‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 37 sur 111 · L'.N DES RÉDUITS X · texte numérisé non relu

L'.N DES RÉDUITS X

SOUVENIRS DE VOYAGE ET CONSTRUCTIONS ORIGINALES

vement carrées et rondes, au bas desquelles sont disposés des gradins de maçonnerie revêtus de plaques de marbre1. L'eau, s'échappant des conduites, dont on voit la trace au fond de chaque niche, descendait en cascade dans un canal qui épousait la forme de l'abside. Des colonnes de marbre encadraient les niches ; mais il ne reste que quelques détails des socles ornementés qui les supportaient (fig. 382).

De chaque coté la disposition des salles est analogue. En C, étaient creusés des petits bassins quadrangulaires, sorte d'impluvium des locaux C qui formaient une cour intérieure sur laquelle ouvraient, par une porte ornée de deux colonnes, les trois salles D, E, F.

Fig. 162. — Salles A, C, E, de la I'ia/./.a d'Oko; orientation est.

Les salles F, F, placées au fond, avaient, en outre, une large fenêtre percée dans le haut du mur, et les chambres latérales E ont encore leur haute niche réservée pour une statue. Quant aux salles secondaires G, H, I, elles recevaient la lumière par le haut.

Aujourd'hui encore les murs ont une grande élévation; les voûtes qu'ils supportaient étaient certainement recouvertes de stucs ornementés et coloriés, semblables à ceux que nous reproduisons d'après Piranesi et Ponce.

Le style de ces constructions, dit M. Girault, était d'ordre corinthien, comme on peut en juger par les fragments d'entablements; un chapiteau de pilastre (fig. 361), provenant de la Piazza et déposé aux magasins des fouilles, vient appuyer cette assertion. On trouve encore en place des blocs importants des corniches et des frises (fig. 381) de l'entablement circulaire qui supportait les colonnes de la salle centrale. Ces frises sont ornées de sculptures fort gracieuses où des amours chevauchent sur des monstres marins (fig. 394). D'autres sujets, mais sur une surface plane, représentent des amours chassant

1. Après Hadrien, une niche de droite a été ouverte et munie de quelques marches conduisant aux terrains situés derrière l'abside.

LA VILLA HADKIANA

des animaux sauvages, ours, lions, panthères, biches, etc. (fîg. 380-393), allusion peutêtre au goût bien connu d'Hadrien pour la chasse. Les principaux de ces bas-reliefs sont conservés au musée Chiaramonti, au Vatican.

A la Piazza d'Oro, on découvrit un nombre considérable d'œuvres d'art dont on ne peut plus déterminer l'origine, tellement les fouilles exécutées en ce lieu furent menées sans méthode. Toutefois Ligorio attribue cette provenance à plusieurs statues de Vénus érigées dans les jardins du cardinal d'Esté, au Quirinal, et à une Nymphe marine.

Dans l'abside on a retrouvé, en 1883, un buste de Marc-Aurèle (fîg. 479), et, vers 1G55, des bustes de philosophes grecs {fïg. 453-458) et une tête de femme de travail grec.

L'ensemble de ces constructions noyées d'air, enveloppées de fraîcheur et d'une décoration excessivement brillante dut être d'un elïet délicieux. Dans l'area (////. 152), M. Girault

a découvert des fondations disposées en allée qui, selon lui, ont peut-être servi de piédestaux aux hermès grecs qui y ont été autrefois retrouvés. Au centre, il a constaté, dans presque toute la longueur de la cour, l'existence d'un radier en mortier de briques pilées, ayant appartenu à un bassin de forme rectangulaire allongée traversé au centre par des tuyaux de plomb de 13 à 14 centimètres de diamètre, qui, sans doute, alimentaient des jets d'eau. Les eaux de la Piazza d'Oro provenaient d'un réservoir situé au sudouest qui recevait l'eau d'un aqueduc dont les terrains environnants conservent des vestiges. M. Girault pense aussi que certaines dispositions de ces bassins ont été inspirées par des souvenirs persans ; il doit en être de même pour les coupoles, qui, de tout temps, ont été très fréquentes dans les cités de l'Orient.

A l'ouest et à un niveau inférieur, les constructions A', reliées à la Piazza d'Oro par un escalier Q' et recouvertes de plantations, étaient, si l'on en croit Piranesi, destinées aux domestiques. D'après le plan restauré de M. Girault, et même d'après celui de Piranesi, il serait douteux que les serviteurs aient habité des bàliments si agréablement situés. Néanmoins il est certain que ces constructions sont des annexes de la Piazza d'Oro.

Le bassin ovale B' (fîg. 103), de 36 mètres sur 2(5, creusé devant les bàliments inférieurs, était probablement une piscine de natation ou une peschicra ; il est dominé par une terrasse qui supporte l'exèdre de Tempe J adossée au corridor voûté M de la Piazza d'Oro (fîg. 104). Cette exèdre, d'allure massive, ouverte sur la vallée de Tempe, a un rayon de 6 mètres. La façade du monument était fermée par une colonnade établie sur une ligue légèrement ondulée faite de petits piliers dont on voit encore les bases. Vis-à-vis de l'édifice, le plan accuse un demi-cercle ouvert vers l'exèdre, avec, de distance en

Bassin ovale B' (d'après Penna).

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distance, des socles d'hermès ou de statues qui peut-être étaient reliés entre eux par un banc continu.

Dans le massif de la construction J sont évidés des petits réduits qui, prenant jour sur l'exèdre J, ont une entrée sur les couloirs latéraux. Par ces couloirs on arrivait aux ailes voûtées K composées de deux petites salles séparées par deux colonnes et servant aussi, par le portique couvert M, de communication avec le péristyle de la Piazza d'Oro. Le mur oriental de ce dernier portique est percé, à sa partie centrale, de fenêtres prenant vue sur la vallée et butté à une chambre absidale L, ouverte à son extrémité est, avec dégagement sur le vestibule N largement éclairé.

Adossée au côté nord du péristyle et à une des petites exèdres 0, s'élève une haute chambre P, aux murs très épais, sur laquelle a pu se dresser une tour; on y accédait sans doute par des salles placées dans le corps supérieur de l'exèdre J, ou des ouvertures sont ménagées à

la hauteur du toit du portique qui, en ce cas, aurait formé terrasse. 11 est même possible que de légers escaliers de bois aient existé dans les petits réduits de l'abside qui elle-même était peut-être entourée d'un balcon.

L'originalité du plan de la Piazza d'Oro, un des monuments les plus importants de la villa, la légèreté et l'élégance de ses proportions ne le cédaient qu'à la richesse de son ornementation. M. Winnefeld n'y voit qu'un palais exclusivement réservé à l'empereur et rappelle, à ce sujet, que le péristyle a les mêmes dimensions que celui du palais des Flaviens au Palatin. Nous nous rangeons à l'avis beaucoup plus vraisemblable de M. Daumet, qui ne voit pas dans ces palais une habitation absolument privée, mais, au contraire, un ensemble de constructions propres à des réceptions et à des fêtes.

Fig. 164.

E.XÈDIll'. .1.

Fig. 103. — Vue prise de l'escaliek P.

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