‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 163 sur 275 · CE QUE C'ÉTAIT QUE LA VILLE DE QUÉBEC EN · texte numérisé non relu

CE QUE C'ÉTAIT QUE LA VILLE DE QUÉBEC EN

iapitale de la Nouvelle-France: ce titre avait noble allure

et pouvait en imposer de loin aux Français d'Europe.

x->^ Même à nos yeux, lorsque nous ne serrons pas de trop près la vérité historique, de prime abord il ne laisse pas que d'amplifier un peu la réalité qu'il recouvrait. Cette réalité était bien humble. Québec n'était alors, à tout prendre, qu'un bourg peu considérable. Sa population régulière pouvait être de 550 âmes, et le nombre de ses maisons ne dépassait pas soixante-dix. Il y avait la basse ville et la haute ville comme aujourd'hui. La haute ville était surtout habitée par les fonctionnaires, le clergé et les communautés. Dans la partie basse de Québec, au pied du promontoire et sur le bord du fleuve, l'on rencontrait les boutiques des marchands et le plus grand nombre des résidences particulières. Là se faisait tout le commerce et s'élevaient les entrepôts et les magasins de la compagnie et du roi. De la ville basse on montait à la haute par un chemin sinueux et escarpé, qui aboutissait, d'un côté, à un édifice en pierre servant à la fois de presbytère, de séminaire et d'évêché, ainsi qu'à l'église paroissiale et à la grande place, de l'autre, à la Place d'Armes et au château Saint-Louis, situé à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'extrémité est delà terrasse Dufferin. A main droite, en montant cette côte, sur le penchant du cap, on rencontrait le cimetière, et, plus haut, à main gauche, un peu avant d'arriver au fort et au château, on longeait le fort ou camp des Hurons, où s'étaient réfugiés les débris de cette malheureuse nation, à peu près sur le site actuel des bureaux du Grand-Tronc et de l' Intercolonial, et de l'hôtel des Postes. Séparés de l'église paroissiale par la grande place, s'élevaient le collège et l'église des Jésuites, et plus bas les bâtiments de l'Hôtel-Dieu. De l'autre côté de la Place d'Armes, en face du fort Saint-Louis, on voyait une maison appelée la Sénéchaussée ou le Palais, qui servait habituellement aux séances des tribunaux. On y avait logé M. de Tracy. A peu de distance de cet édifice on apercevait le monastère des Ursulines et ses dépendances. Il y avait quelques

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emplacements défrichés et quelques maisons le long du chemin appelé la Grande- Allée, qui partait de la Place d'Armes et allait à Sillery. Du côté opposé du promontoire, un autre chemin conduisait à l'établissement connu sous le nom de Saint- Jean, où le sieur Bourdon, procureur général, avait construit son manoir et une chapelle. La ville contenait cinq églises et chapelles: l'église paroissiale dédiée à Notre-Dame, l'église des Jésuites, la chapelle des Ursulines, celle de l'Hôtel-Dieu et celle de Saint- Jean.

" Le personnel ecclésiastique de Québec était nombreux, comparativement à la population. A sa tête apparaissait la remarquable figure de Mp de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique de la Nouvelle-France. La cure était unie au séminaire, dont faisaient partie tous ces prêtres, et qui, suivant les intentions du prélat, devait desservir les paroisses. Au collège des Jésuites résidaient neuf pères et sept frères; le Père Le Mercier venait d'être nommé supérieur. Québec possédait en outre deux couvents de femmes, les Ursulines et les Hospitalières. Huit religieuses de chœur, quatre novices et cinq converses composaient le personnel de la communauté. Madame de la Peltrie, fondatrice du monastère, y menait une vie d'édification. Les dames ursulines formaient à la piété et à l'instruction vingt et une pensionnaires outre un bon nombre d'externes.

" A l'Hôtel-Dieu il y avait douze religieuses de chœur, quatre sœurs converses et aussi cinq pensionnaires, quoique ce ne fût point là une maison d'éducation proprement dite.

" Le Conseil Souverain, tel que réorganisé arbitrairement par M. de Mézy, se composait de MM. Damours, de Tilly, Denys, de Mazé et de la Tesserie; MM. de Villeray, Juchereau de la Ferté et d'Auteuil avaient été démis, ainsi que M. Bourdon, procureur général, que le gouverneur avait remplacé par M. Chartier de Lotbinière, ancien lieutenant civil et criminel à la sénéchaussée. Mais ces fonctionnaires allaient être réinstallés par les nouveaux administrateurs."

Source: Thomas Chapais, Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France.

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