BOUCHERIE S. GEORGE
[le premier boucher].
Naidiu, j'ay un enfan de douz'an, 11 vaut mai que non pas deu s'homo, Il habille den un momen Un mouton comme un gentilomo. [Sio]
[le second boucher].
Naidiu lo mino y a huit'an, Qui va à l'écoula à rua S. Jean, Son maître n'a pas lo renon, De l'y apprendre à mena un cayon.
[le TROISIEME BOUCHER].
Naidiu compare mon ami, [Sisl
J'ai un garçon d'un an et demi, Je gajo que du permi cou.
Il assomeret bien un bou.
[le QUATRIEME BOUCHER].
N'aidieu j'ay un enfan de tray may Y sera un puissant garson, [8203
Il a le man large ma fay, Comme d'épaule de mouton.
PIERRE
Et bien qu'en dis tu cher amy, 38 Sont-ce pas là des vrais amis,
Qui se content leur avanture, [825]
Je suis satisfait je te jure, L'entretien n'est pas des plus lait, Tournons à la Croix du Sablait, Nous irons contre la Rivière, J'entens déjà la Batelière. L830]
LA BATTELIERE.
Veni ici, Rossiau, Rossiau,
Veni avoi mai passa Tiau,
Per deu bon liard je vous mettrai,
A l'Arcena fussia-vos trai,
Vodria vous bien faire lo tor, [835]
Dessus lo Pon de bella Cor,
Vo gateri un sou de solard,
Per volai étogi deu liards.
PIERRE
Ma foy, elle a trop bonne grâce,
Allons vite retenir place. [840]
BENOIST
Attend que je veux voir ces dances.
Voila la chanson qu'on commence.
CHANSON ET AUBOIS.
39 Jean dance mieu que Piro, Piro dance mieu que Jean
Y danson bien tou deu, [845]
Mais Piro dance mieu, etc.
PIERRE
QjLioy que ce drôle soit lourdeau,
Il dance assès bien ce rondeau,
Continuons nôtre carrière,
Passe nous vite, battelière. [850]
BENOIST
Enfin nous sommes à l'Arcenal,
Sans avoir receu aucun mal.
Ces Canons tous le long rangez.
Sont presque tous des étrangers.
Que l'on a pris en divers temps, [85s]
Aux Espagnols, Comtois, AUemans.
PIERRE
Courage sortons de céans.
Disons adieu à maître Jean,
40 Tirons contre l'Académie,
N'oublie à saluer ta mie, r«6oî
Et prens bien garde à ce coché.
BENOIST
Nous voici prés de saint Miche, Entrons dans ce portai ici, Nous y bannirons nos soucis, Jouons chopine aux palais, [865I
Puisque nous sommes de relais, Pour boire chez Monsieur Noirat, L'on dit qu'il vaut de l'Hipocrat, Aisnai s'appelle ce jardin.
PIERRE
Dépêche toy George Dandin, [870
En vérité tu dois le vin,
Continuons notre chemin,
Passons au devant saint Joseph,
Il est des heures presque sept,
Entrons dedans ce nit à Rat, [875I
C'est ici chez Monsieur Noïrat,
Dieu soit céans Monsieur Colin,
Donnez nous du vin gridelin.