‹ La vigneChapitre 97 sur 176 · LA LÉGENDE DE SAINT NICOLAS DE BASSAC · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE SAINT NICOLAS DE BASSAC

que cela lui arrive; en compensation, il a été investi d’un précieux privilége, qu'il possède par exception, me dit-on, et dans cet unique endroit, depuis bien des siècles.

Suivant la légende accréditée dans le pays, saint Nicolas, protecteur des garçons, et sainte Catherine, protectrice des filles, auraient fait ensemble un pacte en faveur de leurs protégés.

Sainte Catherine, prenant en pitié la foule nombreuse des pauvres filles appelées trop souvent à se contenter de sa coiffure, aurait obtenu de son confrère saint Nicolas sa protection pour celles qui viendraient s’agenouiller devant lui, faire une fervente prière et gratter l'extrémité du pied gauche, qui sort des draperies de sa statue exposée dans l’église de Bassac.

Le saint, touché de cette preuve d’obéissance et de piété, se chargerait alors de trouver parmi ses protégés un mari pour les protégées de sainte Catherine, et de favoriser si bien l'union que, dans l'année même, il naîtrait un petit garçon.

Cette croyance existe depuis de bien longues années, et il n’est pas de jour qu'il ne soit venu, clandestinement ou non, de tous les recoins de l’Angoumois, de lAunis et de la Saintonge, quelque fille gratter ardemment le pied du bon saint Nicolas.

Quantité de mariages auraient été ainsi déterminés, grâce à la puissante intercession du saint, et, par suite, beaucoup de naissances aussi seraient survenues, quelques-unes même, dit la chronique, parfois un peu pré-

maturées.

La confiance en la vertu du saint n’a pas cessé d’exister, et l’affluence des filles aspirant à sa protection est toujours la même.

— Si bien, ajoutait le curé, que le pied gauche de notre saint Nicolas s’use régulièrement, grâce à la constante ferveur des fidèles solliciteuses, et que tous les trois ans, invariablement, je suis obligé de faire remettre un pied neuf !

— Allons, mon enfant, dit M. Curlier à l’une de ses nièces, une charmante petite blonde qui n’a guère que quinze ans, veux-tu gratter le pied de saint Nicolas?

— Moi, mon oncle, dit-elle, quand ce pied-là sera usé, et encore deux autres pieds, je verrai si je dois y venir.

; * * La Braize, de son côté, avait été ravie de l'hospitalité de M. Rainbaud, qui lui avait rafraichi les poumons et fait les jarrets solides. Elle allait comme le vent, pour nous ramener à Jarnac.

ds à 5

TA qi

NT

Page 1