CE QUE C'EST QU'UN CRU BOURGEOIS
élégantes jeunes filles, aux séduisantes mamans et aux tantes qui ne leur cèdent en rien.
Nous avons déjà eu précédemment l’occasion de dire, à peu près avec Brillat- Savarin, ce mot qui a sa valeur :
Dis-moi ce que tu bois, et je te dirai ce que tu es.
En effet, nous sommes au milieu d’une fraction des plus gracieuses appartenant aux descendants du vieil Israël.
Une simple réflexion. Comment se fait-il que ces femmes, que ces jeunes filles ici soient si séduisantes, que ces bébés soient si charmants, avec des yeux si noirs et si profonds, des traits fins et délicats, des teints d’un blanc si doré , des cheveux d’un brun si vigoureux et si brillant, tandis que les descendants du même vieil Israël, vivant à Francfort et dans les contrées allemandes sont, à certaines exceptions près, doués de visages étranges et parfois grotesques, aux nez bizarres et monumentaux, aux larges lèvres lippues, aux yeux saillants et fantastiquement boursouflés, encadrés de sourcils et de cils qui semblent déteints, le tout couronné de cheveux jaunes?
Ici, ce qu’ils boivent est brillant, chaud, généreux; c’est le vin qui roule des paillettes de pourpre et d’or, le jus, vivant héritage précieux de leur père Noé, soleil condensé, fluide rayonnant qui contient les forces vives de la nature. C’est lui qui colore les yeux, les cheveux et l’épiderme, assouplit les contours, corrige les lignes en leur donnant la finesse et la délicatesse des formes.
Ce qu'ils boivent là-bas, c’est la bière, boisson lourde, épaisse, dont l'usage abolit la couleur des cheveux, de la barbe et des yeux, affadit le ton de lépiderme, empâte ses contours, gonfle les tissus et affaisse les lignes qui fléchissent et se boursouflent sous le poids.
Et cependant, malgré tout, ils conservent entre eux des caractères généraux de ressemblance, et si, victimes de leur régime, les uns perdent sensiblement la beauté plastique, ils n’en ont pas moins toujours, indépendamment de la forme, gardé les aptitudes merveilleuses de leur race, qui les guident sûrement là où se trouvent le succès, la fortune et l'avenir.
À preuve, cette présence des enfants d'Israël partout où ces trois éléments lindiquent, et là principalement en Médoc, coin de terre privilégié dans le
monde entier, que les nouvelles idées de facilité commerciale rendent si petit pour le nombre des consommateurs qui en réclament les produits. |
Les vieux châteaux habités jadis par les seigneurs ont passé successivement dans leurs mains. À leur tête on compte tous les Rothschild, les Pereire, les Dollfus, les Halphen, etc., etc., et Bordeaux est en grande partie peuplé de commerçants bruns ou blonds, venus du Nord ou du Midi, mais appartenant à la même souche.
C’est depuis qu'ils règnent à Bordeaux, m’assure-t-on, que les vins, presque consommés jadis sur place ou en Angleterre, qui avait conservé le souvenir de ses anciennes conquêtes, se sont mis à faire le tour du monde et à se ré-
pandre partout, grâce au mouvement que les fils d'Israël ont su leur imprimer. |
Cette parenthèse fermée, revenons au château. | L'accueil est charmant et cordial.
— Soyez le bienvenu, dit gracieusement la maîtresse de la maison, vous êtes ici chez vous. | Mon ami, dit-elle à son mari, les escouades sont prêtes, nous vendan-
Sn À 4 Ki NY X ü be / | ce w, 4 L vs ‘ D) . D j 'e : se À D À A NN
| geons demain. Les pluies dernières nous avaient fait craindre que les graines pourrissent, le beau soleil qui les a suivies a conjuré le dommage, maïs il est temps.
COSTUMES ET VISAGES
NE NN SX
NN