‹ La Vigne dans le BordelaisChapitre 37 sur 73 · TRAVAUX DURA.NT LA VÉGÉTATION PASSIVE DK LA VIGNE · texte numérisé non relu

TRAVAUX DURA.NT LA VÉGÉTATION PASSIVE DK LA VIGNE

La Végétation est la vie de la plante; pour elle végéter c’est vivre.

Or la vie, chez les êtres qui en sont doués , commence

et finit, mais elle ne s’interrompt pas dans sa durée, mais elle ne cesse pas pour reprendre ensuite.

Cependant, pour les plantes vivaces, pour les plantes ligneuses, on croirait qu’il en est ainsi chaque année durant l’hiver. On croirait que ces plantes meurent à la fin de l’automne pour renaître au printemps.

Quand elles ont perdu leurs feuilles , quand elles n’offrent plus que du bois, que l’on croirait desséché et que l’action des météores a noirci, on dirait que la vie les a abandonnées, que momentanément elles sont mortes.

Il n’en est pas ainsi , la vie est moins active, moins apparente, moins extérieure, mi^s elle est tout aussi réelle. Dans l’intérieur du végétal, il se passe^des phénomènes qui l’entretiennent; dans l’intérieur de la terre notamment, les racines continuent à s’étendre, à se développer.

Ainsi c’est encore de la vie, mais par rapport à celle du printemps et des autres saisons chaudes où elle est apparente et active , c’est une vie latente , une végétation

passive.

.\RT. I. — OPÉII.VTIOSS DE LA CLLTDRE BASÉES SUR LA NÉCESSITÉ DE NETTOYER LE CBP DE VIGNE ; LE NETTOTACK.

On sait comment croit la vigne : son port n’a rien do régulier, rien de gracieux, et l’on voit bien qu’il s’agit là d’une plante qui ramperait sur la terre, si la nature ou l’industrie de l’homme ne lui assuraient des soutiens étrangers. On sait également, et nous l’avons fait remarquer déjà, que la couche la plus extérieure de l’écorce de la vigne, l’épiderme, dont le renouvellement est annuel, se détache, non par plaques transversales comme dans le platane, mais par lanières longitudinales et successivement. Enfin il est facile de constater qu’une des consé-

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quences de la taille à laquelle est soumis cet arbuste, c’est de lui procurer ces nœuds, ces renflements, ces chicots, ces excavations qui donnent souvent aux troncs de vignes un aspect tout à fait bizarre.

Or, toutes ces circonstances sont on ne peut plus favorables à la fixation et au développement, sur les troncs de vignes, des lichens des mousses, des champignons dont nous fixerons plus tard la nature; elles sont très-propres aussi à les rendre le repaire d’une foule d’insectes qui trouvent là un refuge pour eux-mémes, un abri pour leurs œufs et leurs larves.

A cet égard, il en est des vignes comme des arbres fruitiers : plus elles languissent par une cause quelconque, plus on les néglige et plus ces résultats deviennent communs.

On remarquera aussi et par une cause bien facile à comprendre, que les plantes cryptogamiques se fixeront toujours davantage du côté de l’Ouest, du côté de la pluie qui les favorise, tandis au contraire que les insectes alfectionneront particulièrement le côté opposé (1).

Tous ces caractères se retrouvent bien dans la vigne sauvage, mais à un degré d’intensité beaucoup moindre. D’abord celle-ci est généralement plus abritée dans les baies où elle croit ordinairement; puis ensuite elle croit moins rapidement, et l’épiderme de son écorce n’est pas aussitôt forcé de se rompra et de se détacher ; enfin elle n’est point taillée.

(I) Oa sait mémo que le premier de ces indices peut aider à s’orienter, dans un pays inconnu, pourvu que l’on sacbe d'avance quel est le vent qui y amène habilnellement la pluie. En examinant les arbres, on est sûr de les trouver particulièrement couverts de mousses et de lichens du côté exposé à ce vent. Ainsi, dans nos contrées, du côté de l’ouest. Souvent cet indice peut être précieux dans nos y astis piijiiadas.

De temps en temps, selon que la vigne paraît le réclamer, ou que le vigneron juge convenable de porter sa sollicitude sur ce point, assez généralement négligé, il faut le reconnaître, des ouvriers peuvent être avantageusement employés à nettoyer les ceps ; à les débarrasser des lambeaux d’écorce desséchés qui y sont restés adhérents, à détacher les lichens et les mousses qui s’y sont fixés principalement du côté de l'Ouest, à faire tomber les repaires d’insectes qui s’y sont fait un abri.

Le meilleur moyen à employer dans ce but c’est, comme le dit l’abbé Rozier, d’avoir des brosses à poils courts et rudes, ou des torchons de paille, et d’en frotter, après qu’il a plu, les branches, les troncs qui en ont besoin ;

' alors ces mousses et lichens ramollis, cèdent facilement et l’arbre reste net.

Ce soin se trouvait compris au nombre des recommandations que nous ont laissées les anciens, sur la culture de la vigne : recommandations que nous aurons occasion de citer et qui prouvent, de leur part, une sollicitude digne d’être imitée et des connaissances pratiques dignes aussi d’être prises en sérieuse considération, u II faut encore éplucher le corps de la vigne, en arracher l’écorce sèche et gercée qui pendra du haut du tronc, parce que la vigne délivrée de ces sortes d’immondices ne s’en porte

que mieux 11 faut aussi écarter et ratisser avec le fer

la mousse qui tient le pied de la vigne resserré comme entre des entraves, et qui la maigrit par sa saleté et par la léthargie dans laquelle elle la plonge (t).

(1) CoLDUEiLE : Liv. IV, ch. xxiv.

L’auteur, il est vrai, atjoute encore que le vin fourni par une vigne, objet do la pratique qu'il recommande, est moins sujet à la lie. Nous ne comprenons guère un genre d'influence aussi spécial et aussi précis, et nous croyons qu'il y a ici une de ces singularités, nn de ces préjugés

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Une observation de quelque valeur, en ces sortes de cas et en certains lieux, c’est de ne se livrer à ce genre de nettoyage qu’après le temps où pourraient surgir de fortes gelées. Sous ce rapport, il pourrait en être de la vigne comme de la brebis, que l’on ne dépouille de sa toison que lorsque les froids ne sont plus à craindre et, d’un autre côté, l’on pourrait aussi voir, dans cette espèce de feutrage dont se couvrirait la vigne, à l’exposition du nord et de l’ouest, un vêtement qu’elle devrait à la prévoyance de ce Dieu sans cesse occupé de tous les détails de la création.

Aux petits des oiseaux il donne la pdture,

Et sa bonté s'étend sur tonte la nature.

Art. II. — OPÉRATIONS de la culture basées

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