mal, en cette vie, est trop souvent proche du bien.
Buveurs, méfiez-vous! !!
FC
La roue de Ja fortune en France.