‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 158 sur 275 · LE CAS DE ROBERT HACHE · texte numérisé non relu

LE CAS DE ROBERT HACHE

ES Français devaient user de beaucoup de ménagements

pour garder l'amitié des Sauvages. Ceux-ci ne compre-

— naient pas la justice à notre manière et avaient, évidemment, beaucoup d'objections à se soumettre aux lois criminelles françaises.

En 1664, un Sauvage du nom de Robert Hache, ayant commis un attentat criminel sur la personne de Marthe Hubert, femme du nommé Lafontaine, habitant de l'île d'Orléans, fut constitué prisonnier. Il réussit à s'évader de la prison de Québec après quelques jours de captivité.

Il s'agissait de faire comprendre aux Sauvages qu'ils étaient passibles des même peines que les Français pour les offenses criminelles.

Le Conseil Souverain décida de convoquer les différents chefs sauvages qui se trouvaient à Québec. Le 21 avril 1664, Noël Tek8erimat, chef des Algonquins de Québec, Kaetmagnechis, chef des Sauvages de Tadoussac, Mangouche, chef des Sauvages Nepissiriniens, Gahyk8au, chef des Sauvages Iroquets, Nauch8ape8ith, chef des . . . , et Jean-Baptiste Pipouikih, capitaine Abnaquois, se rendirent au château Saint-Louis, où siégeait le Conseil Souverain.

Le gouverneur de Mézy, Mgr de Laval et MM. de Villeray, Damours, Juchereau de la Ferté et Le Gardeur de Tilly, conseillers, étaient présents. Le Père Druillettes et Nicolas Marsollet servirent d'interprètes.

Marsollet exposa aux chefs sauvages que Robert Hache, pour le crime dont il s'était rendu coupable, avait mérité d'être pendu et étranglé.

Alors Noël Tek8erimat, chef des Algonquins de Québec, parlant au nom de tous les chefs, répondit que les différentes nations sauvages s'étaient toujours maintenues dans l'amitié des Français, qu'il était vrai que leurs jeunes gens ne s'étaient pas toujours bien comportés mais que la jeunesse française leur avait, dans

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bien des rencontres, donné le mauvais exemple. Il ajouta qu'on leur avait toujours donné à entendre que le meurtre devait être puni de mort, mais qu'on ne leur avait pas expliqué que le viol entraînait la même punition. D'après lui et ses amis, pour cette raison, on ne devait pas être trop sévère pour Robert Hache, qui prétendait être innocent du crime dont on l'accusait.

Après une longue discussion, il fut décidé que pour cette fois le Conseil Souverain pardonnerait à Robert Hache. Seulement on réservait à la femme Lafontaine les intérêts civils qu'elle pourrait réclamer du dit Sauvage.

Et pour empêcher à l'avenir de tels désordres, le Conseil Souverain, du consentement unanime de tous les chefs sauvages présents, ordonna que les Sauvages subiraient les peines portées par les lois et ordonnances de France pour les crimes de meurtre et de rapt.

Les chefs sauvages demandèrent que la décision que venait de prendre le Conseil Souverain fut rédigée par écrit " afin qu'elle demeurât à leur postérité." Ce qui fut fait sur-le-champ.

Le Journal des Jésuites, à la date du 1er février 1664, parle du crime commis par Robert Hache et insinue que les Français en étaient responsables jusqu'à un certain point puisqu'ils fournissaient de la boisson aux Sauvages malgré les strictes défenses qui leur en avaient été faites.

Il ne faut pas confondre le sauvage Robert Hache avec le donné Robert Hache, à l'emploi des Jésuites, qui était un excellent sujet.

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l'abbé de latour

ON peut faire dater la paroisse de Notre-Dame de Québec de 1615. Elle est donc de beaucoup la plus ancienne paroisse du pays.

Les premiers desservants de Québec furent les Récollets. Ils y firent les fonctions curiales de 1615 à 1629, soit quatorze ans. Ils furent remplacés, de 1632 à 1659, par les Jésuites. Ceux-ci furent aidés de fois à autres par des prêtres séculiers.

