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tours et se ji,TOupant autour de la cité primitive, (|ui restait toujours le point principal de la défense.
Maître de Jérusalem, David « habita dans la place forte et l'appela ville de David; et il btitità l'entour à partir du Millo (I). » Ce renseignement nous est fourni par le livre de Samuel et par le livre des Chroniques, qui ajoute : « et Joab éleva le reste de la ville (2i. » De la sorte, la cité s'ai^randit, puisqu'elle s'étendit jusqu'au Millo, « engloba dans son enceinte la ville basse i3), » qui devint ainsi avec la citadelle jébuséenne « une seule cité, environnée de remparts et confiée à la garde de Joab. » Les travaux de ce genre devaient continuer sous les successeurs de David ; mais aA'ant d'en parler, essayons de définir ce qu'était le Millo.
Appu\'é sur l'étA^mologie que plusieurs savants font venir du mot hébreu Jî}C3 ^» ^^^ signifie remplir, combler de terre, le R. P. I.agrange 3'- voit « une certaine partie de la fortification », plus précisément « un point où on avait dû fermer la vallée ['\]. »
Cependant, l'article constauiment employé devant le mot Millo, ha Millo, semble indiquer une construction bien connue, existant déjà du temps des Jébuséens. L'ancienne ville chananéenne de Sichem avait aussi son Millo (\^^^], et le R. P. Laf^ranfjfe v voit « un point fortifié près de la cité (5). » D'après M. Maspéro « il 3^ avait un Millo dans toutes les
(1) ir Rcg. {Il Sain.) V, !).
(2) / Par. XI, S.
(3) Josèphe, Ànt.JtiLi., VII, m, 2.
('1) Le livre des Juges, p. 163.
(4 bis) Jud. IX, G.
(o; /(/., Ibid.
villes importantes (I). » C'est pourquoi MM. Grove, Schmidtet Moore voient plutôt dans Millo un nom d'origine indigène, adopté tel quel par les Israélites (2). Josèphe n'emploie jamais ce mot ; il le remplace toujours par le mot Acra ou ville basse (.'i), et les Septante le rendent une seule fois par MIao) (4), préférant aussi dans tous les autres cas l'emploi du mot Axpa (5 .
Le IV*^^ (IPî livre des llois raconte que Joas fut frappé « dans la Maison de Millo (Beth-Millo; à la descente de Silla i()/. » « Millo, dit M. Wilson, peut bien être l'acropole du mont Sion ou une de ses tours, et Silla semble aAoir été située en bas 7i. »
A notre tour, nous faisons du Millo un fort distinct
(1) Histoire aiic. des peuples de l'Orient ci, Paris, 1897, t. H, p. 6!i;}, noie l.
(2) Hastings, Diclionary of the Bible, Edinbourg, t. III. p. 373, mot Millo.
(3) Jost'phe, loc. cil.
(4) III ■[) Reg. l.\, 15.
(5) Il Reg. {II Sam.) V, 9; - III I Reg. L\, 2i ; — XI, il. — IV {II) Reg. XII, 20. —l Par. XI, 8. — // Par. XXXII, 5.
(r.) IV [II] Reg. XII, 20.
(7) Hastings, Dicl. of the Bible, t. 1\ , p. ijlo, mot Silla. — Le livre de Néhémie (III, Ib) parle d'une « piscine de Sélali dans le jardin du roi. » Le site indique correspond bien à la piscine de Siloé. Mais les Septante et les anciens rabbins distinguent « la piscine de Siloé dans le jardin du roi », de la « piscine de Sélah ou des poaux à la toison du roi. » (Wilson, op. cit., loc. cit.) Il est vraisemblable ijuc Sélah soit le nom de la « piscine construite » qui dans le môme passage de Néliémic se trouve au nord do la piscine de Siloé près de la u Maison des Forts et que, par inadvertance, le nom de la première piscine passAt à la seconde.) » D'après le M. P. Vincent {Les jtiurs de Jérusfiletn d'après .\éhéinie, Revue biblique, 1904, p. 08i, (( Sélah est à lire évidemment SilUt. » Dans ce cas la Maison des Forts est Beth-Millo que nous trouvons ainsi au nord-est du mont Sion. Le Talmud parle aussi d'une « Siloé » située au milieu de la ville (Lighlfoot, Dis. chorogr., L'golinus, Thésaurus, t. XXIll, p. H59i. — Cfr. Josèphe, Bell. jud. Il, xvi, 2.
de la ville jébuséenne conquise par David (1;, et
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Fifj. .;. — Jérusalem, al temps de Sal(imo.n.
Cours du mur méridional d'après M. Bliss.
Ancienne enceinte; enceinte actuelle. Echelle i : 15000.
situé dans l'Acra de Josèphe. Peut-être même serait-ce la forteresse visée par le récit du II'" livre de
(1) Dans lo Il[ (/) livre des Rois, I.\, 15, ic Millo apparaît comme une forteresse bien distincte de colle de Sion. — Cfr. H Par. XXXII, 5.
Samuel : David se trouvait dans sa capitale, y est-il raconté, lorsciu'il eut vent de la présence des Philistins dans la vallée de Raphaïm. Aussitôt « il descendit dans le fort, iraûcret hammczuda 1). » En effet, l'ennemi ne pouvait attaquer la ville haute sans être entré d'abord dans la ville basse. C'était donc celle-ci cju'il importait avant tout de défendre, et le Millo remplissait ce rnle.
