‹ La vigneChapitre 40 sur 176 · INVITÉS · texte numérisé non relu

INVITÉS

— Îl est bien bon, n'est-ce pas, petite? C’est bien dommage qu'il soit défendu d'en manger.

— Aussi, madame, je n’en mange jamais... quand on me regarde,

riche pays, au milieu de tous les rêves réalisés de splendeur et de mise en scène.

Quel éblouissant coup d'œil que celui de toute cette armée joyeuse et bigarrée qui se répand cà et là dans la campagne, au milieu de la verdure persistante de la vigne, sous ce beau soleil !

De loin en loin, les bandes de vendangeurs piquent la verdure qui couvre le sol de notes rouges, blanches et dorées qui donnent un brio de plus au tableau qui $e déroule sous les yeux; des fusées de rires s'élèvent, des chansons joyeuses éclatent çà et là, et l’on voit de loin le va-et-vient des

paniers emplir les cuves posées sur les chars que traînent les bœufs à demi

cachés dans les vignes.

Parfois une victoria, traînée par des chevaux de sang, s’arrête près des

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vendangeurs ; les toilettes élégantes des jeunes femmes et des jeunes filles petillent et disparaissent au milieu des travailleurs, et des cavaliers, le bou-

quet à la boutonnière, galopent gaiement dans les allées latérales en recevant les saluts des vendangeurs.

C’est charmant.

Ab! par exemple, il est bon néanmoins de ne pas regarder de trop près le chœur des vendangeurs et des vendangeuses.

Çà et à se retrouve bien encore quelque joli type de femme, mais en revanche que d’horribles mégères ! Et quels hommes! Eh bien, malgré tout, cela fait bien dans le paysage, et, ajoutons-le, c’est honnête. Un des riches propriétaires me disait qu'il n’y avait à réprimer ni un crime, ni un acte

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