‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 55 sur 111 · NYMPHEUM DU NORD. — PALESTRE. — THÉÂTRES LATIN ET GREC · texte numérisé non relu

NYMPHEUM DU NORD. — PALESTRE. — THÉÂTRES LATIN ET GREC

Quelques constructions isolées existent encore dans la partie basse du nord de la villa. De celle qui est appelée Nywphevm (plan n° 70), il ne reste guère que deux murs de soutènement : l'un est composé d'arcades que l'on suit en arrivant au Pœcile [fig. 294) par le chemin moderne ; l'autre regarde la vallée de Tempe; de ce côté on voit une exèdre rustique voûtée, au-dessus de laquelle a été installé un escalier moderne; à la suite, dans un soubassement, sont ménagées des niches en briques (fig. 295) ; en retour, d'autres niches plus petites sont tapissées de rocailles peintes en bleu.

Derrière ces murs de soutènement existent des salles souterraines dont quelques-unes ont servi de conserves d'eau. La plateforme supérieure, régularisée par ces murs et située au niveau du bois de chênes verts qui domine la vallée, au-dessous du jardin des Bibliothèques, était principalement occupée par un bassin scmi-circ-Iairc cù I clignait un petit temple rond, d'ordre dorique,

Fig. 294. — Chemin moderne conduisant au Pœcile (d'après Penna).

LA VILLA HADKÏANA

consacré, a-t-on dit, aux Nymphes. En ce lieu, furent trouvés des chapiteaux à volutes avec dauphins, un bas-relief représentant un génie sur un hippocampe (au Vatican) et deux grandes têtes colossales provenant d'une fontaine ornementale (fig. 447). Cette plate-forme est actuellement occupée par le logement des gardiens et par les magasins de l'administration. Une voûte revêtue de stucs suhsiste encore dans les constructions utilisées. Cellesci firent partie du Casino Fede, qui appartint ensuite aux Braschi, les derniers propriétaires de la villa, auxquels le Gouvernement italien acheta les terrains. On ne peut se rendre compte de ce que fut le Nympheum, mais on y jouit d'une vue superbe.

Fig. 295.

Le Nympheum do nord.

Dans une autre ruine située plus bas, au fond de la vallée, à côté d'un ruisseau ferrugineux, le Penée de Tibur, Ligorio et Piranesi ont cru reconnaître une palestre avec ses dépendances (plans 56 et 62, n° 4). La plus grande partie des bâtiments est encombrée de débris et les constructions modernes élevées par le comte Fede ont achevé de dénaturer ces restes. Ce monument, placé clans la partie la plus basse de la villa, fut saccagé avant les autres, étant le plus accessible. 11 n'en reste qu'une suite d'arcades (fig. 293), de môme hauteur, mais de largeur inégale, devant lesquelles courait un portique probablement surmonté d'une galerie. Les trois arcs plus petits servent de soutien à une salle très élevée dont le blocage de maçonnerie domine le niveau des ruines ; le sol de cette pièce est livré à la culture par les gardiens de la villa (fig. 296). Une autre salle contiguë à la première est cou-

CONSTRUCTIONS DIVERSES

verte d'un grand are avec exèdre (pg. 297) ; la lumière y arrivait par une ouverture ronde percée dans la voûte ; on y a trouvé des pavements colorés, des bustes et des statues.

Pour se conformer aux règles de Vitruve, qui place près des palestres un xyste, où les exercices pouvaient se faire par le mauvais temps, Ligorio, Piranesi et Penna ont voulu ajouter ce xyste à leur palestre. D'après Contini, à l'est du bâtiment s'élevaient des portiques et, vers le nord, un péristyle entouré de chambrettes; mais il en reste actuellement si peu de chose qu'il vaut mieux s'en rapporter d'une manière générale au plan de Piranesi.

Il y a certes une grande part d'imagination dans les restaurations de ces auteurs ; toutefois plusieurs des statues retrouvées dans ces constructions conviennent bien à une palestre. On y découvrit, en effet, quelques torses d'Hercule, un Milon de Crotone dont un fragment est au Musée des Conservateurs, l'autre au Louvre ; deux reproductions du Discobole de Myron (Planche hors texte n" XII) ; une tète d'athlète rasée, en rouge antique,

Fie. 290.

Une salle de la Palestre.

Fig. 297. — Une salle de la Palestre (d'après Penna).

Fig. 298. — Emplacement du théâtre latin (d'après Penna)

avec couronne d'olivier [(fig. 4(3(3 et 467)/, et deux statues d'athlètes2, l'une au Louvre l'autre à Dresde {fig. 549 et 550). Des mêmes bâtiments proviennent aussi un Jupiter assis, la tète d'Isis (fig. 5(33) du Musée Chiaramonti, une statue isiaque indiquée par Nibby, acquise en 1753 pour le Musée du Capitole et que Napoléon transporta à Paris (fig. 581). Depuis, elle est conservée au Louvre, dans une niche, en haut de l'escalier du musée égyptien. D'après Penna et Bulgarini, de la palestre proviendraient encore un bel hermès

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