LE RÉGIME DES EAUX
A 17 milles de la porte Esquiline, sur la voie tiburtine allant de Rome à Tibur et à 2 milles de cette dernière ville, était située la villa d'Hadrien qui se développait sur une colline de tuf volcanique, de forme oblongue, composée de divers plateaux s'étendant du sud-est au nord-ouest. Cette colline, dernier contrefort des monts de la Sabine, est abritée contre les vents froids du nord et les émanations pestilentielles du sud. Vers l'ouest, au contraire, elle est ouverte aux vents bienfaisants et domine la campagne jusqu'à Rome et jusqu'à la mer. A l'est, elle n'est séparée de Tivoli que par la vallée de Tempe que rafraîchit un ruisseau ferrugineux, le Pénée, ainsi appelé en mémoire de la vallée thessalique. Du côté opposé, un autre ruisseau, le Fosso detto Resicoli, sort de la colline San Stefano pour se diriger vers l'Anio (Teverone).
La partie de la villa accessible au public mesure 1 kilomètre et demi de longueur sur 600 mètres de largeur, mais il est difficile d'admettre qu'elle ait eu une étendue de près de 4 kilomètres, soit plusieurs lieues de circuit, comme l'ont pensé Ligorio, Piranesi, Penna, et, d'après eux, Bulgarini, qui y rattachent les constructions de la colline San Stefano. MM. Daumet, Lanciani et Winnefeld estiment, avec raison, que ces restes éloignés du centre
LA VILLA HADRIAXA
de la villa, et d'époques diverses, appartiennent à une résidence étrangère aux constructions élevées par Hadrien.
Les empereurs qui précédèrent Hadrien possédaient des villas à Tibur et aux alentours : entre autres Auguste et Julie, sa petite-fille. Il est donc probable qu'Hadrien s'établit là où s'élevaient déjà quelques constructions, et que ce site admirable avait été occupé avant lui. On en a comme preuve les fondations superposées et la variété des matériaux.
On doit reconnaître que les terrains ont été admirablement utilisés et appropriés aux exigeantes fantaisies de l'empereur. Les terrasses, les jardins, les constructions s'étagèrent sur une élévation de 40 mètres ; le niveau inférieur de la villa étant à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer, le point
Fig. 72. — Bas-relief du pylône de la figure 71 culminant a 110 mètres. Deux orientations princi-
(d'après Penna). ,
pales sont fortement accusées par la présence de deux grandes terrasses avec bâtiments : l'une située à l'est vers Tivoli, l'autre orientée à l'ouest, c'est-à-dire vers Rome. Diverses parties de ces deux groupes présentent quelques analogies. Indépendamment des terrasses, nous y voyons des théâtres et des salles bâties sur des plans analogues ; telles la salle dite Piazza d'Oro, la construction appelée Auditorium, par Piranesi et la salle principale de la prétendue Académie qui rappelle le 'portique des Bibliothèques.
Entre ces deux terrasses s'élèvent les monuments considérés comme souvenirs de voyage, ou destinés aux jeux, aux thermes, aux artistes, à l'armée et aux serviteurs.
La villa était protégée à l'est et à l'ouest d'une façon naturelle par le rocher à pic sur lequel elle était construite. Au sud, les limites ne sont point visibles, le plateau de la colline continuant vers San Stefano, où il ne reste que quelques murs dégradés. Ces limites, si l'on admet que la longueur totale n'a pas dépassé 2 kilomètres, se trouvaient vers les aqueducs qui existent encore en partie, au point culminant de la colline, non loin de la Vigna di Saucci '.
Au nord-ouest, le théâtre grec occupe la partie la plus basse presque au même niveau que la voie tiburtine. C'est donc sur cette voie que devait se trouver l'entrée de la
Fig. 73. — Bas-relief du deuxième pylône (villa Albani) (d'après Penna).