‹ La Vigne dans le BordelaisChapitre 21 sur 73 · Maturation. — Rapide, régulière, uniforme · texte numérisé non relu

Maturation. — Rapide, régulière, uniforme

14. Accidents. — Peu sujet il la coulure. Hésistance facile à la chaleur et à la sécheresse qui néanmoins peuvent beaucoup durcir sa peau. Conservation facile et sans alté-

ation pendant plusieurs jours, et malgré la pluie, de son point de maturité.

15. Vin. — De couleur vive et brillante mais peu foncée, fin, délicat, moelleux, suave, bouquet très prononcé, promptement potable et de durée moyenne.

16. Particularités. — Ses boulons vinifères sont principalement ceux de la partie inférieure moyenne du sar-

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ment (1). Donne très peu de jets sur le vieux bois et d’abord toujours inféconds (2).

B, Le Malbeck. — Cépage des Côtes. — Ce cépage fait le fond des vignes dites des Côtes, tant par rapport à leur situation, que par rapport à la nature de la terre, presque toujours calcaro-argileuse ou argilo calcaire, sur laquelle elles sont établies.

Ses qualités précieuses font en outre qu’on le rencontre, en des proportions variables, mais souvent très importantes, dans tous les autres vignobles rouges du département, dans ceux des Graves notamment. ■ l” Histoire. Ici nous retrouvons encore les mêmes difficultés déjè signalées, la même absence de documents et de renseignements, à l’égard d’un cépage dont la valeur, dans le vignoble bordelais, a dû cependant être constatée il y a bien longtemps ; dès le temps peut-être où il s’étendit d’une manière générale, des plaines de la rive gauche de la Garonne, aux coteaux de la rive droite.

M. de Secondât, qui lui consacre deux articles principaux à cause des noms divers qui lui sont donnés et malgré l’idée qu’il exprime de son identité, dit, dans le premier, que cette espèce fait le fonds des bonnes vignes de Cahors. Serait-ce de Cahors qu’il serait venu?

Dans le second article, il rapporte l’honneur de sa prolagation, dans le Bordelais, à un M. Lukens, médecin de lordeaux, mort depuis trois ans (3) à l'âge de 90 ans. Il avait ÿanté, dit-il, beaucoup de vignes à Camblane.

■|) D'où la taille particulière du Médoc : deux bras, à 7 ou 8 boulons en iron; — Supprimant ceux du bas pour cause d'infériorité, ceux du ba>t pour pouvoir attacher le sarment ù la latte.

C) D'où encore la nécessité de songer à l'avance au remplacement du sarient en production, en réservant un bouton adventice, en disposant unepousse sur le vieux bois, nommée tiret par les praticiens.

(3Ver8 1782, puisque l'ouvragedeM. de Secondât fut imprimé enl785.

EnQn, il ajoute : M. Malbeck en avait planté beaucoup en Médoc.

Voici encore un document sur ce cépage qui peut offrir de l’intérêt, bien qu’il ne soit pas de nature, il faut le reconnaître, à dissiper les incertitudes de son origine. Le 13 décembre 1849, M. Pery, l’un des hommes qui s’était e plus attachés à la conservation des traditions bordelaises, nous écrivait ce qui suit. « M"‘ G... ma fille, fit l’acquisition d’une maison de campagne dans la commune de Sainte-Eulalie-d’Embarès. J’appris que cette propriété avait appartenu autrefois à la famille Malbeck, qui avait eu parmi ses enfants plusieurs avocats. L’un de ses ancêtres apporta dans le pays un cépage nouveau auquel on donna le nom de Malbeck, qu’il a conservé dans cette commune et dans quelques-unes environnantes. Sans doute que transporté dans plusieurs paroisses delà Guienne,ilareçu une dénomination différente qui n’est due peut-être qu’à ceux qui eu faisaient l’apport dans leur commune »

Enfin, sur ce mêmecépage, signalons encore ce passage du catalogue raisonné fourni à l’intendant de la province de Guienne, en 1784, par la subdélégation de Pauillac. «Il (le Malbeck) se multiplie beaucoup dans les nouvelles complantations des terres fortes, etc...»

Maintenant, si nous le considérons d’une manière pim générale, par rapport aux contrées où il aurait existé socs d’autres noms, et par rapport à celles auxquelles dois l’aurions emprunté, voici encore quelques données qie nous pourrons ajouter à son histoire, sans la rendre pair cela ni plus claire, ni plus complète.