Avec une pénétration toute orientale, disons prophétic^ue, David voulut faire de sa capitale le centre religieux d'Israël. L'opposant aux antiques sanctuaires de Béthel, de Silo et autres, que le peuple fréquentait depuis des siècles, il résolut de transporter à Sion l'arche d'alliance. Jérusalem devenait ainsi la Ville sainte par excellence, la demeure de Jahvé et le but des grands pèlerinages, qui cimentaient l'unité religieuse des tribus et jetaient les fondements de l'unité politique. Car ces pèlerinages occasionnaient de véritables foires, associées aux cérémonies du culte, et développaient la conscience nationale des « Fils d'Israël. »
Puis, il rêva de construire à Dieu un temple magnifique. Ses proportions grandioses, en frappant les imaginations, rehausseraient le culte, feraient apprécier la grandeur de Jahvé et relèveraient le prestige de David, son serviteur, et de sa dynastie. D'après l'écrivain ecclésiastique, le roi n'eut pas à choisir l'emplacement de l'enceinte sacrée. I.ors d'une peste, occasionnée par l'orgueil du monarcj[ue, celui-ci vit,
(1) II Rpg. (Il Sam.) V, 17, 18. — Le H. P. De Hummelaiicr {Corn, in lib. Samuel, p. 30.)-30(")) propose de lire : il descendit il a fort au lieu de : dans le fort, à moins qu'il ne soit question, dit-il, d'une forteresse inconnue. L'existence du Millo expliijue l'expression liammczuda.
près de l'aire d'Oman le Jébuséen, un ange tournant une épée nue vers la ville. A sa prière et devant ses
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Fig. 6. — JÉRUSALEM, AU TEMPS d'EzKCHIAS. Ancienne enceinte; ----- enceinte actuelle. Kchelle i : 15000.
larmes, le fléau s'arrêta, car le repentir avait effacé la faute. David alors acheta le domaine du Jébu-
séen (1), y bâtit un autel à Dieu et y offrit des sacrifices. Le feu du ciel consomma les holocaustes et le Sei<:fneur ordonna à l'ange de remettre son épée au fourreau.
L'endroit illustré par cette théophanie significative reçut plus tard le temple de Salomon, héritier et exécuteur des desseins de son père. « Et ainsi Salomon se mit à bâtir la maison de Jahvé à Jérusalem sur la montagne de Moriah, qui fut montrée à David son père, et à l'endroit que prépara David dans l'aire d'Oman le Jébuséen .2 . »
Sur cette nouvelle colline, au sud du sanctuaire, qu'entourait, comme à Silo, tout un quartier sacerdotal 3), Salomon construisit ses palais : la maison du bois de Liban à trois étages et à quarante-cinq salles, le portique du trône qui lui-même servait de tribunal, sa maison d'habitation, et la maison de la fille de Pharaon (4i.
Toutes ces constructions, y comprise celle du temple, étaient l'œuvre d'architectes et d'ouvriers phéniciens, s'inspirant des usages de l'Egypte et de l'Assj'ro-Babylonle. C'est assez dire les dimensions et le faste de ce nouveau quartier religieux et roj'al. Des fouilles faites un peu partout en Orient, mais
(1) L'achat de (( la montagne que Dieu uioitlra à David » est raconte- en appendice au dernier chapitre du II' livre de Samuel. Le R. P. Schloegel {op. cil.) dit qu'on peut placer sans crainte les récits de tout le chapitre XXIV, entre la rébellion d'.Absalon racontée au chapitre XX, et la conspiration dAdonias racontée au I" chapitre du III (li livre des Rois. Presque pendant tout le règne de David, le sommet de la colline orientale restait la propriété du Jébuséen. Ce n'est donc pas là (juon doit chercher la forteresse do Sion et les travaux de David.
{2} Il Par. III, 1.
(3) Jos. XVIIl, 1. — Cfr. 1 Reg. {I Sam.) XXI ; — XXli. li). — III (i) Reg. III, i.
(4) m [l) Reg. IX, 1, 15, 2i ; — XI, 27.
surtout à Suse et dans le bassin du Tigre et de l'Euphrate, peuvent nous en donner une idée. Sans doute, à Jérusalem l'exiguïté relative du Moriah ne permit pas d'immenses constructions ; mais celles-ci ne purent manquer ni de grandeur ni d'éclat. A défaut d'autres preuves, l'accent enthousiaste, que les écrivains bibliques ( J et Josèphe '2) mettent à les décrire, suffirait à nous en convaincre.
Enfin, Salomon édifia une nouvelle ligne de remparts, pour réunir à « la ville de David » le splendide C|uartier du Moriah, dû tout entier à sa royale initiative.
Plus tard, la population hiérosol3'mitaine, en débordant vers le nord-ouest, donna naissance à un nouveau faubourg. qu'Ezéchias, au vnr siècle, protégea par une nouvelle enceinte i3 .
Résumons maintenant les données topographiques que nous fournissent les textes étudiés.
La vieille cité jébuséenne de Jérusalem était entourée au sud et à l'ouest par la vallée d'Hinnom ; — à côté de la ville haute, prise par David, était un quartier apparemment plus lias, défendu par le Millo et rattaché plus tard à la place forte ; — une nouvelle colline, le Moriah reçut le temple et les palais de Salomon. — Les deux premiers, Sion et la ville basse, portent dans la Bible le nom spécifique de « ville de David (4). »
En somme, trois quartiers distincts : Sion, la ville basse, le Moriah, à chercher en dehors du faubourg
^1) m il) Reg. VI, VII. — Il Par. III.
(2) Ant.jud. VIII, III.
(3) // Par. XXXII, 5.
(4) Il Par. XXXII, 5.
d'Ezéchias, qui. de laveu de tous, s'étalait sur les flancs du Gareb.
Rappelons-nous aussi les indications de Josèphe qui, au jugement du R. P. Séjourné, expliquent et complètent heureusement la Bible. En efl"et, il interprète les livres sacrés d'après les murs qu'il a sous les yeux, et qui, dans leur tracé, sont antérieurs au VIII'' siècle avant Jésus-Christ. Tout le monde est d'accord là-dessus ' l).
Or, d'après Josèphe, la première enceinte de la ville, œuvre collective de David et de ses successeurs, allait, au septentrion, depuis la tour Hippicus (2) au Xyste, pour aboutir au portique occidental du temple ; à l'ouest elle partait de la même tour, traversait le Bethso, jusqu'à la porte des Esséniens; au sud elle passait au-dessus de la piscine de Siloé, inclinait vers l'est et la piscine de Salomon. atteignait Ophla et rejoignait le portique oriental du temple 3;.
L'étude du terrain et les découvertes archéologiques permettent-elles de localiser ces données avec quelque chance de probabilité .'
