‹ La vigneChapitre 8 sur 176 · LA GAIETÉ ET L’IVRESSE · texte numérisé non relu

LA GAIETÉ ET L’IVRESSE

LE vin est l’ami de l’homme.

Cependant il en est de cette amitié comme de bien d'autres, il ne faut pas s’y fier complétement, ni avec excès.

L’excès en tout est un défaut, surtout en fait de vin.

Cet excès prend alors le nom d’ivrognerie.

Parmi les préceptes de l’école de Salerne, se trouve celui-ci :

Bonum est inebriari semel in üno mense.

Il est bon de s’enivrer une fois dans le mois. Les gens sages n’attachent point d'importance à ce précepte. Il est vrai de dire que certains autres se plaisent malheureusement à le dépasser. L’être soi-disant raisonnable ne doit pas chercher à perdre, si peu de temps que ce soit, la faculté qu’il appelle raison.

Après cela, les raisonneurs sont-ils vraiment ceux qui sont le plus doués de raison ?

Un sage disait que ceux qui raisonnent le plus sont ceux qui ont le moins de bonnes raisons à leur service.

Quoi qu’il en soit, il est toujours bon de conserver le peu de bonne raison que l’on a, et se garder de faire comme les anciens, qui disaient avec Épicure :

Il faut boire sans mesure (Aa réew dtpôro:).

L'homme sage devra donc bien étudier sa mesure personnelle et connaitre

la gradation et l'échelle du buveur :

On est bien.

On est gai.

On est lancé.

On est parti.

On est rond.

On est piqué. Dans les classes souffrantes, on dit : Je me suis piqué le nez dimanche, et j'ai mal aux cheveux lundi.

On est gris.

On est soùl, on a son jeune homme, on a son casque, on à son plumet,

On est pochard.

On est paf.

Les mesures varient suivant les individus.

U en est qu’un verre de vin égaye, et qui sont partis dès le second.

Il en est d’autres que l'absorption de plusieurs bouteilles ne parvient pas à émouvoir. Quelle que soit leur capacité en ce genre, les hommes prudents s'arrêtent loujours au moment où ils vont être lancés et ne sont point encore partis.

On connait l’histoire du maréchal de Bassompierre qui faisait verser dans sa botte douze bouteilles de bourgogne pour boire à la santé des douze cantons de la Suisse, et les buvait sans sourciller et sans que son calme subit la moindre atteinte.

Un ami de Brillat-Savarin, le général Besson, qui buvait chaque jour huit bouteilles de vin à son déjeuner, n’avait pas l'air d’y toucher; il avait un plus grand verre que les autres, et le vidait plus souvent, mais on eût dit qu’il n’y faisait pas attention, et, tout en humant ainsi seize litres de liquide, il n’était

— Eh ben! quand on se s'rait un peu trop rincé le goulot, oùs qu'est le mal?

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COSTUMES ET VISAGES

— Ces dames sont un peu parties. Quant à ces messieurs, ils sont arrivés.

Le ACTEURS ET ACTRICES. 8. COSTUMES ET VISAGES.

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