‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 128 sur 275 · LA CORPORATION DES CHIRURGIENS-BARBIERS · texte numérisé non relu

LA CORPORATION DES CHIRURGIENS-BARBIERS

n France, lors de la fondation de Québec, les corps de métier

étaient des corporations ayant leur administration régulière

— et indépendante. Seuls, ceux qui avaient été reçus maîtres dans leur métier avaient le droit de l'exercer et de vendre le produit de leur industrie. A l'origine de la Nouvelle-France, le travail fut libre. Les artisans étaient si rares qu'on ne s'occupa pas de savoir si le propriétaire d'un atelier ou d'une boutique avait ses lettres de maîtrise. Mais, petit à petit, les corps de métier se réorganisèrent comme dans la vieille France, et, à la chute de Québec, on peut dire que la plupart avaient leur autonomie et leurs droits comme là-bas.

On sait qu'en France, au commencement du dix-septième siècle, les chirurgiens et les barbiers ne formaient qu'une seule corporation. Cette confraternité étrange avait été sanctionnée par des lettres patentes royales de 1613, et elle subsista jusqu'en 1743. La chirurgie fut le premier art, — ou plutôt le premier métier puisqu'on lui donnait alors ce titre, — régulièrement organisé dans la Nouvelle-France.

Le 10 avril 1658, Jean Madry, chirurgien à Québec, obtenait du sieur François de Barnouin, conseiller du roi et son premier barbier et chirurgien, prévôt honoraire et à perpétuité du collège royal de Saint-Côme, dans l'université de Paris, des lettres de maître chirurgien-barbier, et en même temps le pouvoir d'établir au Canada la maîtrise et chef-d'œuvre de barbier-chirurgien en tous les lieux, villes, villages, bourgs, bourgades de la Nouvelle-France, afin, disent ses lettres de commission, " que les passants, allants et séjournants puissent mieux et être sûrement servis, pansés et médicamentés en cas de besoin et de nécessité."

François Barnouin, par ses lettres de commission, établissait Madry son lieutenant au Canada pour recevoir les aspirants, surveiller l'exercice de la profession, poursuivre ceux qui l'exerceraient indûment et punir tous ceux qui enfreindraient les statuts

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de l'ordre. Tous les maîtres chirurgiens-barbiers de la colonie devaient être soumis à l'autorité de Madry.

Le maître chirurgien-barbier Jean Madry se noya en 1669, comme il se rendait aux Trois-Rivières.

Madry fut remplacé dans ses fonctions et ses privilèges par Gervais Beaudoin, chirurgien à Québec. Nous n'avons pas, malheureusement, les lettres de commission de Beaudoin. Nous ignorons si elles furent enregistrées. Le chirurgien Gervais Beaudoin décéda, à Québec, le 5 décembre 1700.

Le 2 mars 1709, Jourdain Lajus, natif du Languedoc, âgé de 36 ans, chirurgien à Québec depuis quinze ans, obtenait de Georges Mareschal, écuyer, conseiller, premier chirurgien du roi, chef de la chirurgie et barberie du royaume, garde des chartes et privilèges du dit art, maître chirurgien juré à Paris, des lettres qui le nommaient son lieutenant dans toute la Nouvelle-France, " pour en notre absence y présenter notre personne, garder et faire garder les statuts, privilèges et ordonnances du dit art de point en point, selon leur forme et teneur sans y commettre ni y souffrir aucun abus ni malversation, à la charge aussi qu'il ne recevra aucun chirurgien qui ne soit capable."

Au Canada on qualifiait Lajus de " major des médecins." Jourdain Lajus décéda à Québec, le 12 mars 1742. Nous ignorons par qui il fut remplacé comme lieutenant du premier barbier et chirurgien de Sa Majesté au Canada. Peut-être n'eut-il pas de successeur car les professions de chirurgien et de barbier furent séparées en 1743, moins d'un an après sa mort.

Signature de Jourdain Lajus

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Mer FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL, PREMIER ÉVÊQUE DE

QUÉBEC

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