‹ La ville de DavidChapitre 16 sur 49 · I.l'; MONI' Sl'tX ()'i · texte numérisé non relu

I.l'; MONI' Sl'tX ()'i

Vasques de Salomon, nctail alimentée que par l'eau de pluie.

« Cet ouvrage, dit M. Conder, parlant de l'ancienne forteresse, peut être apprécié à sa juste valeur, par quiconque se tient à ses pieds dans le passage pratiqué par M. Maudslay : Avec un mur solide de 12 à 15 mètres se dressant sur l'escarpe, il }' avait là en vérité une forteresse splendide et inexpugnable qui, à la force du terme, pouvait défier toute attaque du côté du midi (I). »

De l'année 189^j à 1897. M. Bliss exécuta de nouvelles fouilles pour retrouver les vestiges de toute l'enceinte méridionale de l'ancienne Jérusalem. Au sud de Sion, il constata bientôt un fait du plus haut intérêt pour la topographie de Jérusalem.

« De la tour à base rocheuse, écrit-il, sur laquelle est bâtie l'école anglaise, l'escarpe de Maudslay s'avance au sud-est et forme une autre base de tour immédiatement hors du cimetière. De ce point l'escarpe se retourne vers le nord-est. La base de cette dernière tour, sur laquelle furent retrouvés des fragments de rempart, est entourée d'un fossé qui suit l'escarpe dans la même direction. Cela représente une enceinte tout à fait distincte. Puis, à partir du fossé [large de 6 mètres), précisément en face de l'angle extérieur sud-est de la tour en question, un autre mur descend vers le nord-est 2 . » Ce dernier mur forme une enceinte différente de la première.

Rien ne permet aux archéologues de discerner les œuvres des Jébuséens de celles des Israélites, ni les

(1) The rockscarp o{' Zioii, P. i:. F., (Juarl. St., 1875, p.8j.

(2) Excavations at Jérusalem, Londres, 1898, p. 313.

travaux de David de ceux de Salomon ou des autres rois de Juda. Les données positives, qui seules constituent une base non équivoque pour établir des termes de comparaison, font jusqu'ici entièrement défaut. Tout ce qu'on peut avancer sans crainte d'être contredit, c'est c[u'anciennementune forteresse construite avec un art et une solidité merveilleuses enveloppait le haut plateau occidental du mont Sion. C'est la ville haute de Josèphe, « la colline de beaucoup la plus élevée et droite dans sa longueur, cjui, par suite de sa forte position, avait été nommée citadelle par David (i). »

De toutes les découvertes la plus instructive sinon la plus importante est le fossé. Entièrement creusé dans le roc au pied de l'escarpe, à une profondeur d'environ 2 mètres, il contourne toutes les faces de la tour la plus orientale et, sans aucune interruption, il accompagne l'escarpe se dirigeant vers le nord-est (2). Sa longueur qui mesure G mètres près

(1) Bell, juil., V, IV, 1. — La découverte de cette place forte, limitée au plateau supérieur du mont Sion, élucide un point de l'histoirt^ du sièj,'e de Jérusalem par Titus, resté jus(iu'ici une énigme. Kn ofïet, les Romains après avoir détruit le temple pénétrèrent dans la première enceinte par les portes du llaram. Bientôt ils mirent le feu aux palais situés au fond de la vallée et à l'Ophel. Le lendemain ils occupèrent l'Acra, la ville basse quils incendièrent jus(|u'à Siloé. Ne restait plus que la ville haute, l'ourquoi les légions ne songèrent-elles pas à l'attaquer à l'est ou au midi? La découverte de M. Bliss expli(|ue tout. La forteresse n'occupait que le haut plateau du mont Sion ; à l'est et surtout au sud et au sudouest les pentes étaient beaucoup trop abruptes pour qu'il fut possible d'y amener les machines de guerre. Titus espérait de venir plus facilement à bout de ce formidable boulevard en l'attaquant sur sa ligne septentrionale.

(2) iM. Conder Sitrroy of W. P., Meiiioirs, Jentsalrm, p. 397) suppose que celte tranchée est le chenal, tlip rjutter, mentionné // Rerj. (II Sam.], V, 8) à l'occasion de la prise de la citadelle des Jébuséens par Joab. Le mot hébreu *^ *) O 3^» H'ic toutes les versions rendent d'une manière différente, est tellement obscur qu'il est dillicile d'en deviner le vrai sens.

lAi MONT SION ()0

de la tour d'angle, augmente au nord à mesure que diminue la raideur de la pente sur le flanc oriental de la colline, et à 90 mètres de distance, elle atteint jusqu'à 20 mètres (1).

En présence du mur qui contourne le plateau supérieur et de celui qui descend vers le fond de la vallée large, se pose immédiatement la double question : Les deux enceintes ont-elles été construites simultanément? Et, dans le cas contraire, laquelle est la plus ancienne?

Il est d'abord hors de doute que les deux murs furent élevés originairement à deux époques différentes. Car dans l'hypothèse qu'ils fussent construits simultanément ou d'après un môme plan d'ensemble, on n'aurait pas creusé dans le roc une tranchée de 2 mètres de profondeur et de 0 mètres de largeur, à l'endroit même où le mur sud-est, de 4 mètres d'épaisseur, devait buter contre le premier. Pareil travail, parfaitement inutile, ne se conçoit pas.

Ensuite, si les deux enceintes eussent été bâties d'après un même plan, jamais le mur inférieur n'aurait rejoint la tour à l'un de ses angles extérieurs, ou bien, on n'aurait pas emporté le rocher à l'est, pour former la base d'une tour, que le plan supposé ne pouvait comporter. Un coup d'œil jeté sur le plan ci-joint suffit pour saisir immédiatement que les travaux de défense se sont succédés avec un notable intervalle, et que la citadelle supérieure, partout entourée d'un fossé, avec une tour supprimée plus tard par l'adjonction de l'enceinte inférieure, a été construite en tout premier lieu.

(1) Bliss, op. cit., p. 12 et pi. a;cn. I.

CiCi LA VILLE DE DAVID

De l'existence d'une forteresse isolée sur le haut plateau du mont Sion, n'est-il pas légitime de conclure que là se trouve le point de départ du mouvement d'extension de la population vers l'est, puis vers le nord?

M. Bliss. après avoir rappelé que les lianes du mont Sion recèlent beaucoup de grottes réduites artificiellement en habitations, ajoute : « 11 est généralement admis que les demeures taillées dans le roc sont l'œuvre des habitants primordiaux- S'il en est ainsi, cette colline était habitée dès l'origine (1). »

Le mont Sion offre une position stratégique si remarquable et des travaux de fortification d'un caractère tellement antique que même parmi les partisans d'Ophel, plusieurs, comme nous l'avons vu précédemment, admettent C|u au moins la forteresse jébuséenne occupait l'angle nord-est de la colline occidentale. D'autres reconnaissent que cette colline était habitée et protégée par la première enceinte dès le règne de Salonion, voire même de David. Mais, malgré cela, ils prétendent que le développement de la ville prit naissance à la petite colline orientale, descendit dans la vallée large et remonta peu à peu les flancs de la colline occidentale, jusqu'à occuper finalement son haut plateau (2 . Les fouilles de M. i31iss paraissent donner un démenti à cette hypothèse, déjà invraisemblable par ellemême. C'est de la cime du mont Sion. que partit le mouvement d'extension, comme le prouvent la

(1) Op. cit., p. 170-171.

(2) p. Lagrango, oj). cit., p. 3(5.

Page 1