RÉDUCTION DU PLAN RESTAURÉ PAR PlRANESI. (PARTIE C
FlG. 59. — RÉDUCTION DU PLAN RESTAURÉ PAR PlRANESI. (PARITE D.)
FlG. 60. — REDUCTION DU PLAN RESTAURÉ PAR PlRANESI. (PARTIE E.j
FlG. Cl. — REDUCTION DU PLAN RESTAURÉ PAR PlRANESI. (PARTIE F.)
de Socrate, de Sénèque, d'Antinous, du Laocoon, un Marc-Aurèle, un Antonin le Pieux, un Aelius Verus, des torses de statues féminines, des bas-reliefs, avec génies, animaux et monstres marins, des chapiteaux, des colonnes en marbre, des candélabres, ainsi que quatre inscriptions latines, dont l'une est une dédicace à Mithra.
Dès 1770, de Angelis, propriétaire du Pantanello, donna licence à Hamilton d'y pratiquer ses fouilles, qui commencèrent en 1771. Ainsi furent trouvés : une statue de Diane d'Ephèse (Vatican), un hermès d'Alcibiade, un buste d'actrice avec masque (Vatican), la statue d'un prétendu Jason (Angleterre), la tête et les fragments de deux groupes de Patrocle et de Ménélas (Vatican), un buste d'Antonin le Pieux, la tête colossale de Faustine aînée (Vatican), deux paons de marbre (Vatican), une tète de biche en marbre rouge (Vatican), une tête de Bacchante et des têtes de Pirro et de Iole, un hermès de Faune, deux vases avec bas-reliefs de Bacchantes, onze torses de statues, quatorze tètes et soixante et onze fragments divers provenant destatues, plus quinze motifs d'ornements, dix bases de colonnes en albâtre, en porphyre et en jaune antique, quatre-vingts plaques de marbre rouge, noir et vert.
C'est là aussi que, en 1790, furent déterrés le buste colossal d'Antinous (Vatican); deux autels triangulaires semblables (l'un au Vatican, l'autre au Musée Kircher); un taureau colossal agenouillé (Vatican); un vase avec bas-reliefs; un fragment de candélabre, représentant les Dioscures (Vatican); les bas-reliefs du musée Chiaramonti (////. 404 et PL hors-texte n° III).
Cette fosse du Pantanello, où se déversaient les eaux de la villa, dut, lors du pillage des monuments — peut-être au moment de l'invasion des Barbares — servir de lieu d'enfouissement; elle nous a ainsi conservé quelques belles œuvres. Il est curieux de constater que les vases décoratifs et plusieurs candélabres ont été trouvés aussi au Pantanello. Il n'est guère probable, toutefois, que les œuvres découvertes en cet endroit aient appartenu à des constructions situées sur les bords de la pièce d'eau ; aucun investigateur de la villa ne mentionne de ruines aux alentours.
Enfin, en 1791, à la Palestre, deux reproductions du Discobole de Myron revoyaient le jour; l'une a été transportée au Vatican, l'autre au British Muséum.
Au commencement du xixe siècle, le sud de la villa appartenait à la famille Bulgarini, dont le casino existe encore dans les constructions voisines de YOdéon, partie privée que l'Etat italien n'a pas encore acquise. A cette époque, les Bulgarini vendirent le droit de fouilles. Bien que déjà explorés, ces terrains se laissèrent arracher quelques œuvres qui, pour échapper au fisc, prirent le chemin de l'étranger.
A la même époque, la propriété Fecle passa aux Borghèse et, vingt ans après, aux Braschi, qui la vendirent au gouvernement italien; cela mit fin à tout acte de vandalisme. Il est naturel que, après cette période d'exploration active, le xixe siècle ait été fécond en travaux sur la villa; par contre, les recherches se firent de plus en plus rares; on se contenta principalement de dégager une partie des monuments afin d'en comprendre les dispositions.
44 LA VILLA HADRIANA
Uggieri, en 1800, fil paraître les Journées pittoresques des édifices de Rome, où il reproduit quelques stucs et mosaïques; en 1801, Marco Carloni copia, si l'on en croit Agelli et Contardi, les peintures encore existantes sur les murs et des tableaux à fresque ; il put ainsi conserver les quelques compositions échappées à tant de vicissitudes (Voir/?//. 305 à 314). Petit-Radel publia, en 1815, son Voyage historique, chorographique et 'philosophique en Italie, où quelques pages sont consacrées à la villa. On peut citer, de Christian Mu lier, en 1824, un volume : Roms Campagna, qui s'étend davantage sur l'œuvre d'Hadrien et en étudie chaque partie d'après les travaux antérieurs. Bardi, en 1823, en donna une description nouvelle, mais d'après Ligorio.
Ce fut en 1827 que parut, avec un plan réduit d'après Piranesi, le mémoire de Nibby : Descrizione délia Villa Adriana (Plan fig. 62). Il adopta presque toutes les hypothèses de Piranesi, mais son étude est intéressante et comprise d'une façon nouvelle pour l'époque. Il cherche l'entrée de la villa et essaye de faire un classement chronologique des monuments d'après les briques; malheureusement il se base souvent sur des inscriptions indiquées par le seul Ligorio.
Sebastiani, en 1828, dans son Viaggio a Tivoli, antichissima citta latino-sabina , consacre trois de ses dix-huit lettres à la villa et apporte quelques éclaircissements.
Jusqu'ici, l'ouvrage, avec texte et gravures, le plus important qui ait été publié, est celui de Penna, en quatre tomes : Viaggio pittorico délia Villa Hadriana, 1831-1836 (PI. fig. 63). A chaque page de texte correspond une planche gravée, travail considérable où sont recueillis tous les documents iconographiques connus à cette époque. Nous reproduisons plusieurs des vues présentées par Penna, surtout quand elles font connaître des endroits actuellement inaccessibles. Un peu absolu, et voulant tout expliquer, Penna critique souvent Nibby et a le tort d'accepter, après lui, les briques de Ligorio.
En 1848, Bulgarini, dont la famille était de Tivoli et avait possédé une partie de la villa, put, d'après des sources assez sûres, grâce aux papiers de ses ancêtres et aux renseignements fournis par les notables qu'il connaissait, donner des notices précieuses sur les œuvres d'art et les lieux de provenance ; sous ce rapport surtout, il nous a été utile et déjà nous avons noté à leur place chronologique quelques détails empruntés à son travail. Fabio Gori, dont l'imagination dépassa toute limite, suppose que la villa est une copie exacte d'Athènes : ainsi, à l'endroit où il trouve un cadran solaire, il place la Tour des Vents et soutient que les bâtiments du sud étaient la reproduction de l'Acropole, et ainsi de suite.
Canina peut le disputer à Gori pour la fantaisie. Dans son ouvrage : Gli edifizi anlichi dei contomi di Roma (1856), il amplifie encore les exagérations de son prédécesseur, hanté qu'il est aussi par l'idée de copier Athènes. Il va même jusqu'à dénommer rue des Trépieds la voie qui avoisinait le théâtre grec et dirige des voies imaginaires sous des portiques fantaisistes, leur faisant escalader des hauteurs fantastiques.
C'est à M. Daumet, architecte français, que revient l'honneur d'avoir remis un peu
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