VIII. — ANIMAUX
Dans le cours de cette étude, nous avons indiqué quelques sculptures d'animaux, motifs d'ornementation sur des frises et sur des hauts reliefs. Nous retrouvons aussi en ronde bosse des animaux dont plusieurs se trouvent au Vatican dans la salle des Ani-
FiG. 590. — Paon mâle, ex marbre blanc (Musée du Vatican, salle des Animaux).
maux : deux paons, maie et femelle [fig. 596-597), un petit tigre (fig. 598), d'allure très expressive et cruelle, tenant sous sa patte une tête de bélier (indiqué par M. Massi), un taureau agenouillé (fig. 599), de puissante allure, supportant une tablette. A la galerie
Fig. 597. — Paon femelle, en marbre blanc (Musée du Capitule, salle des Animaux).
Fie. 598. — Figure de petit tigre, marbre blanc (Vatican, salle des Animaux).
Chiaramonti, une panthère (fig. 600) dont l'attitude indique qu'elle dut appartenir à un groupe bachique. Citons encore une tète de biche en rouge antique (fig. 601) (salle des Animaux), deux tètes de chèvre et de bouc, de même matière (salle des Animaux); la tète de bouc est placée sur une colonne de marbre blanc où sont sculptés des animaux et des masques; enfin une tête de lion cornu (fig. 602) conservée à Londres.
LA VILLA HADRIANA
A l'examen des œuvres variées que l'empereur avait réunies et dont nous ne connaissons qu'une faible partie, nous pouvons constater qu'Hadrien, artiste et collectionneur, dont les voyages perfectionnèrent l'éducation artistique, admirait et collectionnait toute belle chose avec un parfait éclectisme.
Fig. 599. — Taureau servant de support de table, marbre blanc (vatican, salle des animaux).
Fig. 600. — Panthère, marbre blanc
( Va T I CA N , Cil I A R A M ONTI ) .
Aucun prince avant lui ne s'occupa d'art avec une telle passion; son goût était plus épuré que celui des Romains de son époque. Si, parmi tant d'œuvres d'art amassées, il s'en
Fie. 001. — Tète de biche, en rouge
antioue (Vatican, salle des Animaux)
(d'après Penna).
Fig. 002. — Tète de griffon (d'après Penna).
trouve d'ordre inférieur, elles appartiennent ordinairement à l'art industriel et ont servi simplement à des décorations rustiques ou à des fontaines.
Sous Hadrien, l'art reçoit une dernière impulsion. Que d'œuvres élégantes d'une facture un peu léchée, froide même, mais quelle technique merveilleuse ! La manière de
ART ET NATURE 321
traduire devint une sorte de dilettantisme. N'est-il pas d'un dilettante de faire reproduire en marbre des œuvres de bronze, pour en imiter la facture ferme et ciselée ; de se composer une galerie pseudo-égyptienne ; de s'entourer de tous ses souvenirs de voyage ?
Hadrien fit mieux ; le plus grec des empereurs élabora des plans, — il était architecte; peignit des natures mortes, voire des citrouilles (c'est Dion Cassius qui nous l'apprend), — il était peintre; mania le ciseau, — il était sculpteur. Aussi, parmi les œuvres de la villa, si on ne peut se permettre d'indiquer la main du prince, du moins y peut-on retrouver, dans le choix des sujets, son inspiration directe.
La villa de Tibur parait donc avoir été une des occupations principales d'Hadrien ; il ne put la concevoir qu'après de sérieuses élaborations ; il dut mettre un temps relativement long à en accumuler les innombrables richesses. Travail de géant, impériales folies qui nous ont permis d'établir un tableau général de l'art florissant à Rome et même en Egypte, en Asie et en Grèce, pendant une partie de la première moitié du ne siècle.