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CANDÉLABRES

De la villa proviennent un grand nombre de candélabres et de vases dont quelquesuns ont été reproduits avec un brio un peu excessif par Piranesi, dans son ouvrage Vasi e

Fig. 414. — Candélabre Barberini (galerie des Statues, Vatican).

(Restaurations : La plinthe, la partie plaie qui se trouve au-dessus de la plinthe et qui se termine par des griffes de lion : quelques morceaux des feuilles d'acanthe ■ZL qui ornent la tige.) (Phot. Moscioni.)

Fig. 415. — Candélabre Rarrerini (galerie des Statues, Vatican).

(Restaurations : Les mêmes que pour la figure 414.) (Phot. Alinari.)

Candelabri. Nous serions tentés de taxer d'imagination le brillant artiste; mais, s'il ne traduit pas l'art gréco-romain avec tout le tact désirable, du moins nous donne-t-il l'impression

LA VILLA HADRIANA

de grandeur et do magnificence de l'époque impériale, il a restauré des objets écornés et frustes et a même reconstitué, avec des matériaux antiques d'une même origine, quelques ensembles, ainsi que l'on peut s'en rendre compte dans ses candélabres et aussi dans ses vases.

C'est surtout sur les objets exhumés des marais fangeux du Pantanello que, à la fin du xvme siècle, Piranesi exerça sa maîtrise pour sir Hamilton. Ce dont on peut accuser

sans réserve Piranesi, c'est de la lourdeur de ses gravures qui semblent représenter des objets de bronze, entraîné qu'il fut par le fini presque ciselé de beaucoup d'œuvres décoratives en marbre de l'époque d'Hadrien; il retira ainsi la grâce pour ne laisser que la force.

Les candélabres et les vases peuvent nous donner une idée très juste du goût qui dominait, au temps d'Hadrien, pour les objets décoratifs en marbre dont les opulentes silhouettes rehaussaient les grandes salles et les parterres fleuris de l'immense villa. Certains candélabres de marbre sont de proportions colossales; leur galbe majestueux, leurs feuilles enroulées s'élancent comme des fleurs hors du vase et s'ouvrent à la lumière; ils sont couronnés par des vasques étroites dont la destination primitive était de porter une lampe. Certains de ces candélabres ne purent avoir, à cause de la fragilité de leurs détails, qu'un rôle purement décoratif. Parmi les nombreux candélabres romains que le Vatican conserve dans la Galerie des Statues, il faut noter, comme ayant appartenu à la villa, les deux Candélabres Barberini [fig. 114-115), de style corinthien, ainsi nommés parce qu'ils proviennent des fouilles exécutées par le cardinal de ce nom, aux bâtiments dits Académie.

Comme le fait justement remarquer M. Helbig1, ces candélabres ont été copiés d'après des originaux en bronze. Les larges feuilles d'acanthe dont ils sont ornés ont l'aspect de chapiteaux superposés et se déploient avec une extrême élégance; la précision pleine de délicatesse des détails ne nuit pas à l'harmonie générale. La différence de leur ornementation fait supposer qu'ils devaient avoir leurs pendants. Les bases seules sont pareilles et ne diffèrent que par les figures dont elles sont ornées. Sur l'une, c'est Jupiter debout avec le sceptre et la foudre; Junon, avec le sceptre; Mercure, avec la coupe et le bélier. Sur l'autre,

Fig. 416. — Base de candélabre (Vatican, Chiaramonti).

1. Musées d" Archéologie classique de Rome, t. I, p. 141-142.

ART ET NATURE

Mars appuyé sur une lance, la tête couverte d'un casque orné d'une chimère; Vénus archaïsante tenant une fleur et relevant le pli de son manteau; Pallas donnant à boire au serpent. A certains détails caractéristiques, on pourrait, dit M. Helbig, reconnaître, dans

cette figure de Pallas, l'Athéna Hygiéia de Pyrrhos, et, dans celle de Vénus, une reproduction de la Sosandra de Galamis1. Quoi qu'il en soit, il est probable que ces bas-reliefs sont la copie interprétée de statues archaïques.

