LA VIL'LA HADRIANA
sortant du vestibule d'entrée. De ce côté, contournant le plan irrégulier de la colline silure à gauche du Pœcile, et comme greffées aux Cent chambres, s'élevaient, au-delà de l'extrémité ouest du portique nord du Pœcile, des constructions assez vastes, composées de salles semblables (fig. 190). Au xvme siècle, une partie de ce groupe à deux étages de
Fig. 190. — Les Cent chambres et vue de l'angle B' (plan n° 178).
quatre chambres, desservis chacun par un escalier à deux branches, devint, sous le nom de Casino del Re, l'habitation des possesseurs de cette partie de la villa. C'est là qu'on découvrit en 1744 l'Antinous égyptien (Vatican), en 1774 une statue de Flora et un Harpocrate
Fig. 191. — Une des Cent chambres (d'après Penna)
Fig. 192. — Latrines D' des Cent chambres (plan n° 1" (d'après Penna).
(Gapitole), deux gladiateurs, d'après Bulgarini, donnés au prince royal de Pologne, et un Endymion actuellement à Stokolm.
Il est fort douteux que ces statues aient servi à décorer les salles où elles furent découvertes, car ces pièces n'avaient rien de monumental ; si vraiment on les trouva en ces lieux, il faut en conclure qu'elles y avaient été déposées à une époque relativement moderne, ou bien qu'elles n'avaient pas encore quitté les ateliers où elles avaient été fabriquées. Gela paraîtrait d'autant plus vraisemblable que ces constructions secondaires
SOUVENIRS DE VOYAGE ET CONSTRUCTIONS ORIGINALES
sont placées en contre-bas de la villa, endroit parfaitement choisi pour déposer les marbres et les matériaux lourds.
Ces bâtiments annexes pourraient donc être regardés comme des ateliers de sculpteurs; ils communiquaient, du reste, avec les Cenio camere, habitation présumée des artisans, par des corridors et des salles communes, et aussi par des galeries extérieures que supportaient des piliers de bois et des poutres dont une extrémité reposait sur des consoles de travertin engagées dans le mur, mais qui ont disparu en laissant des vides au niveau du sol de chaque chambre.
Ce système de galerie extérieure a été utilisé pour les trois étages des Cento camere A' dont aucune ne se commandait. Actuellement on passe de l'une à l'autre intérieurement par des brèches modernes pratiquées dans les parois pour faciliter l'exploration, tandis qu'à l'époque d'Hadrien on y accédait par une galerie extérieure en bois desservie par de grands escaliers B', C, E', établis dans l'intérieur des constructions. Les cages de ces escaliers ont des ouvertures cintrées dont l'arc s'appuie en son milieu sur un mur autour duquel étaient fixées les marches (fig. 193). L'angle D' des constructions est occupé par de vastes latrines {fig. 192) du modèle ordinaire, avec large chenal longeant les murs et occupant le même plan que les chambres orientées à l'ouest. Le niveau des chambres varie selon la hauteur disponible des substructions; aussi les Cento camere sontelles divisées en trois groupes placés sur trois plans différents desservis chacun par l'un des escaliers B', C, E'. 11 est à remarquer que les chambres sont garanties de l'humidité du terrain auquel elles sont adossées par des cases isolantes construites en demi-cercle.
Actuellement la façade des Cento camere ne présente qu'un grand mur uniforme percé de trois rangées de larges ouvertures [fig. 194) placées symétriquement les unes au-dessus des autres. La partie la plus élevée des substructions du Pœcile est située juste au-dessus de la plate-forme fermant à l'ouest le portique F. Là, sur une hauteur de 12 mètres environ, les chambres s'étagent en quatre rangées, y compris les salles du rez-de-chaussée que l'on suppose avoir servi aux écuries.
La place laissée libre devant cette partie des Cento camere est spacieuse et, de 1738
PiG 193. — Cage de l'escalier E' des Cent chambres (plan .\u 178).
LA VILLA HADRIANA
à 1742, on y a trouvé une fontaine à trois pieds en marbre blanc (fig. 439). De cet endroit, la voie antique, bordée d'un côté par les Cent chambres, de l'autre par un mur de soutè-
Fig. 194. — Les Cent chambres; a gauche, en haut, le mur du Pœcile.
nement consolidant les terrains, s'engage en tranchée. Anciennement couverte en partie
Fig. 19b. — La tour D des Cent chambres (plan* n° 178).
par le balcon qui desservait extérieurement les chambres, elle montait en pente douce jusqu'au niveau du vestibule d'entrée de la villa.
Fig. 196. — Voie antique longeant les Cent chambres, devant la tour D (d'après Penna).
A l'endroit où la ligne des Cent chambres forme un angle obtus, s'élève la tour demironde D {fig. 195-196). Divisée en deux parties par un mur sans ouverture intérieure et
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construite en opus reticulatum, elle a un développement de 16 mètres et une hauteur de 9 mètres. Elle est voûtée, comme toutes les chambres de ce groupe.
De cette tour, a laquelle on ne peut assigner sa destination véritable, se détache, dans la direction du vestibule de la villa, une série de chambres I, qui, ne possédant pas de chambrettes isolantes, sont moins saines que les précédentes. Elles étaient probablement habitées par des gens d'un rang inférieur.
Fin. 197. — Les Cent chambres, vues de la plate-forme de la tour D,