Nous laissons de enté la tour Hippicus et le Moriah, dont personne ne conteste l'identification, pour nous borner à la seule « ville de David. » Où tombe le mur septentrional décrit par Josèphe ?
A propos du rempart détruit par Joas. roi d'Israël, au temps d'.Vmasias de Juda, « depuis la porte
(1) Il faut excepter M. Sayco, suivi par le R. P. Germer-Durand et les professeurs de Notre-Dame de France {La Pale>^liiir) (|ui soutiennent que just|u'au temps des Machabées ou d'Hérodc le mont Sion restait en dehors de la ville.
(2) KUe lit partie du second palais qu'Ilérode se construisit à l'angle nord-ouest du mont Sion.
(3) Dell. jud. V, IV, 2.
d'Ephraïm jusqu'à la porte de l'Angle (1) », le |{. P. Séjourné écrit fort bien: «Qu'il s'agisse du mur septentrional de la première enceinte, c'est incontestable; la deuxième enceinte ne fut bâtie que plus tard, comme nous le verrons, sous Ezéchias et Manassé ; quant à la partie qu'on pouvait détruire plus facilement, c'était bien la partie septentrionale qui n'avait point pour la défendre, comme pour les trois autres, de véritables précipices. D'ailleurs la preuve en est dans ce nom de porte d'Ephraïm, indiquant une porte par laquelle on sortait pour aller au pays d'Ephraïm, la Samarie actuelle vers le nord (2 . «
Ce mur existait encore au temps de Vespasien, puisqu'il fut le dernier attaqué par l'armée romaine arrivée devant la ville basse et la ville haute (3). On a même retrouvé ses vestiges. Mais laissons la parole à M. de Vogué : « Dans la rue dite Kauatir Mar Botros truelle de Saint-Pierre), raconte l'éminent archéologue, on a mis à découvert deux tours et la courtine intermédiaire ; elles sont construites en grand appareil rectangulaire sans refends ni ciselures. La courtine a 18 mètres de développement (4). Le fragment de rempart est rasé à la hauteur du plateau de Sion ; mais du côté du nord, à cause de la différence de niveau , il a encore une hauteur de 12 mètres. Une porte pratiquée au pied d'une des tours permettait de descendre dans le fond de la
(1) // Par. XXV, 23.
(2) Op. cit., p. 45.
(3) Bell.jud., VI, VII, viii.
(i) M. Warren, E-rploratiuiis al Jérusalem. 1884, pi. III, donne à ce mur une longueur de 90 mètres, y compris les deux tours.
vallée. Nous avons là un reste évident de la première enceinte, de celle que Josèphe appelle le vieux mur, et qui de la tour Hippicus allait rejoindre la face occidentale du temple 1 i. »
Il est tellement évident que la colline occidentale appartenait dès l'origine à la ville, que ceux même qui font de lOphel le point initial de Jérusalem, reconnaissent dans les fortifications du Sion traditionnel, l'œuvre de David avec M. Schick (2) et M. Wilson [3), de David et de Salomon avec les RR. PP. Lagrange i4) et Séjourné (5); d'autres attribuent à Dcivid ou même aux Jébusiens la construction d'un fort à l'angle nord-est du mont Sion, avec M. Caspari iGi et M. l'abbé Moniquet (7). M. de Saulc}-- y voit avec raison le Millo 8 , comme M. Tobler 9-.
La vallée dont il vient d'être question est la vallée transversale qui de la tour Hippicus descend
(1) Le temple de Jcrumlem, Paris, 186i, p. 112113. — Cfr. Siirvey of }y'esteni Palealine, Meinoirs, Jenisuleni, Londres, i88i, p. 27L
(2) Die Baugeschichte der Stiidl Jeiiimlem, /. I). P. V. Leipzig, 189i, t. XVII, p. 9.
(.3) Le célèbre palestinolojjue pense que David a construit tout le mur autour du mont Sion. Ilastings, Dicl. nf Ihr Uiblc, t. IV, p. 983, mot//o/(.
(4) Kn réponse aux objections de M. Souiller, le R. V. Lapjrange écrit : « Je pense que ces constructions se sont étendues de très bonne heure, et dès le temps de David sur la î,'rande colline, .le donnerai donc des billets (do logement) pour les environs du Cénacle aux gens de David, mais non aux .lebuséens. » Revue biblique, 189;;, p. I'i3. — David a logé ses gens dans Sion, la ville jébuséenne.
(5) Le R. P. Séjourné dit en parlant du mur septentrional du mont Sion : « Peut-être David a déjà commencé ce mur : toutefois nous voyons qu'il avait surtout travaillé autour de l'Ophel. » Op. cit., p. 47. — Où voyons-nous cela ?
(«; Op. cit., p. 320.
(7) Jéru>i(tleni, x(i topographie primitice, Tours, 1883.
(8) Voir Zimmermann, op. cil.
(9; Op. cit., toc. cit.
Lie MONT SION 27
vers l'orient et aboutit dans la large vallée au pied du Moriah. S'il n'y avait pas pour la « ville de David » la défense naturelle de ce côté « comme pour les trois autres » grâce à » de véritables précipices, » il y avait cependant là une vallée qui est allée en se comblant. L'église de Saint-Jean-Baptiste, actuellement environ 8 mètres au-dessous du niveau du sol(l), la vue des cartes dressées par les ingénieurs anglais (2), et l'examen même des lieux peuvent aisément le démontrer. Déjà en 1283, l'érudit pèlerin, Burchard du Mont-Sion, nous la signale dans une description, que nous nous en voudrions de ne pas reproduire : « La vallée qui vient du midi, dit-il, une fois arrivée au rocher qui supporte la tour de David, se recourbe et se dirige de l'occident à l'orient... En descendant de la tour de David, la vallée longeait le côté nord du niont Sion et s'avançait jusqu'au mont Moriah où se trouvait le temple. Maintenant, il est vrai, elle est comblée ; néanmoins on peut encore suivre ses traces (3). »
Au sud, les intéressantes fouilles de MM. Maudslay, Guthe et Bliss ont permis de reconstituer le mur de l'ancienne ville de ce côté. Elles sont trop importantes pour ne pas nous }■ arrêter; aussi leur réservons-nous un article spécial.