Le Vatican conserve aussi, à la galerie Chiaramonti, la base triangulaire d'un candélabre alexandrin trouvée en 1791, à la villa, et regardée à tort comme un autel [fig. 416). Soutenu par trois sphinx, il présente sur chacune de ses trois faces un amour portant des attributs de Mars ; au-dessus et aux angles se profilent des têtes de bélier ; entre elles court une frise grecque absolument semblable à celle des candélabres Barberini. Le Musée Kircher en possède un spécimen, mais en moins bon état.

Le Musée du Louvre, dans la Salle La Case, conserve deux autres candélabres de modestes dimensions {flg. 417-418). L'un, à base triangulaire où sont sculptés des types bachiques, est orné, aux angles, de têtes de bélier; au-dessus s'élève un motif composé de feuillages enroulés en forme de vase ; des sphinx posés sur le bord supportent une coupe en forme de bobèche d'où se dresse un gros cierge de marbre ornementé; finalement, une coupe moins large est surmontée d'une pomme de pin. L'autre candélabre, plus petit, est sobre de détails; son socle est rond et orné de bucranes unis par des guirlandes; le fût rappelle la forme des candélabres propres à la décoration du style égyptien de Pompéi. Le haut est orné d'une pomme de pin soutenant une coupe avec pied où ondule une flamme de marbre.

Voici maintenant trois autres spécimens d'une composition beaucoup plus compliquée et restaurés par Piranesi. Trouvés en 1769, en fragments, au Pantanello et transportés en

Fig. 417. — Candélabre i Musée du Louvre, salle La Case).

Fig. 418. — Candélabre (Musée du Louvre, salle La Case).

1. La silhouette de cette figure est la même que celle des monnaies impériales dont le revers porte le mot Spcs. Les ligures des Candélabres Barberini sont reproduites dans Visconti : Museo Pio Clemcntino, t. IV, PL II, III, IV, VI, VII, VIII.

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Angleterre, ils sont tous triangulaires à la base et montés, les uns sur des pieds de griffon, les autres sur des griffons eux-mêmes. Entre ces pieds, une courte colonne assurait la solidité de l'ensemble et servait peut-être aussi à masquer le conduit d'un jet d'eau, comme cela se voit dans les fontaines en marbre de la villa.

Fig. 419. — Candélabre (d'après Piranesi).

Fig. 420. — Candélabre (d'après Piranesi).

Fig. 421. — Candélabre (d'après Piranesi).

D'après Piranesi, l'un aurait été acquis par Newdigate, gentilhomme anglais, pour Oxford (fig. 419). Il est orné aux angles de masques et de dauphins, de cigognes et de têtes de bélier, détails disposés en assises bien déterminées; le récipient simulé du haut est maintenu par un Atlante agenouillé. Un autre, aujourd'hui à Oxford, s'étage en pyramide (fig. 420) ; des sphinx et des têtes d'éléphant supportent un corps triangulaire orné de figures debout et surmonté de têtes de bélier; le tout servant d'assiette au candélabre, dont les détails rappellent les travaux en bronze. Le plus élégant de tous ces modèles (fig. 421) est orné de grosses têtes de bélier d'où s'échappent des feuilles à nervures en forme de rhytons entourant une corbeille chargée de fruits. Le tout est couronné par une sorte de chapiteau orné de volutes. Du cœur de ce chapiteau monte la tige du candélabre enjolivée

de feuillages enlacés où s'ébattent des oiseaux ; le haut est complété par une coupe sortant de quatre feuilles enroulées.

On peut enfin mentionner encore deux petits candélabres, l'un est monté en bronze1; l'autre, en marbre, serait, d'après Roccheggiani, au Vatican2.

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