CARTIER À CHARLESBOURG-ROYAL EN
Cartier avait promis aux Sauvages de Stadacona de ramener leur chef Donnacona dans douze lunes, c'est-à-dire dans douze mois. La guerre entreprise par la France contre Charles-Quint empêcha Cartier de tenir sa promesse.
Enfin, en 1540, François 1er donnait à Cartier les moyens de revenir au Canada. François de la Roque, sieur de Roberval, devait accompagner le capitaine malouin, en qualité de lieutenant général du Roi. Comme Roberval ne se pressait pas de partir, Cartier obtint la permission de mettre à la voile. Cette fois, il avait cinq vaisseaux sous ses ordres.
C'est le 23 mai 1541, que l'expédition partit de Saint-Malo. La traversée fut assez pénible. Les cinq vaisseaux, dispersés par la tempête, ne se retrouvèrent qu'à Terre-Neuve.
Dès son arrivée à Stadacona, Cartier eut la visite des Sauvages qui furent très contents de le revoir.
Cartier, se méfiant des Sauvages, ne voulut pas hiverner dans la rivière Saint-Charles, comme en 1535-1536. "Le capitaine, dit-il, fut avec deux barques amont la rivière au delà de Canada et du port de Sainte-Croix, pour y voir un havre et une
petite rivière qui est environ quatre lieues plus outre La
dite rivière est petite et n'a pas plus de cinquante pas de largeur, et les navires tirant trois brasses d'eau peuvent y entrer de pleine mer, et à basse mer il ne se trouve qu'un chenal d'un pied ou environ".
Cette petite rivière que Cartier trouva si propice, c'est la rivière du Cap-Rouge et il décida d'y passer l'hiver.
Les Français élevèrent, sur le bord de la rivière, un petit fort qu'ils nommèrent Charlesbourg-Royal en l'honneur du duc d'Orléans, fils de François 1er. Pour plus de sûreté, on construisit un autre fort au sommet du chemin pratiqué dans le flanc du promontoire.
Au mois de septembre, comme Roberval n'arrivait pas, Cartier envoya deux de ses vaisseaux à sa rencontre. S'ils ne le
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voyaient pas, ils avaient instruction de continuer leur route vers la France, afin de donner des nouvelles de l'expédition à la cour.
Cartier remonta ensuite le Saint-Laurent jusqu'au Saut Saint-Louis.
A son retour à Charlesbourg-Royal, Cartier apprit que les Sauvages n'apportaient plus de provisions au fort et que Stadacona était rempli d'étrangers. Ces mauvaises nouvelles l'engagèrent à redoubler ses précautions contre une attaque possible.
Durant l'hiver, des bandes de Sauvages rôdèrent, à peu près tout le temps, dans les environs des deux forts, mais comme les Français étaient toujours sur leurs gardes ils ne furent pas attaqués.
Dès le printemps, Cartier quitta Charlesbourg-Royal pour retourner en France. Il rencontra Roberval à Saint-Jean de Terre-Neuve, dans les premiers jours de juin. Roberval insista pour ramener Cartier à Stadacona, mais le capitaine malouin, qui savait que les provisions de l'expédition n'étaient pas assez abondantes pour nourrir tout le monde pendant un autre hiver, continua sa route vers la Bretagne. Il fut, certes, bien avisé.
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