UNE MINE DE CHARBON À QUÉBEC EN
Dans les lettres écrites par l'intendant Talon à Colbert, dès son arrivée dans la Nouvelle-France, il est souvent question des mines. Son désir était de faire explorer le pays afin d'y trouver des mines de charbon.
" En 1665 et 1666," dit M. Thomas Chapais, "la Compagnie des Indes Occidentales avait fait travailler à une mine de plomb que l'on prétendait avoir découverte à Gaspé. Les sieurs François Doublet et Vreisnic y avaient été envoyés à cette fin. Le résultat fut peu brillant, deux hommes furent tués par une explosion, et " la mine mina la bourse des mineurs."
" L'intendant Talon continua à faire faire des recherches et des explorations afin de découvrir les ressources minières du pays.
" M. de la Tesserie trouva du fer à la Baie-Saint-Paul, et crut aussi y reconnaître des gisements de cuivre et d'argent.
" Dans le cours de l'été de 1667, le Père Allouez, revenant du pays des Outaouais, apporta des morceaux de cuivre qu'il avait détachés d'une pierre sur les bords du lac Huron.
" Les mines de charbon du Cap-Breton avaient été visitées et Talon avait envoyé des échantillons de ce minerai, qui fut trouvé excellent.
" Mais ce qui paraîtra plus étrange, c'est qu'il annonçait à Colbert la découverte d'une mine de charbon au pied de la montagne de Québec.
" Ce charbon, disait-il," (13 novembre 1666) "chauffe assez bien la forge. Si la mine se vérifie bonne, j'en pourrai faire tirer du fond pour lester et charger les vaisseaux qui retournent d'ici en France fort souvent sans aucune charge; en ce cas la marine recevra de lui un secours considérable, on pourra même se passer du charbon d'Angleterre."
L'année suivante (27 octobre 1667), l'intendant Talon écrivait encore à ce sujet:
" La mine de charbon de Québec dont j'ai fait faire la première ouverture, prenant son origine dans la cave d'un habitant
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et se conduisant sous le château Saint-Louis, ne peut à mon sentiment s'exploiter qu'avec risque d'endommager le dit château, qui est sur l'écorce de la roche qui couvre cette mine. J'essaierai néanmoins de la trouver en biaisant, parce que nonobstant qu'il y en ait une très bonne au Cap-Breton, les vaisseaux qui arrivent à Québec s'y chargeraient avec plus de facilité qu'ils ne feraient ailleurs."
" Une mine de charbon à Québec, dans les flancs du rocher que couronnent aujourd'hui la terrasse Dufferin et le Château- Frontenac ! N'est-ce pas là vraiment une étrange histoire ? Le texte de Talon est sous nos yeux; il affirme qu'on a trouvé du charbon en cet endroit, et que ce charbon chauffe la forge ! Immédiatement, on se pose cette question: Qu'est devenue cette mine? Si elle a vraiment existé, elle n'a pu se dissoudre comme la neige de nos hivers sous les rayons du soleil printanier. Et si elle n'était qu'un mythe, comment expliquer la lettre et l'affirmation de Talon ? Nous renonçons à la solution du problème et laissons le champ libre aux conjectures de nos lecteurs."
Source: Thomas Chapais, Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France.
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UNE PAGE DE L'INVENTAIRE DES EFFETS DE M. DE CHAZY, OFFICIER AU RÉGIMENT DE CARIGNAN