Au Louvre, dit Penna, il existait une tête de même genre
2. L'une de ces statues est connue sous le nom de Pollux et fit partie de la collection Borghèse. Il importe de rappeler qu'une partie de la villa a appartenu pendant quelque temps à la famille de ce nom.
LA VILLA IIADIilANA
d'Hercule jeune [fig. 149) qui est à la galerie géographique du Vatican, une statue de Cérès du Musée Chiaramonti et enfin la Pandore ou Psyché du Musée du Capitole (fig. 524). De ces bâtiments coule une eau potable excellente ayant peut-être quelque rapport avec une grande pièce d'eau aujourd'hui disparue, qui, suivant Ponce, se trouvait au milieu de la palestre.
Cette palestre était située entre deux théâtres, l'un latin, l'autre grec. Du théâtre latin, recouvert par des champs de culture, on ne voit rien; à peine en distingue-t-on la place
(fig. 298). C'est donc auprès de Ligorio et de Contini qu'il faut encore se renseigner. Ligorio, après en avoir dégagé la moitié, en dressa le plan, qui fut revu par Contini. Piranesi, en 1775, l'étudia de nouveau (fig. 299) et reconnut qu'il avait dix neuf arches, six escaliers intérieurs à rampe douce, deux précinctions. L'orchestre était dallé de plaques de marbre, et au fond de la scène se dressait une grande exèdre ornée de niches sur les côtés ; il avait deux portiques de six pilastres chacun, six chambres pour les acteurs, de vastes salles communiquant entre elles. Si l'orchestre était petit, la scène, très spacieuse, comprenait, avec les dépendances, les deux tiers de la superficie totale. Cela dut permettre de donner des représentations théâtrales machinées, ce qui ne pouvait se faire au petit théâtre du sud où nous avons reconnu un Odéon.
Ligorio prétend avoir vu dans ce théâtre des statues d 'Apollon, de Minerve et de Bacchus, dont on n'a jamais retrouvé les traces. Par contre, d'après Penna, on conserve au Vatican un Hadrien vêtu de la chlamyde et tenant un globe que Bulgarini dit provenir de ce même monument.
Le théâtre grec (fig. 300), se trouvant à l'une des parties les plus basses de la villa, à côté du fameux Panlancllo, ce marais d'où furent extraites tant d'oeuvres d'art, resta longtemps envahi par les eaux ; aussi Ligorio le confondait-il avec le Panlanello proprement dit. Pour celte raison, Contini en fait une piscine ovale, et Piranesi une naumachie. Le dessèchement du marais amena celui de la soi-disant piscine, et l'on se trouva en présence d'un théâtre grec. Ce théâtre ne pouvait pas contenir beaucoup de spectateurs, car le nombre des gradins est restreint, l'escalier du milieu de l'hémicycle conserve encore quelques marbres et va butter à un mur de fond clôturant une précinction qui repose sur une galerie souterraine semi-circulaire. Au-dessus Piranesi a retrouvé la loge impériale. L'orchestre est démesurément grand, et l'hémicycle, quoique développé, avait peu de hauteur. Du
Fig .299. — Plan du théâtre latin (d'après Piranesi)
CONSTRUCTIONS DIVERSES
podium (fig. 301) il reste quelques murs percés de portes à coté desquelles ou voit des fragments de colonnes et des revêtements de marbre. Une colonne dorique se dresse encore avec son chapiteau sur un des côtés, entre la scène et la salle, mais il est peu probable qu'elle ait appartenu au théâtre.
Piranesi affirme que la façade avait un portique orné de 14 colonnes et de demicolonnes; mais il n'en reste pas trace. On voit sur un des côtés latéraux des niches et des
Fig. 300.
Le théâtre grec vu de la scen'e.
exèdres ainsi que des couloirs (fig. 302). La disposition de ce théâtre permet de supposer qu'il servit à la représentation de grandes scènes dramatiques ; du reste son plan est celui des théâtres grecs décrits par Vitruve1. A l'ouest, en dehors du théâtre, le large quadrilatère où Piranesi place un hippodrome ne serait autre qu'un vaste portique-promenade,
1. « Les théâtres des Grecs, dit Vitruve (liv. V, ehap. vu), se font d'une autre manière que les nôtres. Au lieu des quatre triangles qui marquent la distribution du théâtre des Latins, et que l'on décrit dans un cercle qui a été tracé sur terre, ils tracent trois carrés, dont les angles touchent la circonférence du cercle ; et le côté du carré qui est le plus proche de la scène, et qui fait une section dans le cercle, termine le devant du proscenium ; on trace encore une autre ligne parallèle à celle-ci, et qui touche l'extrémité du cercle pour terminer le front de la scène. Ensuite on tire une autre ligne, qui est aussi parallèle aux deux autres, et qui, passant par le centre de l'orchestre vis-à-vis du proscenium, va couper le cercle à droite et à gauche : dans les sections, aux cornes du demi-cercle, on marque deux centres, do'ù l'on trace avec le compas, posé au centre du côté droit, une ligne courbe depuis l'intervalle gauche jusqu'au côté droit du proscem'wm; on pose également une pointe de compas au centre gauche et on trace de l'intervalle droit une ligne courbe vers le côté gauche du proscenium. Ainsi, parle moyen de ces trois centres et d'après cette disposition, les (jrecs ont leur orchestre bien plus large et la scène plus éloignée ; ils ont aussi leur pupitre, qu'ils appellent logeion, plus étroit. C'est pourquoi il n'y a chez eux que les acteurs tragiques et comiques qui jouent sur la scène ; les autres entrent dans l'orchestre. »
LA VILLA'.IIADRÏANA
connue ceux qui existent près des théâtres antiques, notamment à Pompéi, où les spectateurs trouvaient un abri pendant les orages et les averses.
A L'entrée de ce théâtre, furent trouvés sur des socles en marbre, dits porta-santa, les deux hermès de femme de dimension colossale, représentant la Tragédie et la Comédie (fig. 451 et 452) (Vatican, salle de la Rotonde). La hauteur de ces bustes indiquerait à elle seule les proportions du théâtre grec, dont il ne reste pour ainsi dire que le squelette. Mais la perspective qui se déroule vers Tivoli, du haut de ce monument, compense l'absence de
Fig. 301. — Coté gauche du théâtre grec, vu de l'hémicycle. Fig. 302. — Coté droit du théâtre grec, vu de l'hémicycle.
vestiges curieux et la vue dont on y jouit est Tune des plus belles de la villa. (Voir p. 327 et ////. 612).
Dans l'étude que nous venons de faire, nous avons mentionné quelques édifices religieux : le Sérapeum et l'intérieur du Timoneum. Il reste peu de vestiges indiquant absolument quelque temple répondant aux types connus. Hadrien, homme très religieux et surtout fort superstitieux, pour protéger sa villa, éleva des autels aux divinités; mais, au point de vue romain, nous ne voyons guère d'édifices spéciaux.
Parmi les statues de divinités gréco-romaines retrouvées dans la villa, il en est bien peu dont on connaisse la provenance exacte, chose assez naturelle, puisque, pendant plusieurs siècles, les fouilles ont été faites au hasard et sans méthode.