LA CONFRÉRIE DE MADAME SAINCTE-ANNE
Dans l'église de Notre-Dame de Recouvrance se trouvait une chapelle dédiée à sainte Anne. Le Catalogue des bienfaiteurs de Notre-Dame de Recouvrance mentionne les dons suivants en faveur de cette chapelle : en 1656, une écharpe de coton barriolé de jaune donnée par madame Morin, et, un peu plus tard, une nappe donnée par l'abbé Vignal.
Le Père De Quen écrit dans le Journal des Jésuites, à la date du 10 avril 1657: " Je signai à la requête des menuisiers demandant l'établissement de la confrérie de Sainte- Anne."
Quelle était cette confrérie de Sainte-Anne à laquelle s'intéressait le Père De Quen ?
La requête même adressée au Père De Quen va nous le dire : " Supplient humblement les menuisiers de ce pays disant que par cidevant depuis plusieurs années ayant fait dire à leurs frais et dépens la grande messe et autres services de madame saincte Anne, au jour de sa fête, en la paroisse de Notre-Dame de Québec, dans le dessein et intention d'y ériger la confrérie à perpétuité sitôt que l'église serait en état de l'y recevoir, et aurait lieu ès chapelle commode à cet effet.
" Et ayant eu parole il y a plus de deux ans du R.P. Jérôme Lalemant, alors faisant fonction de curé tant pour la chapelle que pour la place d'un banc de ladite confrérie, ce qui néanmoins ne s'était pu exécuter à raison de quelques difficultés intervenues entre les menuisiers, et eux s'étant enfin accordés désirent promptement et sans délai exécuter leur pieux dessein.
" C'est pourquoi ils vous requièrent humblement qu'il vous plaise mander et donner pouvoir au sieur curé d'ériger et établir la dite confrérie en la dite paroisse de Notre-Dame de Québec et aux sieurs marguilliers de les y recevoir, et donner place en la dite chapelle de Sainte- Anne et leur assigner lieu pour y construire un banc à leur usage ès fins d'y exercer toutes leurs fonctions et dévotions ordinaires selon les statuts et règlements de leur dite confrérie ainsi qu'ils le pratiquent partout ailleurs, avec les privilèges,
indulgences et autres grâces et faveurs apostoliques à eux accordés par les papes, aux charges et conditions d'observer par entre eux les œuvres de piété et de charité portées dans les dits règlements qu'ils promettent garder et observer ici quand leur dite confrérie sera reçue et établie en tant que l'état et disposition du pays le permettra, au jugement et sous l'aveu du supérieur ecclésiastique de ce pays."
Le Père Poncet, muni de l'autorisation de son supérieur le Père De Quen, érigea la confrérie des menuisiers de madame Saincte-Anne, le 1er mai 1657.
Le Père Poncet mettait cependant des conditions: les confrères devaient s'engager à ne recevoir dans leur confrérie que des bons et fidèles catholiques. Le doyen devait faire venir le plus tôt possible les statuts, bulles et privilèges des papes relatifs à ces sortes de confréries. Les confrères devaient aussi s'assembler une fois par mois dans leur chapelle pour y réciter les litanies de sainte Anne, et y entendre une instruction pieuse de leur curé.
Un banc spécial de cinq pieds de longueur sur quatre pieds de large fut réservé dans la chapelle Sainte- Anne pour la confrérie. C'est Jean Levasseur qui fit et donna ce banc " pour gratifier les confrères de son art et à cause de la dévotion qu'il a envers sainte Anne." En retour, il demanda à ses confrères de prier pour le repos de son âme et de faire chanter la prose De Languentibus in purgatorio à la fin du service des trépassés qui se disait dans la chapelle Sainte- Anne, le lendemain de sa fête.
M81- de Laval laissa subsister la confrérie de madame Saincte- Anne et rédigea pour elle des règlements et statuts qui ont été conservés.
" Cette confrérie de Sainte- Anne, dit l'abbé Auguste Gosselin était un lien merveilleux de bonne entente et de rapprochement pour la classe ouvrière."
Source: R. P. P-V. Charland, Madame Saincte Anne.
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