‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 137 sur 275 · LE BARON DUBOIS D'AVAUGOUR À QUÉBEC · texte numérisé non relu

LE BARON DUBOIS D'AVAUGOUR À QUÉBEC

1E Journal des Jésuites note ainsi l'arrivée du gouverneur d'Avaugour à Québec, à la date du 31 août 1661: ~* " Le dernier d'août, arriva le sieur Dubois d'Avaugour, nouveau gouverneur, avec le fils de M. Dumesnil, son secrétaire, dont le frère fut enterré le même jour, tué d'un coup de pied par N."

" Au regard de l'église, étant venu chez nous entendre la messe le jour qu'il arriva, ou plutôt qu'il descendit du vaisseau, après l'avoir salué au fort auparavant avec deux de nos Pères, il nous vint voir et de là je le menai à la messe, où fut chanté le Te Deum et au sortir le ramenant à la maison, tous nos Pères qui s'étaient assemblés à la salle l'y reçurent. Il entra en notre réfectoire où il prit un morceau avec ceux de sa suite, puis alla visiter les dehors de la maison."

Pierre Dubois, baron d'Avaugour, appartenait, disent les généalogistes, à une très ancienne et très importante famille de France. Les seigneurs d'Avaugour sortaient de la maison de Bretagne, par Henri, comte de Tréguier, seigneur d'Avaugour, troisième fils d'Étienne, comte de Lamballe, et frère puîné d'Alain Le Noir, comte de Richmont. La famille d'Avaugour était donc une branche cadette de la famille des anciens comtes de Bretagne, issue de Conan I et de Judicaël.

Le baron d'Avaugour, avant d'être gouverneur de la Nouvelle- France, avait passé deux ou trois ans en Suède, comme ambassadeur de France. S'il ne fut pas meilleur diplomate en Suède qu'en Canada il dut laisser dans ce pays un souvenir assez maussade.

Le gouverneur d'Avaugour avait sur la Nouvelle-France des vues qui ne manquaient pas de justesse. Dans un mémoire présenté à Colbert, il recommandait d'envoyer ici trois mille soldats choisis, non seulement pour la guerre, mais pour le travail de défrichement et de labourage. Le roi leur aurait distribué des terres et les aurait soutenus pendant trois ans jusqu'à ce qu'ils pussent récolter eux-mêmes assez pour vivre.

C'est un défaut inhérent à la nature humaine de chercher

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plutôt les petits défauts que les qualités. M. d'Avaugour en a été victime. Nos historiens se sont étendus sur ses défauts, et ont passé sous silence les propositions très sensées qu'il fit au gouvernement du roi, pour la prospérité de la Nouvelle-France.

Les démêlés qu'il eut avec MF de Laval nous édifient assez singulièrement sur son manque de tact et son caractère difficile. A son arrivée à Québec, le gouverneur avait fait visite aux Jésuites et ignoré Mgr de Laval. Un peu plus tard, il nomma le supérieur des Jésuites membre du conseil de la colonie, alors qu'en vertu de l'édit qui instituait ce conseil, l'évêque devait remplacer ce religieux. Un peu plus tard encore, éclatent les conflits avec Mp de Laval sur les préséances et le commerce de l'eau-de-vie. Bref, M. d'Avaugour en fit tant que M81 de Laval passa en France et obtint son rappel.

Le Journal des Jésuites note le départ de M. d'Avaugour avec pas plus d'enthousiasme qu'il avait enregistré son arrivée.

" Le 23 (juillet 1663), dit-il, partit M. d'Avaugour, gouverneur, dans le vaisseau de Le Gangneur."

M. d'Avaugour occupa le château Saint-Louis avec ses officiers militaires. Il était célibataire.

Le gouverneur si désagréable pour tous, semble s'être fait un ami du vieux loup de mer Nicolas Gargot qui, dans ses Mémoires, s'exprime en termes excellents sur son compte et le proclame le Du Terrail de son temps.

Ce brave gentilhomme, dit-il, quoiqu'il eût lieu de se plaindre contre plusieurs personnes du Canada, néanmoins étant de retour en France, se contenta de rendre raison au Roi de son administration sans blâmer personne. Ayant obtenu congé de Sa Majesté, il fut en Allemagne trouver M. l'électeur de Mayence, son bon ami, qui le mena dans l'armée qui allait en Hongrie. Là, il fut choisi pour défendre le fort de Serin où il est mort glorieusement en combattant contre les infidèles."

Sources: Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXII (1916), article de Régis Roy; Nicolas Gargot, Mémoires.

Signature du gouverneur d'Avaugour

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