‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 162 sur 275 · LES GARDES-MAGASIN DU ROI À QUÉBEC · texte numérisé non relu

LES GARDES-MAGASIN DU ROI À QUÉBEC

1E premier garde-magasin du roi à Québec fut, croyons-nous, le sieur Gondouin. Le 2 avril 1664, les délibérations du Conseil Souverain disent: " Le Conseil voyant la nécessité qu'il y a de choisir une personne pour avoir le soin des munitions de guerre du château St-Louis, et ayant appris que le sieur Gondouin en a eu jusques à présent le soin, a fait choix et nomination du dit sieur Gondouin pour faire les fonctions de garde des magasins du dit château St-Louis, et lui a accordé la somme de cent livres de gages par an."

En 1667, on voit que Nicolas Grisard, sieur Desormeaux, avait remplacé le nommé Gondouin comme garde-magasin du roi à Québec.

Le 17 mai 1678, le roi signait une ordonnance pour l'entretien d'un garde-magasin, d'un armurier et d'un canonnier à Québec. Le garde-magasin devait recevoir 50 livres par mois, l'armurier et le canonnier chacun 30 livres. Le 31 mai 1680, Charles Catignon recevait une commission de garde-magasin au fort Saint-Louis, à Québec. Catignon fut le premier garde-magasin de Québec nommé directement par le roi. Catignon eut une fâcheuse aventure en 1681. Il fut convaincu devant la Prévôté de Québec d'avoir " proféré plusieurs blasphèmes et jurements contre le saint nom et honneur de Dieu," pendant qu'il jouait aux dés avec le sieur de Repentigny fils dans le logis de Pierre Nolan. Il fut condamné à aumôner 50 livres aux Pères Récollets, 50 livres à l'Hôtel-Dieu, 50 livres aux pauvres du même hôpital et à payer 50 livres d'amende au roi. Catignon repassa en France, au printemps de 1691.

C'est Martin Cheron qui remplaça Catignon, comme gardemagasin, d'abord par ordre de l'intendant Bochart de Champigny puis, à partir du 20 avril 1700, avec une commission du roi. M. Cheron abandonna sa charge à l'automne de 1705 pour se livrer au commerce. Nommé conseiller au Conseil Supérieur le 5 mai 1710, il décéda à Québec le 26 avril 1717.

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Le successeur de M. Cheron fut Robert Desnoyers, ancien secrétaire du gouverneur de Denonville.

En juin 1716, François Foucault était envoyé de France pour remplacer Robert Desnoyers. Il conserva cet emploi pendant plusieurs années. Le 18 avril 1733, il était créé conseiller au Conseil Supérieur. M. Foucault prit sa retraite au mois d'avril 1741, et reçut le titre d'écrivain principal de la marine en récompense de ses bons services.

Guillaume Estèbe remplaça M. Foucault comme garde-magasin. Il reçut ses lettres de nomination signées par le roi, en avril 1741. Estèbe fut un des associés de l'intendant Bigot dans ses opérations véreuses. En 1736, il avait été fait conseiller au Conseil Supérieur. En 1758, il se fit nommer conseiller honoraire et partit pour la France à l'automne de la même année. On sait qu'Estèbe fut jeté à la Bastille en même temps que Bigot. Il fut condamné à six livres d'amende et à 30,000 livres de restitution.

Il semble que Pierre Claverie ait agi comme garde-magasin de Québec en 1755 et 1756. En tout cas, son administration ne fut pas longue puisqu'il mourut à Montréal, le 21 août 1756.

De 1756 à la fin du régime français au Canada, les fonctions de garde-magasin furent exercées par François-Joseph de Vienne.

En résumé les gardes-magasin du roi à Québec auraient été:

1° Le sieur Gondouin, 1664.

2° Nicolas Grisard Desormeaux, 1667.

3° Charles Catignon, 1678.

4° Martin Cheron, 1691.

5° Robert Desnoyers, 1705.

6° François Foucault, 1716.

7° Guillaume Estèbe, 1740.

8° Pierre Claverie (nommé par lettre de l'intendant), 1755. 9° François-Joseph de Vienne (nommé par lettre de l'intendant), 1756.

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