Au mois d'août 1659, Mgr de Laval nommait M. Jean Torcapel pour faire les fonctions curiales à Québec. M. Torcapel repassa en France l'année suivante.

M. Henri de Bernières, ordonné prêtre le 13 mars 1660, remplaça M. Torcapel en qualité de desservant, cinq mois après son ordination. Le 15 septembre 1664, Mgr de Laval érigeait canoniquement la paroisse de Québec, et il nommait pour titulaire de la cure M. de Bernières. Celui-ci fut donc le premier curé en titre de Notre-Dame de Québec.

Le 20 mars 1687, M. François Dupré remplaçait M. de Bernières, résignataire, comme curé de Québec. C'est sous l'administration de M. Dupré que fut construite et ouverte au culte la chapelle ou église succursale de la basse ville, Notre-Dame de la Victoire ou, plus tard, Notre-Dame des Victoires. Le 10 octobre 1707, M. Dupré donnait sa démission comme curé de Québec.

Le séminaire de Québec continua à administrer la cure de la ville par ses prêtres. Le 20 mars 1709, M. de Maizerets en prenait possession en sa qualité de supérieur et, le lendemain, M. Pierre Pocquet était nommé vicaire ordinaire et général. Il décéda en

M. Thomas Thiboult le remplaça d'abord au même titre puis, en 1713, en qualité de titulaire.

En 1724, M. Étienne Boullard, curé de Beauport depuis trente-cinq ans, succédait à M. Thiboult, décédé. Il mourut lui-

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même en 1733, après avoir dirigé la paroisse de Québec, pendant neuf ans.

Le 9 novembre 1733, M. Bertrand de Latour, alors en France, était nommé curé de Québec. Il ne voulut pas revenir au pays et donna sa démission le 8 mai 1734. Il ne fut donc curé de Québec que sur le papier.

M. Lyon de Saint-Ferréol, supérieur du séminaire de Québec, remplaça M. de Latour, le 13 mai 1734, mais il repassa en France l'année suivante, et renonça à son bénéfice, le 6 mai 1737.

M. Jacques Dartigues, prêtre français, accepta ensuite la cure de Québec, mais au moment de s'embarquer pour le Canada il tomba malade, et, le 27 novembre 1738, il donnait sa résignation.

Dans les intervalles de toutes ces nominations et résignations, les prêtres du séminaire de Québec desservaient la paroisse. M. Charles Plante, l'un d'eux, reçut ce bénéfice en 1739. Il le conserva jusqu'à sa mort, le 20 mars 1744.

M. Jacrau, prêtre du séminaire de Québec, eut alors la desserte de la paroisse pendant trois ans.

Les directeurs du séminaire avaient choisi M. Delbois, prêtre français, pour succéder à M. Plante, mais il mourut quelques jours avant le départ du navire qui devait le conduire au Canada. M. Jacrau eut la desserte de la paroisse pendant trois ans après la mort de M. Plante. Il fut remplacé, en 1747, par M. Siméon Le Bausais, un autre prêtre du séminaire de Québec.

Enfin, le 3 novembre 1749, M. Jean-Félix Récher succédait à M. Plante, décédé depuis cinq ans. M. Récher fut le dernier curé de Québec, sous le régime français.

En résumé, Notre-Dame de Québec eut onze curés en titre sous le régime français: 1° Henri de Bernières; 2° François Dupré; 3° Pierre Pocquet; 4° Thomas Thiboult; 5° Etienne Boullard; 6° Louis Bertrand de Latour; 7° Jean Lyon de Saint-Ferréol; 8° Jacques Dartigues; 9° Charles Plante; 10° M. Delbois; 11° Jean- Félix Récher.

Source: Almanach de L'Action Sociale Catholique, 1917, article de Mgr Amédée Gosselin .

Signature de l'abbé François Dupré

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