La direction des murs à l'ouest du mont Sion
(1) CeUe église située à l'est de la piscine d'Ezéchias ou Blrkrt Haiiimâin el Batrak, était à son origine, du v° au vi' siècle, au niveau du sol, comme le prouve la disposition des fenrtres et des portes, .\ujourd'hui, le seuil de cet intéressant monument se trouve à 8 mètres au-dessous du niveau de la rue.
(.2) Wilson, Ordnance Stirrey of Jerusalnn. Londres, 1865. — Sitney of W. P. Meinoin^, Jérusalem, p. 271.
(3) Descriptio Ternv Sanctœ, cd. Laurent, Pregrin, niedii (rri quatuor, Leipzig, 1864, p. 64.
actuel est connue; inutile d'insister. D'ailleurs toutes les cartes les signalent, et les remparts de Soliman permettent assez bien d'en juger,
A l'orient, le mur se rattacliait au Haram es Scherif. En plusieurs endroits on en a découvert des vestiges, et leur disposition générale est assez bien établie, comme nous le dirons en parlant de rOphel. C'est là encore un point, considéré généralement comme acquis.
Bref, si l'on peut regretter que Josèphe ne nous ait pas fourni des détails plus amples et plus précis sur le parcours de la première enceinte, au temps des roisde Juda, personne cependant ne peut exiger une description plus exacte.
Essayons à présent de déterminer les deux collines de la « ville de David » comprise dans la première enceinte, et rapprochons le récit de Josèphe de celui de la Bible.
Au sud et à l'ouest la vallée actuelle d'Hinnom, qui seule, avons-nous dit, répond à la donnée biblique du livre de Josué, nous conduit au mont Sion traditionnel, pour 3' chercher la ville haute, antique place forte des Jébuséens, d'où Jérusalem prit son développement.
Le nom de « ville de David » passa en même temps à la ville inférieure, protégée par le Millo et fortifiée par le roi - prophète. Elle occupait la deuxième colline.
Le Gareb, situé hors de la première enceinte, ne peut revendiquer l'honneur d'avoir appartenu à la « ville de David, » et d'avoir servi d'assiette au Millo, l'Acra.
La colline orientale, le Moriah, que le Seigneur
LE MONT SrON 29
« montra à David » vers la fin de sa vie, ne peut pas être non plus cette seconde colline, car on ne saurait trouver la troisième, qui en fut séparée par la vallée large. T.e mont Moriah et son prolongement naturel d'Ophel forment, du moins en partie, le quartier salomonien exclu de « la ville de David. » La chose serait encore plus invraisemblable, contre toute analogie et contre la nature même des choses, si faisant de la pointe méridionale d'Ophel la ville basse, nous remontions pour trouver d'abord la ville haute et, enfin, au sommet du Moriah le temple et les demeures royales. D'ailleurs nous reviendrons plus au long sur ces considérations.
Reste pour la ville basse, ou deuxième colline, la partie nord-est du mont Sion, de fait séparée de la troisième colline par une vallée large et de la première par une dépression, selon nous l'ancien T^-ropéon de Josèphe, comme nous le dirons plus loin.
De la sorte nous obtenons une « ville de David » entourée de profondes vallées : au nord, la vallée transversale, au sud et à l'ouest, l'Hinnom, et à l'est, la vallée centrale, que Josèphe appelle la vallée large.
Les épisodes de l'histoire des sièges, que Jérusalem eut à subir avant sa destruction, tendent à confirmer notre théorie, qui n'est en somme que celle du savant palestinologue suisse.
///. — La ville de David d'après les livres des Machabées.
La ville de Jérusalem forma de bonne heure un ensemble de quartiers, entourés de murs et plus oa
30 LA VILLIÎ DK DAVID
moins fortifiés par la nature et par l'art. L'un de ces quartiers, « la ville de David », joua un rôle considérable durant la période post-exilienne, surtout à l'époque des Machabées.
Le gouvernement théocratique, restauré après le retour de Babylone par Néhémie et Esdras, à la base de la législation mosaïque, devait préparer la venue du Messie sur la terre, là, dans son temple à Jérusalem, devenu le centre du Juda'isme de la Palestine etdela Dispersion.
Mais l'empire perse était tombé 330), et Alexandre le Grand avait parcouru l'Orient en vainqueur, fondant partout des colonies grecques et propageant l'hellénisme. Après sa mort (323), la Palestine tantôt province d'Egypte, tantôt province de S3'rie, subit l'infiltration hellénistique sans que pourtant les Juifs fussent privés de leur liberté religieuse. Tour à tour les Ptolémées et les Séleucides maintinrent leur garnison dans « la citadelle de Jérusalem (1), » et favorisèrent les progrès de la civilisation grecque, mais sans imposer la religion des Hellènes. Aussi le peuple, à Jérusalem surtout, demeura-t-il généralement réfractaire aux séductions, qui entraînaient l'aristocratie sacerdotale et civile vers un idéal de puissance temporelle, sans grand souci de la vie future et de l'antique espérance des prophètes. Son rigide monothéisme, son attachement parfois exagéré aux pratiques extérieures du mosa'isme et son engouement pour la littérature apocalj-ptique orien-
(1 Trente ans avant que les Machabées ne s'insurgeassent contre les ennemis de la religion, les habitants de Jérusalem aidèrent les troupes d'Antiochus le Grand à chasser « de la citadelle » la garnison que le général égyptien, Scopas, y avait laissée, .losèphc, Ànf.jud. XII, m, 3, qui cite Polype le Mégalopolitain, Hist. XVI.
Ll-; MONT SION 31
talent ses aspirations vers un messianisme merveilleux essentiellement national, incompatible avec la religion grecque rationaliste et cosmopolite.
Mais au n" siècle avant Jésus-Christ, les choses changèrent. Les Séleucides, maîtres de la Palestine depuis 198, voulurent helléniser de vive force : non plus les classes cultivées et dirigeantes, mais les masses populaires étaient visées. La persécution éclata, cruelle et sanglante contre les Juifs fidèles aux traditions de leurs pères. Volontiers on les dépeignait comme ennemis de la Syrie et alliés à l'Egypte, c|ui elle, avouons-le, n'avait guère recouru à ces rigueurs.
