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288 LA VILLA HADRIANA
Ligorio mentionne comme provenant de ce dernier théâtre neuf Muses et trois autres
Fig. 5d0. — Statue de Terpsichore (d'après penna) (musée de Madrid).
(Restaurations : La tête, le cou. le bras droit depuis le milieu du biceps. j
Fig. 501. — Statue d'Uranie (d'après Penna) (Musée de Madrid).
^Restaurations : Cou, tête, le nu de la poitrine, le bras droit à partir du coude, le bras gauche depuis le biceps, le compas, le globe.)
Fig. 502. — Statue de
POLYMNIE (D'APRÈS PeNNA)
(Musée de Madrid).
(Restaurations: Le cou. la tête, le nu de la poitrine, les deux bras à partir du biceps, le bras gauche.)
figures représentant Mnémosine et deux Muses. On n'avait trouvé que huit des neuf
Fig. 503. — Statue de Clio (d'après
Penna) (Musée de Madrid).
(Restaurations : Nez, les deux bras; mais le péplos sur le bras gauche est en partir antique; la llùle et le volume.)
— Statue d'Euterpe Penna) (Musée de
Fig. 504.
(d'après Madrid).
(Restaurations : La tête, le cou, partie des épaules, le liras droit en entier, l'avant-bras gauche avec un fragment de draperie; et les flûtes, le pied gauebe avec une parti de draperie ; l'Amour, qui est moderne n'existe plus.)
Fig. 505. — Statue d'Erato (d'après Penna) (Musée de Madrid).
(Restaurations : Tète, cou, nu de la poitrine, presque tout le bras droit, le bras gauche, la lyre, les deux pieds, l'Amour. A la place
' occupée par l'Amour, il y avait un attribut.)
Muses, la série ayant été complétée par une statue debout que la restauration orna des attributs de Thalie. Ces Muses ont toute une histoire
ART ET NATURE
Entre 1658 et 1689, la reine Christine de Suède, réunissant une collection d'art antique, fit l'acquisition des huit sœurs, la Thalle restant à Rome. A la mort de Christine, en 1689, elles passèrent aux mains de Livio Odescalchi, duc de Sirmio. C'est alors que Philippe V d'Espagne, voulant orner son palais de Madrid, envoya à Rome Vélasquez, qui acheta les huit Muses (fîg. 500-507). Ferdinand Vil les plaça au musée qu'il faisait installer ; elles ornent encore le Musée royal de Madrid. Six des Muses étaient acéphales, et les bras manquaient; aussi furent-elles restaurées et trop complétées. Clarac pense que ces restaurations sont l'œuvre de Bernini. En effet, à examiner la position des bras et des tètes,
Fig. oOG. — Statue de Melpomene (d'après penna) (Musée de Madrid).
(Restaurations : La tête, le cou, le nu de la poitrine, la main gauche à partir du péplos. La massue n'existe plus.)
Fig. 507. — Statue de Calliope (d'après Penna) (Musée de Madrid).
(Restaurations: Le nez, l'avant-brasdroit, presque tout l'avant-bras gauche.)
d'une allure mouvementée, les défauts du Bernini se retrouvent. La tète de Clio est bien celle de la statue, de même celle de Calliope. C'est Erato qui est la Muse la plus célèbre de Madrid, et cependant elle fut la plus maltraitée.
En ce qui concerne Mnémosine et deux Muses, Penna croit les reconnaître dans trois statues du Musée Chiaramonti [fig. 508-509-510). Il nous semble que Mnémosine se retrouverait plutôt dans la statue n° 508. Comme art, ces statues, copies de statues attiques interprétées, sont médiocres; elles durent orner un même lieu comme figures accessoires. Ligorio mentionne une autre Mnémosine provenant du théâtre latin. On peut la retrouver au Vatican (fig. 511), dans une niche située entre la salle des Muses et la Rotonde; le professeur Massi la donne comme provenant de la villa Hadriana. Cette petite statue, d'un meilleur travail que les trois figures précédentes, largement drapée dans une attitude pleine de noblesse, est une des statues de femmes les plus délicatement exécutées.
