‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 61 sur 111 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

ART ET NATURE

De petite dimension, comme tous les tableaux de ce genre, cette mosaïque est de forme carrée. Le sujet est placé dans un disque bleu égyptien figurant l'eau du Nil; on y voit des plantes aquatiques, un crocodile et quelques poissons; au centre, une barque, de la forme d'une gondole, avec l'avant recourbé en quart de cercle, porte un édicule ou petit temple recouvert de tuiles rouges, orné de deux colonnes sur la façade et de quatre sur le

Fig. 320. — Mosaïque : combat d'animaux (salle des Animaux au Vatican)

coté unies entre elles par une barrière de marbre. Un homme conduit la barque avec une godille. La tonalité légère des couleurs rappelle les compositions peintes si délicates du troisième style pseudo-égyptien de Pompéi.

La série la plus importante des mosaïques provient du triclinium du palais impérial. Retrouvées par le cardinal Marefoschi, elles furent restaurées à Rome par Andréa Volpiui. Nous savons par Penna que chaque sujet, carré et de même format réduit, était placé au milieu d'un champ de mosaïque blanche entouré d'un cadre de feuillages et de guirlandes (fig. 316). Ce n'est pas ainsi qu'elles se présentent au milieu du Cabinet des Masques,

LA VILLA HADRIANA

où elles sont accolées par quatre, puis encadrées d'une bordure. Trois sont analogues de composition : nous voyons dans lune le masque de Baechus, la panthère et le tambourin fig. :>17 1 ; dans la seconde, le masque d'Apollon, le griffon symbolique, la lyre et l'arc (fig. SIS) ; dans le troisième, quatre masques scéniques (fig, 316).

Quatre antres mosaïques sont conservées, l'une au musée de Berlin et trois au Vatican.

vhoh

Fig. 321. — Mosaïque : scène champêtre (salle des Animaux au Vatican

La première {fig. 319) représente des C'entciures attaqués par des fauves; un lion gît à terre à côté d'un centaure blessé, tandis qu'un autre centaure s'apprête à écraser un tigre sous le poids d'une roche. On ne saurait dire si ce sujet faisait pendant à celui qui se trouve au Vatican (salle des Animaux) (fig. 320) et où un lion vigoureux combat un taureau; une vache accourt au loin. Celle-ci, de couleur rose brun, se détache sur un ciel d'un jaune doré; le lion, fauve et roux, forme une masse colorée avec le taureau brun; les montagnes sont d'un bleu verdàtre, et le terrain blanchâtre est rosé au premier plan. Cette harmonie monochrome fort agréable est surtout chaude de couleur, mais ne se rapproche en rien des tona-

ART ET NATURE

lités lumineuses et fraîches de la mosaïque alexandrine du cabinet des Masques représentant un Nil où semble se refléter le ciel d'Egypte.

De même style sont les deux autres mosaïques (fig. 321 et 322) offrant des sujets analogues; les seules différences résident dans la disposition du paysage et des chèvres et dans les divinités représentées, l'une étant debout, l'autre assise. Dans la mosaïque (salle des Animaux) (fig. 321), que nous reproduisons, le ciel est gris, le terrain bistre et les rochers rosés; les chèvres sont brunes et rougeàtres, celles du fond d'une tonalité moindre. La divinité a une couleur terre cuite et le petit ex-voto est à fond bleu. La dernière mosaïque figure aussi à la Salle des Animaux. Comme le fait remarquer M. Helbig, ces tableaux devinrent une mode qui apparut au temps des Diadoques.

Il semble que les mosaïques à sujet provenant de la villa ne participent pas du même style et indiquent des écoles diverses. L'une de ces écoles, pergaménienne, serait représentée par les Colombesune autre, alexandrine, par les vues du Nil; une troisième, par les paysages idylliques

Fil. 1322. - Mosaïque : scène champêtre (salle des Masques au Vatican) (d'après

Pennaj.

Fig. 323. — Mosaïque (bibliothèque Vatica.ne) (d'après Penna).

et les animaux. Ces trois genres ne peuvent se confondre et ont leurs caractères propres. La première mosaïque accuse une grande précision dans le dessin ainsi qu'une extraordinaire variété de couleurs; elle a des tons accusés; la seconde, d'une gamme claire et limpide, aurait plutôt des tons froids comparativement aux autres types; la troisième mosaïque tend à devenir monochrome, mais avec des tonalités particulièrement chaudes. Quant aux masques, ils sont probablement d'esprit alexandrin, ainsi que nous pouvons nous en rendre compte en examinant la grande mosaïque du musée des Thermes à Rome, qui représente une inondation du Nil

LA VILLA HADRIANA

Penna reproduit six mosaïques provenant des bâtiments appelés Académie; l'une, actuellement à la Bibliothèque du Vatican, est oblongue; trouvée en 173S, non loin des célèbres Colombes, elle représente un paysage avec un lion, un cerf, un éléphant et un san-

Fig. 32i. — Mosaïque (bibliothèque Vatigane)

(d'après Penna).

Fig. 325. — Mosaïque (au Quirinal) (d'après Penna).

glier {fig. 323). Une autre de ces mosaïques, recueillie par Furietti, fut acquise, en 1767, par Clément XIII, pour la Bibliothèque Vaticane (fig. 324). La partie centrale se compose

Fig. 326. — Mosaïque (salle de la Congrégation du Palais pontifical) (d'après Penna)

d'une rosace et d'un objet en forme d'amande, dessinés dans un disque; l'ornementation générale est formée de feuillages et de fruits entourés d'une banderole bleue, avec festons, oiseaux, papillons. Ces deux mosaïques, encadrées d'une bordure semblable, ont sans doute appartenu à une même salle (probablement à la salle I du plan 235). Une troisième mosaïque {fig. 325), de même provenance, fut acquise sous Napoléon 1er pour embellir le palais du Quirinal; elle est divisée en neuf compartiments où figurent principalement des oies et des canards. Des quatre sujets d'angle, deux représentent des oies attelées à des chars

ART ET NATURE

conduits par une chèvre et par un oiseau. La quatrième mosaïque, trouvée par de Angelis dans deux grandes chambres quadrangulaires des monuments dits Académie, et actuellement

TP^&^rttt^^^^

Lt.il

UUj UUL

IUU

Uj

Page 1