Cependant les excès du parti syrien et hellénisant provoquèrent un soulèvement général du peuple, qui, après trente-quatre ans de lutte héroïque, conquit sa pleine indépendance religieuse et politique (142 avant J.-C).
L'occasion de cette malheureuse intervention des princes syriens fut l'ambition de certains Juifs influents, grecs de mœurs, désireux des faveurs de la cour et des dignités religieuses de Jérusalem. La souveraine sacrificature fut mise à l'encan et les prétendants recoururent aux armes pour s'assurer le fruit de leur odieux marché. D'où révoltes et guerres civiles, meurtres et trahisons, qui justifiaient, parfois, les violences des troupes étrangères chargées de maintenir l'ordre dans la cité et l'envoi d'armées considérables pour appuyer leur action.
Pendant qu'Antiochus Epiphane guerroj'ait en Egypte, le bruit de sa mort se répandit en Palestine et provoqua à Jérusalem une vraie révolte contre les Syriens. Jason, l'indigne grand-prétre qui «avait
osé bâtir un j4:3'ninase sous la citadelle (1), » en profita pour rentrer en possession de la souveraine sacrificature dont Antiochus l'aA'ait dépouillé au profit de Ménélas. Il arma ses partisans, pénétra dans la ville et força Ménélas et les siens à chercher leur salut « dans la citadelle (2), » alors commandée par le Syrien Sostrate(3).
Après avoir vu le sang de ses enfants versé par ses propres fils, Jérusalem vit Antiochus accourir dans ses murs, souiller son temple, et la livrer au pillage et aux massacres (4^. Puis deux ans après, ce fut Apollonius qui, chargé d'imposer la religion grecque, attendit le jour de sabbat pour fondre sur les habitants désarmés, mit la ville à feu et à sang et la démantela (172). Dans le temple profané on installa le culte idolâtrique de Jupiter, l'observation de la loi juive fut défendue sous peine de mort et la persécution multiplia les apostats et les martA'rs (5).
Entre temps, les Syriens s'étaient fortement établis dans la cité dévastée : la citadelle antique, autrefois tour à tour caserne de la garnison ég\'ptienne et de la garnison syrienne, avait subi de telles améliorations, que l'écrivain sacré y A^oit comme une nouvelle construction (6). C'est là que les Syriens se
(1) // Macch., IV, 12.
(2) // Macch., V, 5-10.
(3) /; Macch., IV, 27.
(4) H Macch., V, 22.
(5) / Macch , I, 33-34. — // Macch., V, 24-25.
(6; Après avoir raconté que Jérusalem fut dévastée par les troupes d'Apollonius, l'auteur sacré continue : « Et ils fortifièrent la ville de David avec une muraille grande et forte et des tours solides, et en firent leur forteresse. » (/ Maccli. I, 35. — Josèphe, .iiiliq. jud. XII, v, 4). Il n'est pas vraisemblable qu'Apollonius ait rasé la forteresse jusqu'alors occupée par la garnison syrienne et contre laquelle s'étaient brisés les
retranchaient, trouvaient un refuge après les défaites infligées par les insurgés, accueillaient les transfuges, les Juifs hellénisants. Ce fut là qu'ils bravèrent les valeureuses troupes de Judas Machabée, lorsque celles-ci, après la victoire de Bethsour, les eurent délogés de la ville haute (1) et eurent rendu le temple au culte du vrai Dieu. C'est de là encore, qu'ils furent un « embûche pour le sanctuaire, » et purent impunément blesser ou tuer ceux qui s'y rendaient.
Jonathas, successeur de Judas dans le commandement, ne vit même c^u'un seul moj-en de réduire cette place forte : la famine. Aussi fit-il élever « une grande muraille entre la citadelle et la ville pour la séparer de celle-ci, afin cju'on n'y put ni vendre ni acheter (2). » Simon, qui continua l'œuvre
efïorts de .lason. Comme le romarquo CalmeL Connu, lill., t. III, In Fur. Esd. l'I Mdcch., I Mdcch. I, 33), à cause de la pauvreté de la langue hébraïque, l'expression œdifu-nrr sif^nilie souvent niunitiones augerr. C'est dans ce sens qu'Ezéchias « avait bâti le Mille dans la ville de David » {Il Par. XXXII, ri), et que plus tard les Machabées « bAlirent le Sanctuaire. » (/ Macch. IV, 48). Dans les deux livres des Machabées, la forteresse mentionnée avant et après l'arrivée d'.Apollonius est invariablement précédée de l'article défini, la citadelle, comme le Mille ou l'Acra des Septante et de Josèphc. C'était en elïet lu citadelle de lu ville.
(!) Josèphc, sans s'écarter du récit biblique, fournit cependant un détail qui semble y manquer : « Dans la chaleur de sa victoire, dit-il. Judas attaqua la garnison de Jérusalem qui était encore au complet. Il la chassa de la ville haute appelée le château, et la refoula dans la ville basse, le quartier de la cité nommé .\cra. » (Bell. jud. I, i, 4h En ces temps-là, la ville haute n'était pasfortiliée comme elle le fut plus tard sous le règne d'IIérode. La forteresse principale occupait alors la ville basse, et il semble même qu'elle parut trop puissante, pour que le vainqueur songetU à s'en emparer. Aussi Josèphe ajoute sans transition : a 11 se rendit maître du temple, le purifia ot l'environna d'un mur. »
[,2\ L'historien juif nous apprend que pour bloquer la citadelle ennemie, .lonathas « tira un mur à travers la ville. » (Ànt. Jud. XIII, v, il). Nulle part dans la suite il n'est question de celte muraille, et les explorateurs n'en ont trouvé jusqu'ici aucune trace. Devenu inutile par la reddition et
',Vi LA VILF.E DE OAVIIJ
de son frère, eut enfin la joie de voir les assiégés capituler et l'ennemi quitter le pa3's(l).
Où faut-il chercher cette fameuse citadelle syrienne?
