LA VOIRIE A QUÉBEC EN
Jusqu'à 1664 les gouverneurs de la Nouvelle-France qui avaient toute autorité dans le pays ne s'étaient pas occupés des rues de Québec. La plupart des habitants jetaient dans les rues pailles et fumiers, tout comme si les voies publiques avaient été des dépotoirs.
Le Conseil Souverain, en 1664, commença à s'occuper de la voirie de Québec.
Le procès- verbal de la séance du 21 avril 1664 dit: " Sur ce qui a été remontré par le procureur général du Roi que les habitants de la basse ville jettent indifféremment des pailles et fumiers dans les rues, lesquels venant à sécher il y aurait beaucoup à craindre que le feu venant à s'y mettre il ne s'en ensuivît l'incendie total de la dite basse ville s'il n'y était apporté remède, le Conseil voulant y pourvoir a ordonné et ordonne que tous les habitants de la dite basse ville chacun à son égard dans l'étendue et consistance de leurs maisons nettoyeront les rues de pailles, fumiers et de toutes autres choses qui pourraient communiquer le feu, dans la huitaine à peine de dix livres d'amende payable sans déport par les contrevenants; défenses à l'avenir de jeter aucunes pailles ni fumiers dans les dites rues sous mêmes peines, et sera la présente lue, publiée et affichée aux lieux ordinaires afin que nul n'en ignore."
On remarquera que dans cette ordonnance la seule crainte manifestée par le Conseil Souverain est le danger du feu. Kn 1664, il était à peine question d'hygiène dans la vieille France. A Québec, comme dans le reste du pays, le mot hygiène n'était peut-être pas même connu.
Ce n'est que le 29 mars 1667 que le premier grand voyer de la Nouvelle-France, le sieur Robineau de Bécancour, reçut sa commission. Elle ne fut enregistrée par le Conseil Souverain que le 21 août suivant.
En attendant, c'est le Conseil Souverain qui s'occupait de la voirie à Québec et dans les campagnes. Le 2 août 1664, le Conseil
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avait ordonné à tous ceux qui avaient des habitations sur le parcours de la Grande- Allée de pratiquer un "chemin libre et chariable." Les propriétaires ne s'étaient guère occupés de cette ordonnance.
Le 3 septembre 1664, le Conseil Souverain revenait à la charge et adoptait l'ordonnance suivante:
" Sur ce qui a été représenté par le procureur général du Roi qu'encore que par ordonnance du deuxième du mois d'août dernier passé il fût enjoint à tous ceux qui ont des habitations aboutissantes la Grande-Allée de rendre sur la dite allée chacun en droit soi un chemin libre et chariable dans le quinzième du dit mois et qu'à faute de ce il y serait travaillé à leurs dépens, cependant la plupart n'aurait tenu compte d'y satisfaire quelques diligences qu'il en eût faites, le Conseil a condamné tous ceux qui n'ont satisfait à la dite ordonnance en vingt sols d'amende par chaque arpent de terre de front de leur possession; enjoint à eux d'y avoir satisfait avant le commencement des neiges de cette année rendant les dits chemins parfaits à peine de plus grosse amende."
Les noms des habitants de la Grande-Allée qui payèrent l'amende n'ont malheureusement pas été conservés.
Source: Jugements et délibérations du Conseil Souverain.
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