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première et la seconde enceinte, qui y furent retrouvées.
Aura-t-on recours à une nouvelle hypothèse? Supposera-t-on que David ou Salomon fonda une seconde ville forte sur le sommet de la colline occidentale? Deux villes de Jérusalem, distinctes et en face l'une de l'autre ? Non ! Bien c^ue dans la chaleur de la discussion autour de la topographie de Jérusalem, toute h^^pothèse, quelque extraordinaire C|u'elle fût, ait trouvé des partisans, nous ne cro3^ons pas cependant que quelqu'un recourra à cet expédient pour expliquer l'existence d'une place forte au sommet du Sion, avant c^ue son liane oriental ne fût protégé par un rempart.
D'ailleurs, l'histoire de Jérusalem montre que la ville s'est développée d'après le principe suivi par toutes les villes orientales et occidentales de l'antiquité. Partout les nouvelles enceintes ne s'élèvent que pour protéger la population qui, en augmentant, déborde hors de l'ancien périmètre.
L'Ecriture sainte rappelle d'abord le mur construit par David autour du Millo, pour réunir la ville basse à la forteresse de Sion. Salomon en élève d'autres pour rattacher la colline orientale, le temple et le palais roval à « la ville de David ». Plus tard Ezéchias protège par une nouvelle enceinte la population, qui avait envahi les pentes du Gareb et du Bézétha.
Or, comme la forteresse s'élevait au sommet de la colline occidentale avant c^ue sa pente orientale ne fut ceinte d'une muraille, il faut admettre que la population n'est pas remontée loeu à peu vers cette place forte, mais cjue, au contraire elle en est peu à
peu descendue vers l'orient, où l'attiraient le sanctuaire et le quartier royal, puis vers le nord, le long du flanc septentrional du Sion et du temple (1).
M. Bliss ne se prononce pas sur l'âge des pierres qu'il a mises au jour (2). 11 soulève toutes les hypothèses et interprète ses escarpes, fossés et vieux pans de mur d'après les principales opinions en vogue. « Ceux qui suivent l'opinion de Josèphe, dit-il par exemple, d'après lequel la ville des Jébuséens occupait les deux collines {le Sion et VOphel), ceux-là peuvent attribuer l'escarpe de Maudsla}' aux Jébuséens et la création du mur inférieur à David qui, selon l'historien, réunit la ville basse à la ville haute. »
Comme nous l'avons vu, Josèphe est loin d'étendre la ville des Jébuséens jusqu'à l'Ophel. En conséquence, la construction du mur sud-est c^ui descend dans la vallée ne doit pas nécessairement être attribuée à David, ni même à Salomon; elle peut être l'œuvre d'un autre roi de Juda.
Nous sommes d'accord avec le célèbre explorateur quand il exprime sa propre opinion sur la topographie de Jérusalem au temps de Salomon. Il pense
(1) L'enceinte d'Ezécliias et de Manassès, on le sait, partait do l'angle nord-ouest du mont Sion et se dirigeait au nord-est, en excluant le Golgotha. Puis, le mur septentrional, qui comprenait la porte des Poissons, la tour Hanant'-el et la porte des Troupeaux, passait à une fail)le dislance du nord de la tour Bi\ris et du temple. Or on ne s'expliquerait pas pourquoi sous les rois de Juda le Bézélha ne fut pas envahi davantage par la population toujours croissante, si le mont Sion n'avait été dés l'origine le noyau principal do la ville.
^2 Les blocs proprement dits peuvent remonter à desépo(|uesdilTérentes. Mais les nombreuses et importantes restaurations observées dans ces murs, démontrent qu'on a toujours maintenu la ligne de défense dans son tracé primitif. Les escarpes, les contrescarpes et surtout la position du mur au point do vue stratégique, ne laissent pas de doute à ce sujet.
LE MONT SION Gî)
que SOUS ce règne le plateau ouest du mont Sion, le plateau nord-est et une bonne partie de la colline orientale (le Moriahi, formaient la capitale, c'est-àdire, que les trois quarts de la population habitaient la colline occidentale, le mont Sion (1). Il exprime cette même vue par un diagramme de localisation du mur méridional, que nous reproduisons fig. 5 (2).
Il est difficile de déterminer l'étendue de l'ancienne ville jébuséenne. Le plateau supérieur, où la localise l'historien juif, offre une assiette d'environ GOO mètres de longueur sur 200 de largeur, soit une superficie de 12 hectares ; ce qui constitue un septième de l'étendue de la ville actuelle ou un dixième de la Jérusalem de Josèphe. Mettons qu'une telle place forte contint environ 3,000 habitants. Si l'on prend en moyenne cinq membres par famille, l'on obtient GOO combattants, à peu près l'effectif de guerriers que fournit aujourd'hui encore une puissante tribu arabe.
Mais il ne faut pas oublier que les tribus sémites ne connaissaient pas l'armée régulière ; lorsqu'elles étaient menacées de perdre leur indépendance, tout le peuple, y compris les femmes, concourait à la défense. A Thébès près Sichem, Abimélech eut la
(1) Op. cit., p. 3:}i.
y2) On explique dillicilement comment M. Bliss concilie son opinion sur la topographie de Jérusalem au temps ùo Salomon avec sa théorie sur le développement de la ville. Car lui aussi se montre partisan de la théorie d'Ophel. Disons cependant qu'il n'a pas clé amené à adhérer à cette théorie en vertu de ses fouilles. Avant de les entreprendre, il croyait déjà que la colline orientale représente la deu.xième colline de Josèphe, et que la fontaine de la Vierge est le Gthon siiiiérieur de la Bible. Nous avons vu combien est peu fondée cette interprétation de l'historien juif, et nous verrons plus loin que la deuxième identification est au moins fort coittentalilc.
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tête ])riséc par un fragment de meule que lui lança une femme \\). Lorsque Tyr fut assiégé par Alexandre, et Carthage. par Scipion, les femmes se distinguèrent autant que les hommes pour défendre leur asile contre l'ennemi.
Cependant un simple coup d'œil jeté sur une carte topographique de Jérusalem suffit pour comprendre que le mont Sion n'est pas un vaste plateau, uni et horizontal, mais un terrain ondulé, divisé par un ravin et partout en pente ou bordé de précipices. T.e R. P. Lagrange avait perdu de vue cette configuration, lorsqu'il dit : <■<■ Placée au mont Sion actuel, elle la forteresse jcbuseenne } ne pouvait être défendue c^ue par une armée : ce n'était pas une citadelle qu'il lui fallait du côté du nord, c'était une série de forts !2). »
A onze siècles d'intervalle, à cette même place où les Jébuséens raillèrent David, Simon et Jean, exténués par une lutte sanglante de quatre mois, l^ravèrent les légions romaines, pleins de confiance dans la ciladelle unique qui défendait la ville haute du côte du nord. Et si Titus se rendit maitre de la forteresse de Sion, il l'attribua, comme David, à la protection spéciale du Seigneur.
Nous avons ainsi passé en revue les principales considérations fournies par la Bible, l'histoire et l'archéologie. Toutes s'accordent bien avec la localisation de la «< ville de David » sur le Sion traditionnel. Il nous faut voir maintenant si l'Ophel, du reste sans tradition, peut s'autoriser de pareilles références.
(1) Juii., IX. :i3.
(2j Op. ni., p. ^j. — Cfr. .I.-B. Pell, ap. cit., t. II, p. 3o.