Les écrivains bibliques l'indiquent dans la « ville de David |2), » et P'iavius Josèphe à l'Acra, l'antique Millo, la ville basse, comme cela ressort clairement de ses récits.
Le Moriah était occupé par le temple que Judas, après sa victoire, entoura de hautes murailles et de fortes tours « afin que si jamais les païens revenaient, ils ne pussent le fouler aux pieds comme par le passé i3i. » Ce n'est donc pas là qu'on cherchera la place forte d'où l'ennemi put longtemps encore après la mort du héros braver les efforts des vaillants d'Israël Vi.
Encore moins probable l'Ophel. car à cette époque « le mur, qui longeait le torrent du côté de l'orient, s'écroula et Jonathas le releva et il est appelé Chaphénata(5). » La citadelle syrienne ne se trouvait
l'arasement de lii place, on aura démoli de bonne heure celte construction encombrante.
(1) I Mdccli. Xlll, 49-:;3.
(21 « Et ils fortiliùrent la ville de David avec une muraille grande cl forte et des tours solides et en firent leur forteresse. » [ I Mdccli. I, 35. — Cfr. Josèphc, Aiil. jutl. XII, v, 4 . C'est Invariablement dans la « ville de David )) qu'est logc^e la frarnison syrienne. <i Kt on annonça aux hommes du roi et à l'armi'-e qui était à .lérusalcm dans la viHr de Darid... » 1/ Macch. II, 31). La forteresse do la garnison n'est ici qu'un (juartier de la ville. — (( Et prés de cinq cents hommes de l'armée de Nicanor périrent et le reste s'enfuit dans la villr de Darid. » (/ Macch. VII, 33 .
(3) I Macch. IV, 60.
(4) Les Machabées désignent souvent le temple et sa forteresse sous le nom de moitlagnr de Sion. Nous verrons plus loin, à propos des diverses acceptions du mot Sion, quel sens ils lui prêtent et pour (juel motif ils ont sépare « Sion » de « la ville de David. »
(5) / Macch. XII, 30-37. — La Vulgate écrit Caphététha. — L'étymologie do ce nom reste inconnue. M. Schick il)er Tcmpel in Jorusaleai, Berlin,
donc pas là, puisque les Juifs y étaient maîtres. Et la forteresse « qui dominait le temple (1), » peut-on la chercher sur la j^cntc du mont Moriah (2) ? Auraitelle eu l'avantage de commander les avenues qui conduisaient au temple (3)? Rien ne favorise donc la localisation de l'acropole syrienne sur le penchant méridional du Moriah (4).
1896, p. 201) suppose, sans diro pourquoi, (|ue c'est le nom du vallon indiqué par Josèpiic (Bell. jitd. I, vu, 4) au nord-est du temple. L'auteur sacré ne se sert pas de ce dernier comme point de repère, mais du « torrent vers l'orient, » ce cjui nous mène nécessairement au prolongement méridional du mont Moriah, c'est-à-dire à l'Ophel.
(1) « En ce temps-là, dit Joséphe, les j^ardiens de la forteresse de Jérusalem et les renégats transfuges (iront beaucoup de mal au.\ Juifs. Ils tuèrent ceu.\ qui montaient au sanctuaire pour assister aux fonctions sacrées, parce que la forteresse dominait le temple, m Anl.jud., XII, ix, ;}.
(2) Lorsqu'après sa défaite Nicanor était rentré avec l'armée dans la forteresse de « la ville de David, » le tyran se rendit au temple, menaçant les prêtres d'y mettre le feu, s'ils ne lui livraient pas Judas et ses troupes. Le 1" livre des Machabées dit à cette occasion, que Nicanor « monta au temple. » (VII, 33;. Dans le langage biblique on ne descend jamais au temple. On y iiionic invariablement, comme nous le dirons plus longuement au dernier chapitre do ce travail. Mais si l'écrivain ecclésiasticiue emploie l'expression consacrée par la religion, l'historien juif se sert d'une expression plus exacte et, racontant le même épi.sode, il dit : (( Mcanor descendit de r.\cra au temple. » Aiit. Jnd., XII, x, o.
(3) Pour se rendre au temple on ne passait pas par l'Ophel, ou à proximité de ce quartier. Au temps d'Hérode, rapporte Josèplie (Ant. jud., XV, XI, ;j>, quatre portes conduisaient au temple du cùl<' do 1 ouest. Il dut on être de même sous les Asmonéens, et les Juifs, en allant prier, nauraiont pas été exposés à être blessés ou tués par une garnison en embuscade sur l'Ophel. Car ce n'était pas précisément sous le rapport moral que les Syriens étaient devenus « un grand piège pour les Juifs, » et leur citadelle « un embûche pour le sanctuaire, » mais, comme le raconte Josèphe, et comme l'expliquent les meilleurs interprètes, ce fut surtout sous le rapport stratégique : L'accès du temple était rendu très dillicile à ceux qui étaient restés lidèles aux traditions de leurs pères.
1^4) Dans le 1"' livre des Machabées, XIII, 21, on lit : « .Vlors ceux qui étaient dans la forteresse envoyèrent des messagers à Tryphon, afm qu'il se hâtât de venir à travers le désert et qu'il leur envoyât dos vivres. » On argua de ce passage que la forteresse syrienne devait être située à l'est de la ville, à l'Ophel, du côté du désert de Juda. Or, le verset précédent rapporte que Tryphon marcha sur .Vdora, la moderne Dura, distante
Seni-t-on plus heureux en la mettant au petit bonheur sur le Gareb, par exemple à l'est ou au sud-est du Saint-Sépulcre? Mais dans ce cas, on fera remarquer que « la ville de David, » archaïque dénomination de l'Acra demeurée au pouvoir des Syriens, était en deçà de la première enceinte et non au delà. Du reste sur le Gareb, aucune trace d'une colline abaissée, et certes, les vallées ou les dépressions qui l'eussent isolée du voisinage, n'auraient pu s'effacer sans laisser des vestiges, au moins près de la vallée centrale. Les explorateurs n'en ont découvert aucun indice.