A la salle des Muses, au Vatican, on remarque une figure de femme dont la tête
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ART ET NATURE
semble trop forte pour le corps. A Velletri ^palais Ginetti), où elle avait été restaurée en Fortune, elle fut donnée par le prince Lancelotti au pape Pie VI ; celui-ci la transforma en Thalie. La tête seule, qui a été fortement grattée, provient de la villa d'Hadrien (fig. 512). Quelques autres ligures féminines, que les restaurateurs ont essayé d'identifier, sont assez belles par les plis de leurs vêtements. Ainsi (fig. 513) une soi-disant Cérès (au Vatican, Chiaramonti) à laquelle on a adapté une tête antique couronnée d'épis ; le visage, selon M. Helbig, rappellerait celui de Julie (à Blundell Hall); une pseudo-Junon (fig. 514), dont on
Fig. 512. — Tête de femme (l'Likanie de la salle des Muses, au Vatican; (phot. Moscioni)
a refait la tête, le liant des épaules et les deux mains avec la grenade, attribut que tenait la Héra de Polyclète à Argos. 11 en est de même pour la statuette intitulée Bacchante (fig. 515), depuis qu'un restaurateur lui a restitué une tête et des mains, pour une statue (fig. 517) restaurée en Parque (Vatican, Chiaramonti) dont la tête antique est d'une expression mélancolique et enfin pour une autre femme (fig. 518), probablement une prêtresse, gratifiée par un restaurateur de deux bras et d'une fiole (Chiaramonti).
Dans trois statues de petites dimensions, on reconnaît des Nèmêsis (deux au Vatican, l'autre au Latran) qui, de la main gauche, relèvent légèrement une partie de leur manteau en un geste symbolique et, de la main droite, tiennent un rameau. Celle du Musée de Latran
LA VILLA HADRIANA
reproduit un original attique du ve siècle; les deux autres spécimens (fig. 519-520) du Vatican (galerie des Candélabres et Chiaramonti) offrent les mêmes particularités ; toutefois la première de ces statues est d'une exécution plus délicate.
Du type de la Pudicitè (à Lansdowne House) nous connaissons des fragments de draperies trouvés en 17691; mais nous n'avons pu identifier les statues de la Tranquillité et de la Fortune Virile mentionnées par Ligorio.
Une gracieuse statue de jeune fille {fig. 521), dont la tête, antique cependant, n'appartient pas au corps, a été restaurée par Cavaceppi (villa Albani). Ses pieds ne portent pas à terre et, par une habile disposition des étoffes, elle semble se tenir suspendue dans les
Fig. 513. — Statue de femme (Vatican, Chiaramonti) (d'après Penna).
(Restaurations : La tête couronnée d'épis, l'arant-bras droit et la main, la main gauche et le pan de robe.)
Fig. 514. — Statue de femme (d'après Clarac) (Blundell Hall).
(Restaurations : Tète et partie drapée, les deux mains.)
Fig. 515. — Statuette de femme (d'après Clarac).
(Restaurations : Tête, bras depuis le milieu du biceps.)
Fig. 516.
Statue de femme (d'après Clarac).
(Restaurations : Tête, bras à parlir de la draperie.)
airs. On pourrait voir dans cette œuvre Iris, la messagère des dieux; mais, dans ce cas, elle devrait avoir des ailes. Nous y voyons plutôt Sèlènè, descendant pendant la nuit pour visiter le bel Endymion. C'est probablement pour cette raison que le restaurateur lui a mis une torche entre les mains. Toutefois une peinture de Pompéi, représentant le même sujet, nous montre la déesse tenant un rameau. La disposition générale de cette figure rappelle quelque œuvre hellénistique du même genre qu'une Victoire que reproduit Clarac (639-1441). Si cette figure représentait Sélènè, peut-être forma-t-elle un groupe avec celle d'Endymion (fig. 522) trouvée aussi à la villa en 1783 (à Stockholm) et où on a voulu voir un Aelius Verus mort pendant son sommeil. Cela n'est guère admissible ; Verus mourut en 138 et Hadrien le suivit en juillet de la même année.
Deux autres statues de femmes, également charmantes, sont conservées au Musée du