‹ La ville de Lyon en vers burlesques, 1683. Réimpression de l'édition conservée a la Bibliothèque de l'Arsenal, publiée avec une introduction et des notes de Eug. VialChapitre 11 sur 56 · LE CABARETIER · texte numérisé non relu

LE CABARETIER

Messieurs en voila du meilleur,

Qjui fait oublier le mal-heur. [880

BENOIST

Le vin est bon sans barguigner,

Mais l'on m'a dit qu'au trois paniers,

Il est ma foy beaucoup meilleur.

D'y aller nous aurons l'honneur.

Souper dedans un couple d'heures, [885]

Sortons donc de cette demeure,

Marche contre la Charité,

Je te jure en vérité,

Que je ne vai point au Rempart,

A cause qu'il se fait trop tard. [890]

PIERRE

Nous voicy arrivé aux Tillots, Ha Dieu vous gard maître Guilliot, Je vous vois à la promenade, Parbleu nous serons camarade, Faisons ensemble un petit tour, [895]

Sous les tillots de Belle-Cour, Ces arbres tous de long rangé Resemblent a des Orangé, 42 Je croi que dedans les fossé,

En l'hyver il fait bon glissé. [900]

BENOIST

Enfilons dans ce petit coin, C'est la rue du Bourchanin,

A main droite le Pont du Rône,

A main gauche celuy de Saône,

Amy passons vite la rue, [905]

Ne faisons pas le pied de grue,

Car 1 on nous prendroit pour certain

Pour des Cornars du Bourchanin,

Marche droit contre l'Hôpital,

Je croi que ce jour m'est fatal, [910]

Un clou m'a déchiré mon linge.

Devant le Rendé-vous des singes,

A gauche sont les Jacobins,

Ces bons Pères prêchent très bien.

BENOIST

Marchons le long de la grand rue [915] Sans tant faire le pied de grue Nous voici à la boucherie.

Regarde ce bouché qui crie, Approchons nous certainement.

Nous entendrons leur compliment, [920] 43 Ecoute sans faire semblant.

Il commence certainement.

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