Quant à mettre la cité S3'rienne dans la tour de Birah ou Bâris, c'est là une conjecture qu'aucun texte n'appuie, et que l'histoire semble exclure. D'abord, la citadelle ennemie devait aA'oir une extension bien plus considérable. Outre la garnison, parfois importante, elle logeait aussi les Juifs hellénisants, qui s'y réfugièrent avec leurs familles. Sous Jonathas, la citadelle de Jérusalem, ainsi que celle de Bethsour, « étaient occupées par des Juifs impies et transfuges, qui n'osèrent abandonner les camps ennemis 1). » 11 devenait donc facile de réduire l'Acra par la famine, même sans en faire un siège en règle.
de trois Houes à l'ouesl d'Hcbron. (Cfr. // Par. XI, 9). Il avait manifestement l'intention de pénétrer dans la .ludée par le midi, pour secourir la garnison. .losèphe (.1/)^ jud., XIII, vu, 2) raconte le même fait sans parler A? désert. Du reste, de quelque côté que vint Tryphon, il pouvait s'approcher aussi facilement du sud-ouest de la ville que du sud-est. Le désert du texte ne peut donc servir à déterminer le site de la forteresse de Jérusalem.
(1) « En ces jours-là, il sortit d'israél des enfants d'iniquité, et ils séduisirent plusieurs en disant : .\llons, incorporons-nous aux nations qui sont autour de nous. » (/ ilacch., I, 12). La séduction fut d'autant
Ensuite, la tour de T3irah, restaurée par Néhémie (1), est appelée par Josèphe « la tour du temple, » jusqu'à ce que les grandioses transformations d'Hérode en aient fait la forteresse Antonia. Constituant la principale défense du sanctuaire, Simon le Machabée (2i, puis Hyrcan .T, la fortifièrent, l'agrandirent et 3' transportèrent leur résidence royale. Le rocher fut alors abaissé à l'entour, afin de l'isoler, par un large fossé, de l'esplanade du temple et de la pente de Bézétha. Hérode, enfin, lui donna a l'étendue d'une Aàlle et les splendeurs d'un palais (4). » Rien donc ne rappelle la présence des Syriens dans cette tour qui appartenait en tout temps au système de défense du sanctuaire (5).
plus filiale (jiie Jason, (ils et successeur du grand prrtrc Onias, et Ménolas, usurpateur du souverain ponlilieat, avaient donné l'exemple de l'apostasie. Aussi, un nombre considérable de Juifs, comme cela ressort des versets 'i3 et 34 du même chapitre, se fondirent avec les païens par rapport à la religion et aux mœurs.
(1) Dans le mur septentrional de la deuxième enceinte, entre la porte Probatiiiuc à l'est et la porte des Poissons à l'ouest, se trouvait une tour nommée Hananéol [Neh., III, 1-3 ; — XII, 38), construite, sans doute, sur la descente du Bézétha vers le temple. Dans l'intérieur de la ville, entre l'enceinte et le temple, existait une autre forteresse que N'éhémie restaura à son arrivée de la Perse et (ju'il désigne sous le nom de Birali (Neh. II, 8 ; — VII, 2). Joséphe dit que cette tour protégeait le temple, et il la désigne du nom grécisé de BAris. (Anl. ./»(/., XV, xi, 4 ; — XVIII, iv, 3. — Bell.jud., V, V, 8.)
Le mot Birah ne figure que dans les œuvres postexiliennes. Dans le I" livre des Chroniques (XXIX, i, 19), Birah signifie la maison du Dieu d'Israël. Dans Eslher (I, 2, o : — II, 3) et Xéhémie (I. 1) ce mot représente le palais des rois de Perse à Suse. Daniel (VIII, 2) l'emploie également pour le palais royal. Birah vient probablement de haru qui en langue perse veut dire forteresse, ch;Ueau, et indique, peut-être,, d'une manière plus spéciale le chAtcau royal qui renfermait dans son enceinte le zigurat, le temple ou tour sacrée à étages.
(2) I Macch., XIII, 33.
(3) A Ht. jud., XVIII, IV, 3.
(4) Bell, jud., V, V, 8.
(o) Il faut, à notre avis, rattacher à la gigantesque entreprise dont
Ne reste donc que la colline occidentale, « la ville de David. » Mais on ne peut pas songer à la ville haute, trop éloignée du centre, surtout du temple. Aussi Josèphe montre-t-il l'Acra des S\'riens sur le plateau arrondi qui s'élève au nord-est du mont Sion, et que nous considérons comme la seconde colline de la « ville de David. » Celle-ci est suffisamment étendue pour servir de refuge aux apostats et à leurs défenseurs ; elle est à proximité du temple qu'elle dominait, et commandait les avenues qui y conduisaient. Elle seule pouvait être « séparée de la ville » par un mur de blocus. C'est entre cette colline et le temple cjue se trouvait le Xyste (1) ou le gymnase que l'impie Jason « osa construire sous la citadelle (2 . « Enfin, les travaux de Simon après la capitulation des S^-riens s'expliquent fort bien en cet endroit. Craignant les revers possibles de la fortune, il rasa la forteresse, abaissa l'Acra, afin c^u'elle ne menaçât plus le sanctuaire, et combla en
parle Joscplie, le travail analogue qui fut exécuté au nord du temple, autour du rocher sur lequel s'élève la caserne turque et qui portait alors la tour BiWis. On ne saurait y voir un travail antérieur aux Asmonéens, ni l'attribuer non plus à Ilérode. Celui-ci n'avait pas besoin d'abaisser la montagne pour établir dos galeries entre la forteresse Antonia et le temple Simon, au contraire. « fortifia la montagne du temple » et llyrcan « l'agrandit. » Birah s'élevait sur la crête qui olîrait a l'ennemi un accès naturel au temple. Par la taille pratiquée tout autour du fort, celui-ci reçut un piédestal rocheux de o à 10 mètres de hauteur, l'accès en fui coupé par un immense fossé, et aucune machine de guerre ne pouvait plus s'en approcher. Voir Le Prétoire de Pihite et la forteresse Antomii, Paris, 1902. — Dans notre étude sur l'emplacement de la forteresse Antonia qui remplaça la tour BAris, nous croyions que celle-ci se rattachait à la citadelle dos Syriens. La position do l'Antonia et du Prétoire ne dépend d ailleurs d'aucune façon de celle de la citadelle syrienne. Une étude spéciale sur l'emplacement de cette dernière nous a fait modifier notre opinion.
