L'ESCALIER DE LA RUE CHAMPLAIN
Voici un escalier qui n'a pas joué un grand rôle dans l'histoire de Québec mais que les touristes ne manquent jamais d'aller examiner parce que, probablement, il conduit à une des rues typiques de la vieille capitale.
A quand remonte l'escalier Champlain ou, comme l'appellent les touristes américains le " Break Neck Steps, " c'est-à-dire l'escalier casse-cou ?
Un plan de la ville de Québec dressé en 1660 indique l'escalier Champlain. Peut-être existait-il depuis quelques années déjà.
La rue Sous-le-Fort était, dans les premières années du régime français, une des rues importantes de Québec. Plusieurs négociants et hommes en vue y avaient leur résidence. En outre, le lieu de débarquement du Cul-de-Sac se trouvait à proximité de cette rue. Les habitants des rues Sous-le-Fort et Champlain (tout comme les habitants de la haute ville qui avaient à se rendre, chaque jour, au Cul-de-Sac), devaient éprouver une perte de temps assez notable quand, pour monter à la haute ville, ils étaient obligés d'aller prendre la côte la Montagne, à l'endroit où elle se rencontre avec la rue Saint-Pierre. L'escalier Champlain dut être pratiqué pour exempter ce détour assez ennuyeux.
Il faut croire que les habitants de Québec ne se gênaient pas de faire monter ou descendre leurs animaux par l'escalier Champlain puisque, le 22 février 1698, le Conseil Souverain adoptait le règlement de police suivant:
" Le Conseil fait défense aux bourgeois et habitants de la basse ville de faire monter ni descendre par l'escalier qui aboutit de la haute à la basse ville, à la rue Sous-le-Fort, aucuns bestiaux, à peine d'amende."
Le 22 novembre 1706, sur la remontrance de Charles Macart, faisant les fonctions de procureur général, le Conseil Souverain décidait d'imposer une taxe de trente sols sur chaque cheminée de la ville, laquelle taxe devait être payée moitié par les locataires et moitié par les propriétaires des maisons. Le produit de cette taxe
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devait être employé à acheter cent seaux de cuir pour combattre les incendies et à rétablir l'escalier par " où l'on monte de la basse à la haute ville."
Le même jour, le Conseil Supérieur ordonnait qu'en rétablissant le dit escalier on mettrait " au haut d'icelui escalier une barrière où il ne sera fait qu'un passage de la largeur d'un homme et une pareille barrière au bas pour empêcher les bestiaux de passer par le dit escalier." Le Conseil faisait en même temps défense à quelques personnes que ce soit de rompre les dites barrières à peine du fouet.
Signature de Charles Macart
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