VASES. — COUPES. — FONTAINES
Les vases de la villa, non- moins curieux et décoratifs que les candélabres, sont,
Fig. 422. — Vase bachique d'une capacité de 800 litres (Warwick) (d'après Pirane^i).
Fig. 423. — Vase bachique de Warwick, vu décote (d'après Piranesi).
malgré la surcharge de leur ornementation, d'une tenue plus sobre. En effet, un candé-
Fig. 424. — Vase (d'après Piranesi)
Fig. 425. — Vase n° 424, vu de côté (d'après Piranesi).
labre laisse plus de latitude à la fantaisie qu'un vase qui, avant tout, doit être un récipient posé sur un pied.
LA VILLA HADRIANA
Les vases de marbre sont généralement bachiques. Le plus connu est celui qui est conservé à Warwick (fig. 422-423). Trouve en 1770, et d'une capacité de 800 litres.
Fig. 426. — Scène de vendanges; sculpture ornant le vase n° 427 (d'après Penna)
fut envoyé par Hamilton au roi Georges III. Piranesi en donne une très bonne reproduction. De la forme d'un cratère, il est d'une véritable robustesse, mais peu élevé proportionnellement à sa largeur. A sa partie ventrue s'étale la peau d'une panthère au-dessus de laquelle sont disposés, à chaque extrémité, des masques de Silène, et, au centre, un masque de Satyre et de Bacchante entre des thyrses; l'autre face est ornée de tètes bachiques avec thyrse etpedum. Les anses sont formées par la torsion puissante d'un cep de vigne qui court sous les lèvres du vase. La base n'est pas antique. On ne saurait qu'admirer les justes proportions de cette œuvre et l'ingénieuse sobriété de l'allégorie.
Un autre vase (en Angleterre), dont la forme et les détails rappellent l'urne en pâte de verre bleu de Pompéi (fig. 424-425), nous montre des amours folâtrant dans des vignes. Les anses sont formées de ceps d'où s'échappent deux serpents dont les tètes posent sur le bord du vase.
En Angleterre également, se trouve ce vase colossal que Piranesi, dans sa gravure, pose sur un socle hexagonal décoré, sur chaque grande face, d'une tète de taureau d'où pendent des guirlandes de fruits (fig. 427). Trois Silènes trapus, entre lesquels sont fixées des tètes de jeunes satyres, portent le vase sur leur dos, les mains aux hanches, dans une pose d'Atlante et engainés dans des pattes de lion. Le haut, à l'évasement, est orné de pampres et cerclé d'un cordeau sur lequel sont perchés des
Fig. Ï27. — Vase (d'après Piranesi).
ART ET NATURE
oiseaux et où sont suspendus, à intervalles égaux, des guirlandes, une flûte de Pan, des masques, un vase, une corbeille et des cymbales. Le corps du vase présente, en bas-relief
Fig. 428. — Vase (d'après Piranesi).
Fig. 429. — Vase (d'après Piranesi).
{fig. 420), une scène de vendanges et de pressoir, sujet fréquent dans l'antiquité et dont une réplique, sculptée autour dune grande cuve, existe au Musée deNaples. Deux satyres
nr:ajnri^^ink{iKw%mT^:Trrt
Fig. 430. — Vase (d'après Pen.na.).
Fig. 431. — Vase (d'après Penna).
font la vendange; un autre porte sur le dos un sac de la récolte, tandis que quatre satyres, dans un mouvement juste et parfaitement esthétique, font manœuvrer le pressoir; ils déploient une vigueur peu commune; le mouvement et la vie dont ils sont animés, la grâce de leur attitude en font une œuvre dune grande beauté.
Piranesi reproduit encore un vase bachique, dont les anses sont formées de ceps de vigne enlacés et dont les flancs sont ornés d'une bacchanale du style le plus ordinaire [fig. 428).
Il fut trouvé au Pantanello par Hamilton, en 1771, et envoyé à la villa Stowne, en Angleterre; il a appartenu à Milord Temple. Trois autres vases (fig. 429-431),
Fig. 433. — Coupe (d'après Penna).
de même forme, dont l'un fut découvert par Carlo Antonini, sont décorés de bas-reliefs détaillant des scènes de sacrifices. D'après Penna, une urne (fig. 432), sur laquelle est figuré le supplice de Marsyas, aurait
été vendue en Russie et provenait du Pantanello.
En Angleterre aussi ont été transportés un vase en marbre à représentation bachique1 ,
une coupe en marbre ornée à l'intérieur de ménades dansant-; un cratère d'un galbe très
Fig. 432. — Urne (d'après Penna)
Fig. 434. — Coupe (d'après Penna).
Fig. 435, — ■ Coupe en marbre rouge (galerie des Candélabres, Vatican).
pur dont les quatre anses sont maintenues par des masques de satyres cornus (fig. 434); une coupe à base carrée, découverte en 1771 dans la propriété de Angelis, et qui fut
1. Miciiaklis, Ancicnt Marbles, 741, n" 147; — Engrawings of the Woburn Abbey marblea, PI. IV,