(t) Belt. jiid., V, IV, 2.
U) // Macch., IV, 2>.
partie la vallée afin de faciliter la communication de la ville haute et de la ville basse avec ce dernier. Deux fois Josèphe nous parle de cette colossale entreprise, à laquelle le peuple entier s'employa pendant trois ans (1). On était alors à un moment où tout semblait revivre et où l'enthousiasme relif^ieux cro^'ait saluer l'aurore du règne messianique dans Israël, puisque Rome ordonnait à la S3'rie et à l'Egypte de respecter dorénavant l'indépendance religieuse et politique du peuple juif. Une ère nouvelle commençait, et Simon frappait les premières monnaies nationales de la sainte Jérusalem.
On aurait mauvaise grâce d'arguer du silence de la Bible contre Josèphe. Cet argument ne vaut que pour ceux qui voient dans le livre inspiré une histoire universelle ou une histoire complète de la nation juive, liA-pothèse démentie par les faits et justement rejetée parles critiques. Du reste, comme le remarque M. Guthe, rien n'indique que Simon ait procédé à cette démolition aussitôt après le départ des Syriens 1^2). N'est-ce pas en raison même du texte biblic^ue, omettant le fait et parlant de la purification de l'endroit, souillé par le contact des
(1) Ànl. JikL, XIII, VI, 0. — lii'll. Jiiil., V, IV, 1. — Saint Epipiianc {Coutni Tatidiios, hacr. XLVl, iMi^'ne, Ptttr. gr.-lat., t. XLI. col. Nid, comparant les hauteurs du mont des Oliviers, du mont Gabaon et d'autres lieux avec celle du Gol^'otha, parle aussi « de la colline (jui autrefois existait à Sion, mais qui aujourd'hui est abaissée. » Il désifjno évidemment r.Vcra (les Syriens.
Puis le Talmud (Jllglitlh lit aiiith c. 2 rapproche le passage du livre des Machabées où il est dit que Simon a chassa les Syriens de leur forteresse. » il M(tcch., XIII, 50), de celui du M' livre de Samuel, V, 7, 9, « David prit la forteresse de Sion, qui est la ville de David. ,) Voir C. Rùckert, op. cit., p. 2i. — Ce serait en effet le Millo, l'Acra, une partie de la « ville de David, n
(2) AuftgrabinKjni bel Jrnisdlein, /.. D. P. Y., Leipzig, 1882, t. V, p. 32.3.
40 LA VILLE DE DAVir)
païens, que Josèphe insiste jusqu'à deux fois sur la démolition de l'Acra (1)?
Quoiqu'il en soit, l'Acra, qui joua un si «^rand rôle au temps des Machabées, paraît avoir perdu toute son importance lors du siège de Jérusalem par Pompée, par Hérode et par Titus. On s'en empare dès qu'on est maître du temple, par lequel on pénètre dans la première enceinte.
En efîet. Pompée, a\'ant emporté le temple de haute lutte, prend la ville basse sans difficulté (63 avant J.-C.) (2). Hérode, à son tour, se rend successivement maître des « deux murs qui protégeaient le temple, » des « bâtiments extérieurs du sanctuaire, » de la « ville basse » et enfin met le siège devant la ville haute, où s'étaient réfu-
(1) M. Klaiber, Zion, Davidtiladt uiid die Akra Z. D. P. Y.. Lcipzijj, 1881, t. IV, p. 2Si fil déjà remarquer combien Josèphe « (|ui puisa ses renseifi:nements en partie dans les livres des Machabées, » insiste sur la démolition de r.\cra.
Le Rév. W. Birch (The Lovellimj nf Ihe Akra, P. E. F. Quart. St., 1903, p. 353-355) est d'avis que .losophe plaça r.\cra, la ville basse au sud du temple et vit le monument élevé par Ilérode devant le sépulcre de David au sud de lOphel. Josèphe, aflirme-t-il ensuite, ne possédait du 1" livre des .Machabées qu'une copie tronquée, et cela précisément au verset 50 du chapitre xur. On y lit que Simon purilia l'.-Vcra. Mais du mot svtaOao'.zv/. H purifia, ne restèrent que (juclqucs lettres, dans 'l'ordre suivant : xï0...o. L'historien juif, très perplo.xe, lut ■/.t.Uz^.,-:, il iiirela, et écrivit xa-rssxayE. qui a le même sens. Puis, sabandonnant à la fougue de son imafiination, il inventa l'histoire du colossal travail e.xéculé par le peuple dans l'espace de trois ans.
Loin de trouver que le chanoine anglican a lui-même une lionne dose d'ima;,'ination inventive, la Rrrue bililiquc, 1004, p. 147, publie, à titre d'information, cette intéressante trouvaille.' Kst-ce pour ne pas priver les lecteurs de la précieuse découverte en faveur de l'Ophel? Car, faisant cataracte, l'invention d'une colline asxez cmbarras!<(mle pour qui ne veut pas la niveler, parait bien entraîner l'invention du Tyropéon et celle do la première enceinte, etc., etc. Toute une révolution topographique en perspective, grâce à une facétie d'opérette.
2) Aul. jud., \]\, IV, i. — Cfr. lentéle du 1. XIV, c. XI, et XII, éd. Dindorf.
giés les partisans d'Antigone, son rival \'.M avant J.-C.)(l). Il en fut de même des Romains en 70 après Jésus-Christ, comme nous le verrons au paragraphe suivant.
En résumé, toutes ces données concordent assez bien, dans notre opinion, et il serait difficile, croyonsnous, de trouver pour l'acropole syrienne une localisation plus heureuse que le plateau nord-est du mont Sion. Aussi M. l'abbé Pelt, bien que partisan d'Ophel, n'hésite-t-il pas à placer la « ville de David » des Machabées, l'Acra des Syriens, « sur le mont Sion traditionnel (2). »