On a déjà vu que M. de Secondât parle du Malbeck conme d’un cépage originaire des environs de Cahdrs, du Que ey, Or, dans cette localité, ce cépage porterait le lom d’/l«j:rrrots et s’il ne l’a pas conservé en pénétrant dais le

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BordelAis, c’est qu’on a préféré sans doute, conformément à l’usage agricole et à l’observation ci-dessus, lui donner le nom ou les noms de ses introducteurs et propagateurs : Halbeck, Lukens, Pressac, etc... Cependant il faut faire attention aussi que, dans quelques parties du département de la Gironde, on le nomme Queroy et dans d’autres Ca/iors, désignations qui accuseraient nettement son origine; on le nomme aussi Estrangey (étranger) , autre preuve non moins claire qu’il n’était pas du pays.

Ce même cépage du reste ne se serait pas arrêté parmi nous. Des rives du Lot et de la Garonne, il aurait gagné celles de la Loire et du Cher, pour y former ce que M. le comte Odart désigne sous le nom de famille des côts; ou simplement pour ajouter à cette famille, déjà ancienne dans la localité, une nouvelle branche, plus forte, plus vigoureuse et moins sujette à la coulure (1).

EnQn plus loin encore, sur les bords du Bbin, le même cépage se montre sous le nom d’ Agreste et les viticulteurs de la localité n’hésitent pas à déclarer qu’il y est venu de l’intérieur de la France, de la Touraine, du Bordelais, du Quercy (2).

2* VariéUs et synonimie. — Le Malbeck a trop d’importance, sa culture est trop ancienne, pour que déjà et depuis longtemps, il n’ait pas oHeri quelques variétés plus ou moins bien constatées et sans doute aussi de nombreuses variations. '

A défaut d’autorités plus- anciennes, nous pouvons encore ici nous appuyer sur celle de H. de Secondât. Nous pouvons considérer comme des variétés, ou des variations du Malbeck, type d’abord décrit par lui sous les noms de

fl) Ampéhgraphie universelle, cdit.,p. 123. (2) Stoltz : Ajn/pilagrapMe rhénane, p. i 9&

Pied rouge. Côte rouge, Boucharès, Etranger, Gourdoux ; puis sous ceux de Malbeck et do Lulkens, tous les autres cépages auxquels, immédiatement après, il consacre encore six articles descriptifs pluà ou moins longs. Ainsi il parle :

Du Petit Boucharès, ou Etranger, qu’il dit ressembler beaucoup au Pied rouge par sa feuille, etc...

Du Cruchinet, ou Doux-Same, dont il explique ainsi les deux noms : Cruchinet, deux mots gascons : Cruchis débat la dent (il craque sous la dent). Doux-Same, espèce douce de raisin. 11 ajoute ces mots, bien propres à nous fixer sur l’identité du cépage : « Sur les coteaux des environs de Tours, il y a des vignes plantées de ce raisin, et le vin en est très-délicat ; Ce raisin y est appelé Co. »

Du Balottzat ou Mourane. Le premier de ces noms est encore appliqué au Malbeck, dans l’Entre-deux-Mers et dans le Gubzagais.

M. le comte Odart, assure que, pour son compte, il a pu constater quatre variétés bien précises du Malbeck. M. d’Harmeilhacq ajoute que ses observations l’ont conduit au môme résultat (1).

D’autres viticulteurs, dans la Gironde, se contentent de porter à deux seulement ces variétés et de les distinguer par la couleur ou simple teinte des pédicules; donnant la préférence à celle dont les pédicules sont rouges, sur celle dont les pédicules sont blancs plus ou moins foncés.

Enfin il en est encore qui admettent ce qu’ils appellent l’Etranger gros, qui serait le même que le Prunegral du Lot; cl ce qu'ils appellent l’£tro»ÿer petit, qui serait encore le môme que le Pied de perdrix du Lot.

Dans la Gironde, le Malbeck que l’on rencontre presque

H) La culture des vignes, etc.,, dans le Médoc, p. 47.

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dans tous les vignobles, y est aussi connu sous un grand nombre de noms. A S. Emillion, on l’appelle Noir de P ressac, du nom dil-on du propriétaire qui l’y multiplia. Selon d’autres localités, les noms de Gros voir, de Houssin, de Hourcat, de Prolongeau, de Moussac, de Romieu,deSoumansigne, de Cahors, de Querci, de Guillan, de Teinturier, do Piedrouge, de Mosa, de Moustère, de Gourdoux, de Négredou, de Pied doux, de Nègre Précliac, d’Etaulien, etc... etc... lui sont encore donnés.

A Clairac, dans le Lot-et-Garonne, on le nomme Plant rouge (1) et le dictionnaire de l’abbé Rozier parle encore des dénominations de Bourguignon noir, Plant-de-roi, Damas, Grosse serine, Boucarès, etc... (î).

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